L’Association forestière Saguenay-Lac-Saint-Jean tiendra le 13 janvier prochain sa 26e campagne de récolte d’arbres de Noël. La directrice générale, Diane Bouchard, ne peut expliquer pourquoi l’initiative ne connaît plus autant de succès.

Une chute marquée pour Sapin du bon sens

La campagne Sapin du bon sens connaît une chute marquée depuis cinq ans, avec 55 % moins d’arbres de Noël recueillis en 2017 qu’en 2013.

Il y a cinq ans, la campagne mise sur pied par l’Association forestière Saguenay-Lac-Saint-Jean avait reçu 4613 sapins. En janvier dernier, ils ont récolté seulement 2060 arbres de Noël. La baisse a été particulièrement marquée dans la MRC Lac-Saint-Jean-Est alors que le nombre est passé de 1661 à 360 en cinq ans, pour une diminution de 78,3 %. La MRC du Fjord-du-Saguenay suit tout près avec un score de -67,8 % et -51,4 % à la MRC du Domaine-du-Roy. Quant à Saguenay, la diminution se chiffre à -42,4 %.

En prévision de la 26e campagne, la directrice générale de l’Association forestière, Diane Bouchard, était de passage au Progrès. Elle ne pouvait expliquer la moins bonne performance récente. « Il y en a eu moins dans les dernières années. Mais on ne le sait pas ce qui s’est passé », a-t-elle expliqué, en ajoutant que son regroupement n’avait pas les sous requis pour sonder la population sur ses habitudes.

Cette année, la récolte se déroulera le 13 janvier de 9 h à 16 h dans pas moins de 46 endroits dans toutes les municipalités de la région. La liste complète est disponible à l’adresse www.afsaglac.com, directement sur la page d’accueil en cliquant sur Points de collecte 2017-2018. Les arbres trouvent ainsi une seconde vie et peuvent notamment servir à faire du paillis et du compost. Cette année, le cap des 175 000 arbres sera franchi.

Pas une grosse baisse chez les détaillants

Si Mme Bouchard ne peut fournir avec certitude des raisons, elle avance que la météo peut parfois influer sur les résultats, car la collecte se tient sur une seule journée. « Peut-être qu’il y a eu moins de ventes aussi », a-t-elle proposé.

Selon deux détaillants de sapins de Noël, ce ne serait pas la cause de la chute au complet. Mario Thibault vend à son compte des arbres directement de son petit commerce installé dans un stationnement d’une épicerie du boulevard Talbot. « C’est pas mal toujours pareil. J’en vends pas plus, pas moins », a-t-il mentionné. Il s’attend tout de même à une certaine baisse cette année, mais ce serait dû à la concurrence de certains magasins à grande surface qui vendent des arbres à bas prix. Il pourrait cependant y avoir une certaine baisse généralisée, car même si ses ventes n’ont pas chuté, le nombre d’exploitants indépendants a périclité. « On était 15 sur le boulevard Talbot et là je suis tout seul », a-t-il chiffré. Il compte vendre ses arbres jusqu’à dimanche. « Je donne les arbres que je n’ai pas vendus au Zoo de Falardeau qui vient les chercher », a-t-il conclu. Certains arbres récoltés par Sapin du bon sens au Lac aboutissent également au Zoo sauvage de Saint-Félicien.

Du côté de la Plantation du père Noël à Saint-Ambroise, on remarque une baisse d’environ 15 à 20 % depuis cinq ans, ce qui est bien loin du 55 % de Sapin du bon sens. Il est d’ailleurs possible d’aller y récolter son arbre soi-même en famille jusqu’au 24 décembre.

À l’écocentre

Une autre cause possible pourrait se retrouver dans une hausse d’arbres qui sont déposés dans les différents écocentres de la région. C’est ce que confirme Jeannot Allard, le directeur des communications à Saguenay. « Il y en a de plus en plus dans les écocentres », a-t-il mentionné. Il ne pouvait cependant fournir de données précises sur le nombre d’arbres récoltés. Il s’agit toutefois d’un bon endroit, car ils sont valorisés également. Jeannot Allard a cependant avoué, un peu à contrecoeur, que les arbres laissés au chemin par les citoyens de Saguenay sont ramassés lors des collectes de vidange et terminent leur vie au site d’enfouissement. « Malheureusement, on les ramasse quand même, mais ce n’est pas la bonne façon de s’en débarrasser. Mais ça risque de changer de l’avenir », a-t-il assuré. Rappelons que Saguenay a récemment mis à jour ses façons de faire de ce côté, en ne ramassant plus, par exemple, les sacs de vidanges qui ne sont pas dans un bac conforme.

Arbres artificiels

La baisse des ventes d’arbres naturels pourrait aussi s’expliquer par la popularité des arbres artificiels. « Les arbres chinois en plastique, ça crée des gaz à effet de serre à la création, il y a aussi le transport. Il faut le garder vingt ans pour compenser l’effet », a souligné Mme Bouchard. Un autre son de cloche recueilli par Le Progrès a minimisé cet impact des arbres artificiels sur les ventes, en disant qu’il s’agit de cycles chez les consommateurs et que plusieurs reviennent aux « vrais » arbres de Noël.