La ville de Dolbeau-Mistassini a procédé au déplacement du périmètre de sécurité sur la pointe Langevin de Vauvert.

Une autre maison dans le périmètre de la pointe Langevin

L’augmentation du périmètre de sécurité entourant la pointe Langevin du secteur Vauvert de Dolbeau-Mistassini a forcé l’évacuation d’autres résidants au cours des dernières semaines. La Ligue des propriétaires de Vauvert est d’avis que les prochains mois pourraient sonner le glas quant à l’avenir de trois autres résidences situées à l’extrémité de la pointe Langevin.

Au cours des dernières semaines, la Ville de Dolbeau-Mistassini a procédé à l’installation d’une deuxième clôture située à 15 mètres de celle déjà en place. Cette mesure était connue et attendue par les résidants depuis plusieurs mois.

La nouvelle installation traverse le terrain d’une résidence, ce qui empêche maintenant le propriétaire d’y accéder.

« Le propriétaire a, au mois de janvier, libéré sa maison. L’électricité n’est plus en fonction. On se retrouve avec un autre problème. Qui doit déplacer cette résidence ? Dans le pire de cas, si la résidence tombe à l’eau, qui est responsable ? », a affirmé le président de la Ligue des propriétaires de Vauvert, Daniel Murray, lorsque joint par Le Progrès.

La résidence, qui est maintenant la première au bout de la pointe, a vu sa valeur être réduite à 1000 $ dans le rôle d’évaluation du 1er janvier 2019. Sa définition de résidence secondaire rend impossible sont éligibilité au programme d’aide financière du gouvernement.

Une résidence secondaire située à l’extrémité de la pointe Langevin se retrouve maintenant en plein coeur du nouveau périmètre de sécurité.

Selon M. Murray, ce n’est pas la fin de ce dossier qu’il surveille de près. Il affirme que trois autres résidences risquent de subir le même sort au cours de la prochaine année. Il n’entend donc pas en rester là. Sans en dévoiler la teneur exacte, il assure que des actions seront mises de l’avant.

La ville mène le dossier

Le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, surveille de près le dossier et poursuit son travail d’accompagnement auprès des résidants touchés. « Nous organisons des rencontres, nous faisons des suivis et nous maintenons la pression. Nous avons rencontré beaucoup de gens et nous savons que tout le monde est au fait du dossier », explique M. Cloutier.

Il rappelle que des situations similaires ailleurs au Québec, dont celle de la municipalité de Sainte-Flavie, ont été prises en charge par le gouvernement provincial. Il plaide le manque de ressources techniques de la ville. Dolbeau-Mistassini poursuit ses diverses demandes, dont celle de mettre sur pied un fonds d’indemnisation. Déjà, Rio Tinto a accepté d’y contribuer. Questionné quant aux sommes qui pourraient y être investies, Pascal Cloutier ne peut s’avancer davantage. Il souligne qu’il s’agit d’une mesure unique et que c’est plutôt le moment de constituer le fonds et d’établir un mécanisme d’indemnisation. Des demandes ont été formulées auprès des différents ministères quant à l’obtention de sommes. De son côté, Rio Tinto confirme son ouverture à analyser la demande de soutien pour ce fonds.

Rio Tinto a, à la demande de la Ville, accepté de poursuivre la prise de bathymétrie. M. Cloutier confirme que le ministère de la Sécurité publique a accepté de traiter les données. « Cela va nous permettre de savoir où on s’en va. On ne sait ni l’évolution ni ce qui nous attend dans les prochaines années », a ajouté le maire de Dolbeau-Mistassini. Celui-ci espère également une nouvelle étude qui permettra de cibler les pistes de solution.

M. Cloutier ne s’en cache pas : la Ville dépasse les limites de ses fonctions dans ce dossier. Toutefois, il rappelle l’importance d’accompagner les citoyens touchés par l’érosion de la pointe Langevin.

Rencontré en octobre dernier, le couple propriétaire de cette résidence assurait avoir fait le deuil de ses projets de retraite. L’expropriation était, selon eux, inévitable. Le déplacement du périmètre de sécurité coupe tout accès à la plage.

Rio Tinto réagit

La multinationale Rio Tinto rappelle que « la situation d’érosion de la pointe Langevin est une problématique d’érosion fluviatile qui ne peut être prise en charge par le Programme de stabilisation des berges, puisque l’érosion n’est pas causée par le rehaussement du niveau du lac Saint-Jean ».

La porte-parole, Véronick Lalancette, rappelle que Rio Tinto est en constante communication et en collaboration avec la Ville de Dolbeau-Mistassini.