Suzanne Harvey, Annie Tremblay et Mélanie Fillion, de l’organisme Rescapés poilus, se sont jointes à Marc Villeneuve, du Refuge des animaux de Chicoutimi, pour réaliser une première collaboration visant à gérer différemment les chats errants sur le territoire de Saguenay.

Une capture de chats errants organisée à Saguenay

Dans l’optique de freiner la prolifération des chats errants sur le territoire de Saguenay, deux organisations se sont unies pour faire une première capture de chats errants.

Le 17 juillet, avec l’accord de l’administration municipale, le Refuge des animaux de Chicoutimi et l’organisme Rescapés poilus a épargné la mort à cinq chats errants en les retournant dans leur milieu, dans le secteur du chemin de la Réserve, à Chicoutimi, après les avoir fait stériliser.

Ce projet pilote est un pas en avant vers la réorganisation de la gestion animalière, un dossier qui secoue tout le Québec.

Une vingtaine de chatons, issus d’une colonie de huit espèces adultes, ont été pris en charge par des familles d’accueil bénévoles. Sur les huit adultes qui ont pris le chemin du Refuge des animaux de Chicoutimi, dans l’attente de leur stérilisation, trois ont été euthanasiés en raison de leur piètre état.

Avec l’aide de ses nombreuses caméras, installées sur les lieux du trappage, l’organisme Rescapés poilus confirme que toute la colonie a été prise en charge.

« Une des embûches qu’on a eues, c’est quand il est venu le temps de trouver un vétérinaire pour stériliser les cinq chats, au meilleur prix. J’ai fait le tour des cliniques de Saguenay. Après quelques refus, c’est à Alma que j’ai trouvé un vétérinaire qui acceptait de collaborer », mentionne Marc Villeneuve, propriétaire du Refuge des animaux de Chicoutimi.

Seules les dépenses de vétérinaire ont été calculées dans cette intervention. « Si on avait eu à payer le temps des bénévoles et nos frais de déplacement pour l’opération, qui a duré trois semaines, on aurait eu une facture de plus de 2000 $ », réfléchit M. Villeneuve.

Dre Hélène Hamilton, de l’Hôpital vétérinaire Carcajou d’Alma, a collaboré à la stérilisation des cinq chats adultes en offrant un prix plus abordable aux sauveurs de chats. « Cet hôpital a aussi stérilisé gratuitement 41 chats lors de la Semaine nationale de la stérilisation animale, qui a eu lieu à l’hiver 2019, dont cinq chats de notre organisme », s’émerveille Suzanne Harvey, une des trois administratrices du groupe Rescapés poilus, qui a absorbé la facture vétérinaire avec les dons reçus lors de ses différentes activités-bénéfices.

Quant aux chatons, âgés de quelques semaines, ils seront mis en adoption d’ici quelques jours, quand ils auront atteint l’âge recommandé. Les frais d’adoption incluront un contrat de promesse de stérilisation.

Les chats adultes, remis en liberté le 17 juillet, ont été micropucés par le Refuge des animaux et identifiés à l’aide d’une entaille dans l’oreille afin d’étudier la pertinence de cette intervention.

« Il y a 25 ans, tous ces chats auraient été euthanasiés. On faisait des euthanasies quotidiennement, à la demande des clients. C’est ce que la population voulait. Aujourd’hui, on utilise cette intervention à l’occasion, surtout quand on a des chats errants trop souffrants ou des chiens dangereux », ajoute M. Villeneuve, qui a su s’adapter aux changements de mentalité.

Depuis quelque temps, il réalise que la population veut maintenir des chats errants en vie en les faisant stériliser. « On va le faire. On fait ce que les citoyens demandent », conclut-il.

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L'IMPLICATION CITOYENNE AU COEUR DU SAUVETAGE

Les citoyens du chemin de la Réserve, entourés des sauveurs de chats, sont bien fiers de continuer à veiller sur la colonie d’errants qui ne se reproduiront plus.

C’est Ginette Dallaire, une dame du chemin de la Réserve, à Chicoutimi, qui a signalé la présence des chats errants. La citoyenne n’en pouvait plus de voir des chatons venir au monde dans la nature, tous les printemps, depuis une dizaine d’années. Elle a donc manifesté son intérêt de venir en aide à ces pauvres bêtes en contactant Rescapés poilus via Facebook. 

Comme plusieurs de ses voisins, Raymond Blackburn a déjà sauvé un d’entre eux alors qu’il était un minuscule chaton. Le chat est maintenant gardé en sécurité, dans sa maison. « Mais on ne peut pas tous les sauver », lance M. Blackburn. 

Plusieurs résidants souhaitent continuer de les nourrir, sans toutefois les voir se reproduire. « On est plusieurs dans la rue à les nourrir. Tout a commencé avec un, et un autre… J’ai déjà compté jusqu’à 22 chats sur mon patio, confie Jacques Tardif. On en a vu plusieurs se faire frapper. Les chatons se font adopter, mais certains ne survivent pas. » 

La dizaine de voisins impliqués continuera de nourrir et de surveiller la colonie de chats maintenant stérilisés. « On leur demande d’appeler au refuge le plus rapidement possible s’ils remarquent de nouveaux chats errants dans le secteur », intervient Marc Villeneuve, propriétaire du Refuge des animaux de Chicoutimi, qui compte agir rapidement pour garder le contrôle. 

À peine quelques heures après sa remise en liberté, une des chattes, habituée de squatter chez M. Tardif, était de retour dans la cour de celui qui la nourrit depuis huit ans, alors que l’homme se berçait avec sa conjointe. 

De plus en plus de citoyens veulent s’engager et demandent conseil aux dévouées administratrices de Rescapés poilus pour appliquer la méthode Capture-stérilisation-remise-maintien (CSRM) dans les règles de l’art. Selon elles, comme c’est un problème collectif, c’est toute la population qui doit s’impliquer pour freiner la surpopulation féline.

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COMMENT AGIR?

• Quand on voit un chat errant, non apprivoisé, errer chez soi, on suggère de le nourrir et de lui procurer un abri dans l’optique de le trapper et le faire stériliser avant de le relâcher.

• S’il y a plusieurs chats, on demande de faire stériliser tous les chats, si on veut que le principe de la méthode Capture-stérilisation-retour-maintien soit efficace.

• Une fois que le ou les chats ont officiellement élu domicile dans le secteur voulu, on doit rapidement faire l’achat ou la location d’une cage-trappe conçue pour ne pas blesser l’animal.

• Les chats errants étant la plupart du temps très agressifs, on doit les maintenir en cage, chez soi ou en refuge, pour éviter de se faire blesser en attendant les rendez-vous chez le vétérinaire.

• Le chat, paniqué, risque de laisser échapper des fluides corporels odorants. C’est pourquoi il faut désinfecter les lieux, y compris l’auto, surtout si vous avez d’autres animaux.

• Si on ne peut compter sur l’aide d’un organisme, il faut prévoir environ 250 $ pour une seule stérilisation. 

• Une fois stérilisé, le chat doit être ramené chez soi. 

• Il devra être maintenu sept jours, pour sa convalescence, dans une cage ou dans un endroit facile à nettoyer, car la plupart des chats errants ne font pas leurs besoins dans une litière.

• L’animal pourra ensuite être libéré là où il a été trappé.