Stéphanie Vallée, critique libérale en matière de protection de la jeunesse.

Une clientèle fragile, dénonce les libéraux

La critique libérale en matière de protection de la jeunesse, la députée de Gatineau Stéphanie Vallée, dénonce les compressions budgétaires imposées par Québec dans les Centres jeunesse, lesquelles se traduiront par une diminution des services au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Au cours d'une entrevue qu'elle accordait au Quotidien, la députée Vallée, qui a travaillé pendant 12 ans auprès de cette clientèle à titre d'avocate, a souligné sa grande fragilité. Selon elle, les compressions sont inacceptables puisqu'elles affectent directement les services.
« Lorsqu'il y a eu des articles dans les journaux au tout début, nous sommes intervenus auprès de la ministre responsable de la Protection de la jeunesse, Véronique Yvon. La ministre a alors assuré qu'il n'y aurait pas de coupure dans les services aux jeunes et aux familles. De ce que nous comprenons maintenant, c'est qu'il y a des coupes dans les services dispensés à l'une des clientèles les plus fragiles que le gouvernement doit protéger », insiste la critique libérale.
La députée de Gatineau est revenue sur les déclarations des ministres péquiste à l'Assemblée nationale. Elle a rappelé que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, avait finalement admis à la période des questions que le conseil du Trésor avait imposé des compressions budgétaires additionnelles de 100 M$ à son ministère.
« Il y a des limites à faire des coupures. Si c'est le cas, qu'on l'admette et que l'on trouve le moyen de faire des coupures qui n'affecteront pas les services à la clientèle qui est, dans ce cas précis, des jeunes qui vivent des difficultés », reprend la critique libérale.
Elle a constaté qu'il y a, en plus des coupures dans les centres où les jeunes sont accueillis, d'autres compressions dans les services externes.
« Lorsque nous avons étudié les crédits en commission parlementaire, nous avons constaté que les intervenants du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont ceux au Québec qui ont la plus importante charge de travail, c'est-à-dire le plus grand nombre de dossiers à suivre. Dans un tel contexte, on ne peut pas prétendre que les services ne seront pas affectés, puisque les intervenants ont déjà une charge de travail plus élevée qu'ailleurs. »
L'opposition entend donc maintenir la pression sur le gouvernement pour tenter de freiner les ardeurs du Conseil du Trésor qui impose des compressions difficiles à appliquer pour le secteur de la Santé, de qui relève la Protection de la jeunesse. La députée de Gatineau réitère qu'en chambre, la ministre avait pris l'engagement qu'il n'y aurait pas de coupure de poste dans les services directs à la clientèle.
« Il ne faudrait pas que l'on fasse reposer sur le dos des intervenants et des familles le poids de ces coupes budgétaires. On doit faire autrement puisqu'il s'agit, on le répète, d'une clientèle très sensible », a conclu la députée.