Francesca Cicchetti (à droite), chercheuse et professeure à l’Universite Laval, prononcera une conférence sur la maladie de Parkinson ce soir à l’UQAC. Elle pose en compagnie de Lyne Tremblay, présidente de Parkinson Saguenay-Lac-Saint-Jean

Une conférence sur le Parkinson

Depuis le diagnostic de Parkinson de l’acteur américain Michael J. Fox et ceux d’autres figures connues, la maladie suscite l’intérêt. Et qui dit intérêt dit souvent accroissement du financement pour la recherche et, par ricochet, explosion de découvertes. Dans le but de tenir la population informée des plus récents travaux et susciter l’espoir, la professeure et chercheuse Francesca Cicchetti, spécialisée dans le domaine, prononcera une conférence vendredi soir à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

L’activité gratuite est organisée par Parkinson Saguenay-Lac-Saint-Jean, un organisme présidé par Lyne Tremblay. Le regroupement a cru bon de faire appel à Francesca Cicchetti, chercheuse en neuroscience à l’Université Laval, afin de renseigner les membres et les mettre au parfum des plus récents efforts de recherche. La conférence aura lieu au local P0-5000 à 19 h.

Au cours d’une entrevue réalisée jeudi, la scientifique a expliqué que le syndrome du parkinsonisme va bien au-delà de la maladie elle-même. « Il s’agit d’une maladie complexe que l’on comprend parfois très mal. La présence de biomarqueurs aide au diagnostic. C’est une maladie multifactorielle qui touche 6,5 millions de personnes dans le monde et environ 1 pour cent des personnes âgées de 65 ans et plus. Par contre, ce n’est pas une maladie qui est restreinte aux personnes âgées. Il y a des gens dans la trentaine qui sont atteints », met en relief la chercheuse. Elle précise du même souffle que la maladie de Parkinson peut être provoquée par divers éléments, comme un virus, un traumatisme crânien, l’exposition aux métaux lourds et la génétique. 

La principale manifestation de la maladie touche la motricité, mais ce n’est pas la seule. 

« Peu de gens le savent, mais il y a plein d’autres facteurs. On parle de dépression, de problèmes cognitifs comme la perte de mémoire, la perte de l’odorat et les troubles de sommeil. Ces symptômes peuvent se manifester 10 à 15 ans avant les symptômes moteurs. Plus on arrive à poser un diagnostic de Parkinson tôt, plus les chances sont grandes d’arrêter la dégénérescence », poursuit Francesca Cicchetti.

Le Québec très actif

Même si, sous le joug du gouvernement conservateur de Stephen Harper, nombre d’éminents chercheurs ont mis la clé sous la porte de leur labo, faute de financement, Francesca Cicchetti estime que la recherche est bouillonnante en ce moment.

« Le Québec est très actif. Et ce qui est positif, c’est que plusieurs maladies neurologiques ont des choses en commun. Le fait de travailler en groupe aide beaucoup. On a perdu d’excellents joueurs sous le gouvernement Harper, mais on s’est fait entendre par le gouvernement libéral. Le nerf de la guerre, c’est le financement », poursuit la chercheuse.

Francesca Cicchetti a accepté l’invitation de Parkinson Saguenay-Lac-Saint-Jean parce qu’elle considère important de donner l’heure juste aux contribuables qui financent la recherche. Cela fait partie de son rôle, estime-t-elle. 

« On vient donner l’heure juste et de l’espoir. On dit aux gens qu’il y a des chercheurs qui travaillent activement là-dessus. Souvent, quand les gens reçoivent un diagnostic, ils sont dépourvus. Et les neurologues sont souvent trop débordés pour prendre le temps de leur expliquer ce qui se passe en recherche. Je prends le temps de le faire et de leur dire que la recherche fondamentale a une importance capitale », a indiqué la professeure. Elle précise que les solutions thérapeutiques offertes aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson sont beaucoup plus intéressantes que ce qui était disponible il y a dix ans.

« On pense que d’ici cinq à dix ans, on aura quelque chose de beaucoup plus tangible pour les patients », conclut Francesca Cicchetti.