Les organisateurs invitaient les gens à prendre des photos avec l’affiche « Je soutiens mon journal » et de les partager sur les réseaux sociaux.

Une communauté unie pour Le Quotidien

Les employés du journal Le Quotidien ont reçu une énorme vague d’amour, jeudi soir, lors d’un rassemblement au bar L’Appartement sur la rue Racine à Chicoutimi. L’événement était organisé par la section régionale de la Fédération professionnelle des journalistes (FPJQ) du Québec. Tout près de 200 personnes se sont réunies pour l’occasion. Des lecteurs, membres de différents médias, élus des trois paliers de gouvernement et des personnalités de plusieurs milieux étaient présents pour apporter leur soutien au journal régional.

Cette vague d’amour a été chaudement reçue par les dizaines d’employés du Quotidien qui étaient présents. Plusieurs personnes ont souhaité exprimer leur soutien en prenant le micro pendant un instant. Parmi celles-ci, la présidente de la FPJQ au Saguenay–Lac-Saint-Jean et journaliste à Radio-Canada, Priscilla Plamondon-Lalancette, a tenu à souligner l’importance du média.

La présidente régionale de la FPJQ, Priscilla Plamondon-Lalancette, a livré un discours inspirant et très apprécié des gens qui s’étaient déplacés afin de soutenir Le Quotidien.

« Notre journal local, on y tient. Il est important. De l’information variée et de qualité est cruciale pour notre société. Il y a des gens qui trouvent que c’est insignifiant des nouvelles en région, mais des petites nouvelles, il n’y en a pas. »

Elle s’est dite surprise de la réponse des gens de différents milieux. « On pensait faire un petit geste et finalement, on a un grand rassemblement, ajoute celle qui prévoyait initialement réunir une trentaine de personnes, mais qui a vite compris l’ampleur de l’initiative de ses membres de l’exécutif. Avec la quantité de messages de confirmation qu’on a reçus, on a commencé à douter de la taille de l’endroit. »

Le secrétaire du syndicat des communications du journal Le Quotidien, Stéphane Bégin, était surpris de voir autant de gens apporter du soutien à lui et ses collègues.

Elle n’était pas la seule à être surprise du nombre de gens réunis. « C’est incroyable comme soutien. De voir qu’en l’espace de 48 heures, on a réuni tout près de 200 personnes pour nous dire qu’on nous aime et nous apporter leur soutien, on peut seulement apprécier », a témoigné le secrétaire du Syndicat des communications du journal Le Quotidien, Stéphane Bégin.

Il a également souligné le soutien des autres médias. « Quand on est sur le terrain, on est des compétiteurs. Le soir, une fois que les micros sont éteints et que les presses sont fermées, on devient des collègues, des amis, et on se serre les coudes. Il y a quelques années, on a soutenu Radio-Canada à récupérer les budgets qui avaient été coupés. Maintenant, c’est eux qui nous montrent qu’on est importants et ça, ça n’a pas de prix. »

Le rédacteur en chef et directeur général Denis Bouchard a parlé d’une crise plus importante que la survie d’un journal.

Le directeur général et rédacteur en chef du Quotidien, Denis Bouchard, partage l’avis de M. Bégin. « C’est le côté le plus candide de l’être humain. Être capable de mettre de côté la compétition pour une cause qui est l’information régionale. Il y a quelque chose de plus grand que la télé contre la radio, la radio contre le journal. C’est l’information régionale. Aujourd’hui, c’est la presse écrite, mais parfois, c’est le contenu régional de la radio ou de la télé qui est en danger. On est tous unis pour la même cause. C’est unanime : les gens ne veulent pas que Le Quotidien disparaisse. »

un Premier pas

Priscilla Plamondon-Lalancette est consciente que ce n’est que le début d’un long combat. « C’est le début d’un mouvement de mobilisation, mais maintenant, j’invite les gens à aller encore plus loin. » La FPJQ distribuera des autocollants pour faire la promotion des médias régionaux. « Quand on s’attaque au journalisme, on s’attaque à la démocratie », conclut Mme Plamondon-Lalancette, qui a terminé son discours sous un tonnerre d’applaudissements et de cris.

Tout près de 200 personnes se sont entassées dans le bar et sur la terrasse de l’Appartement.

Stéphane Bégin a lui aussi invité les gens à poursuivre le mouvement. « Il ne faut pas que ça s’arrête au 22 août 2019 à minuit. Il faut que ça continue. »