Le but est d’alimenter en eau le site industriel où devrait être construite l’usine de concentré de minérai de Métaux BlackRock.

Une conduite de 22 km vers Grande-Anse

Le projet de 33 M $ pour acheminer l’eau de la nappe phréatique du chemin Saint-Isidore, à Laterrière, jusqu’au port de Grande-Anse nécessitera l’aménagement d’une conduite de 22 km et donc l’entrée en scène de la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) et la consultation des citoyens concernés.

Au cours des derniers jours, Saguenay a procédé au lancement d’un appel d’offres en vue de réaliser, d’ici au mois de mai, les études d’ingénierie afin d’alimenter en eau le site industriel où devrait être construite l’usine de concentré de minerai de Métaux BlackRock.

Selon Carl Laberge, directeur de Port Saguenay, 850 000 tonnes de minerai devront être acheminées chaque année à Grande-Anse pour la production de 500 000 tonnes de fonte brute et 5000 tonnes de vanadium à granulométrie variable. 

« L’eau de procédé est absolument nécessaire et la plupart des entreprises qui s’implantent ont de grands besoins », a indiqué M. Laberge. Ce dernier ajoute que l’appel d’offres lancé par Saguenay vise à ce que les travaux pour l’approvisionnement en eau ne soient pas réalisés trop à l’avance ni en retard par rapport à la construction de la future usine ainsi que de la mine ouverte dans la région de Chibougamau.

Selon l’étude de scénarios produite par Cegertec, les besoins sont d’approvisionner en eau non saline les futures installations avec un débit de 800 mètres cubes en continu tout en permettant un débit de 3000 litres par minute pour la protection incendie.

Parmi les trois scénarios retenus, Cegertec propose d’aller puiser l’eau de procédé à même la nappe phréatique à une profondeur de 152 mètres avec quatre puits d’un débit de 400 m.c./h pour ensuite l’acheminer à partir du secteur du lac des Prés avec une conduite de 600 mm longue de 22,4 km. La nappe qui s’y trouve présente l’avantage d’un potentiel de pompage de 55 650 mètres cubes/jour sans aucune nécessité de traitement, sauf de la chloration. Le rapport de Cegertec recommande toutefois de presser le pas puisqu’il sera nécessaire de signer des ententes avec les propriétaires agricoles concernés et obtenir des autorisations de la CPTAQ, un processus long. 

Le tracé prévoit l’extension de la conduite souterraine le long du chemin Saint-Isidore jusqu’au croisement de la voie ferrée du Roberval-Saguenay. La tranchée de plus ou moins cinq mètres nécessitera la réfection de la chaussée sur toute la longueur. Deux réservoirs de 20 000 mètres cubes seront aménagés afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement.

Cegertec a analysé d’autres scénarios, dont celui de puiser l’eau à même la Rivière-du-Moulin, une idée rapidement abandonnée en raison de son faible étiage et de la règlementation qui limite à 15 % le prélèvement maximum d’un cours d’eau.

L’utilisation de la vieille conduite de 900 mm de Résolu, qui s’approvisionne à même la Rivière Ha ! Ha ! à deux kilomètres du Saguenay, a été regardée puis abandonnée en raison de la nécessité de construire un poste de pompage sur les terrains de l’ex-usine Port-Alfred et de traverser cinq kilomètres de milieu urbain, ce qui aurait nécessité de réaménager des infrastructures existantes, le tout pour une facture estimée de 48,7 millions $.

L’aménagement d’une prise d’eau en béton armé en face du quai de Grande-Anse pour puiser l’eau du fjord été exploré. La complexité des travaux à même les berges, l’escarpement des parois de 132 mètres pour la conduite de 2,7 km, le peu d’espace, mais surtout la nécessité de désaliniser l’eau aurait entraîné des coûts d’immobilisation élevés de 42,9 M $, des opérations spécialisées et des frais d’exploitation importants.