Le biologiste Luigi Bouchard.

Une bourse pour mieux comprendre le diabète gestationnel

L’équipe de recherche sur le diabète gestationnel dirigée par la Dre Marie-France Hivert, de la Harvard Pilgrim Health Care de Boston, et par le biochimiste saguenéen Luigi Bouchard a obtenu une importante bourse de 3,6 millions $ américains. Elle permettra d’aller de l’avant dans la phase de la recherche qui vise à mieux comprendre ce problème de santé ayant des répercussions à long terme pour les femmes et les enfants.

Le professeur et chercheur en biochimie de la faculté de médecine et de science de la santé de l’Université de Sherbrooke, qui dirige une équipe de six personnes à l’hôpital de Chicoutimi, accueille cette nouvelle avec enthousiasme. Ce financement permettra aux équipes de Saguenay/Sherbrooke (sous la direction du docteur Patrick Perron) et de Boston de faire un autre pas pour tenter d’en arriver à identifier les femmes à risque et surtout d’identifier un traitement préventif pour éviter qu’elles développent le diabète de grossesse.

« Si nous voulons être en mesure de trouver une façon d’identifier et de détecter la maladie pour la prévenir, nous devons pouvoir la comprendre et la bourse va nous aider à y arriver », précise Luigi Bouchard. Ce dernier affirme que de 8 à 10 % des femmes qui vivent une grossesse développent le diabète gestationnel. Le chercheur n’aime pas parler de maladie dans ce cas, mais admet qu’une femme qui développe ce problème peut avoir des conséquences à long terme ainsi que l’enfant. Pendant la grossesse, elle est également à risque tout comme le fœtus.

« Lorsque le test confirme le diabète, on doit traiter la patiente avec un ajustement de la nutrition. Quand ça ne fonctionne pas, on traite avec de l’insuline. Il est aussi possible que la femme atteinte subisse une césarienne ou que l’on provoque l’accouchement plus tôt. Il peut aussi y avoir un enfant qui souffre de macrosomie, soit des bébés de quatre kilogrammes et plus qui nécessitent une césarienne », reprend le scientifique.

Normalement, le diabète disparaît après l’accouchement. Il arrive que dans certains cas, la maladie revienne de cinq à sept ans après l’accouchement. L’enfant a quant à lui de fortes chances de développer des problèmes de surpoids dès l’âge de cinq ans. Il est donc primordial pour l’équipe de recherche de mettre la mère sur une trajectoire de traitement le plus tôt possible afin de diminuer les conséquences de la maladie autant pour elle que pour l’enfant, à long terme.

La thèse développée par l’équipe de chercheurs repose sur une transmission de la maladie à partir du placenta de la mère. Les chercheurs doivent donc identifier, pour démontrer cette thèse, les gènes placentaires responsables du développement de la maladie chez la mère.

Les médecins ont déjà identifié des éléments qui font en sorte que des femmes soient plus susceptibles de développer la maladie pendant la grossesse que d’autres. Les femmes en situation de surpoids ou plus âgées font partie de ce groupe. Les médecins ont toutefois constaté que des femmes très actives ne présentant pas de problème de surpoids développent cette maladie pendant leur grossesse.

Au Canada tout comme aux États-Unis, les personnes de certaines communautés sont plus à risque de développer la maladie. Dans le cas du Québec, les femmes autochtones sont exposées alors qu’aux États-Unis, les ressortissantes des communautés hispanique et afro-américaine présentent un taux de prévalence plus élevé.

L’équipe de recherche avait reçu l’an dernier une autre bourse de 600 000 $ du gouvernement canadien. Les fonds servent à travailler sur l’identification des marqueurs biologiques qui vont permettre d’identifier les gènes responsables de la maladie. Selon Luigi Bouchard, l’équipe devrait être en mesure de déterminer au cours de la prochaine année si l’hypothèse du placenta comme source de la maladie se confirme.

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FONDATION DE MA VIE

Le chercheur Luigi Bouchard a tenu à souligner l’apport de la Fondation de ma vie dans cet important projet de recherche qui regroupe six professionnels à Chicoutimi en plus des équipes de Sherbrooke et de Boston. « Nous avons reçu de l’aide financière de la Fondation de ma vie. C’est ce qui nous a permis de travailler et d’obtenir par la suite deux bourses pour continuer les recherches. La Fondation de ma vie est présentement en campagne et il est bon de rappeler son importance dans notre projet de recherche qui vise à améliorer la santé des femmes et des enfants », a conclu le professeur.