Josée Néron, nouvelle mairesse de Saguenay, le soir de l'élection.

Une année de changements politiques

L’année 2017 en a été une de changements politiques, au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

L’élection de Josée Néron, première femme à la tête de Saguenay, a bousculé depuis le 5 novembre les façons de faire qui régnaient dans la municipalité depuis 20 ans sous le pouvoir de l’ex-maire Jean Tremblay.

Promotion Saguenay et ses gestionnaires se sont retrouvés sur la sellette après le dévoilement des généreux contrats de travail de l’ex-président-directeur général de Promotion Saguenay, Ghislain Harvey, situation qui a mené au déclenchement d’une enquête sur la gouvernance de la corporation municipale par le ministère des Affaires municipales, à la demande de la nouvelle mairesse.

Plusieurs nouveaux visages ont aussi fait leur apparition à la mairie des municipalités du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le paysage politique de la région a de plus été marqué par l’élection de Richard Hébert, premier député libéral élu dans la circonscription de Lac-Saint-Jean depuis plus de 30 ans, tandis que son collègue Denis Lemieux, de Chicoutimi-Le Fjord, a annoncé sa démission dans les semaines qui ont suivi l’élection partielle.

Le Progrès vous propose ici une revue de ces événements et de quelques autres, neuf au total, qui ont marqué l’actualité générale régionale au courant de la dernière année.

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Élections municipales : Josée Néron, 1re mairesse de Saguenay

Un vent de changement a soufflé sur la région le 5 novembre, jour d’élections municipales : quatre des cinq villes les plus populeuses de la région ont élu un nouveau maire.

Le changement le plus marquant s’est sans contredit produit à Saguenay, alors qu’après quatre ans dans l’opposition, la chef de l’Équipe du renouveau démocratique, Josée Néron est devenue la première femme à la tête de Saguenay, en se faisant élire avec 49,42 % des voix.

Elle a ainsi succédé au maire Jean Tremblay qui aura régné sur Saguenay pendant 20 ans, lui qui avait annoncé au préalable qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat.

Josée Néron l’a emporté devant l’ancien ministre conservateur Jean-Pierre Blackburn, qui avait claqué avec fracas la porte du Parti des citoyens de Saguenay (PCS) en août. La formation politique fondée par Jean Tremblay a subi une cuisante défaite en ne récoltant qu’un maigre 6,13 % des voix. Son chef, l’urgentologue Dominic Gagnon, avait repris les rênes du parti à la fin du mois d’août.

Le parti n’avait fait élire qu’un conseiller, Michel Tremblay, qui a fait défection dans les jours suivant l’élection pour siéger en tant qu’indépendant.

Au Lac-Saint-Jean

À Roberval, le conseiller en gestion Sabin Côté a délogé le maire sortant Guy Larouche, critiqué pour le climat houleux qui régnait à l’hôtel de ville.

À Saint-Félicien, le conseiller Luc Gibbons a arraché la mairie à Gilles Potvin, qui sollicitait un quatrième mandat.

Le syndicaliste Pascal Cloutier a pour sa part succédé au maire sortant de Dolbeau-Mistassini, Richard Hébert, qui a délaissé la politique municipale pour fait le saut au palier fédéral.

Les citoyens d’Alma ont préféré la stabilité : le maire Marc Asselin a été réélu sans opposition, obtenant ainsi un troisième mandat.

L'ex-président-directeur-général de Promotion Saguenay, Ghislain Harvey

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Dévoilement des contrats de Ghislain Harvey

La divulgation de la prime de départ et des généreuses conditions des contrats d’embauche de l’ancien président-directeur général de Promotion Saguenay, Ghislain Harvey, ont soulevé l’indignation populaire et fait couler beaucoup d’encre dans les derniers mois de 2017.

Au terme de la saga judiciaire initiée devant la Commission d’accès à l’information (CAI) par l’ancienne conseillère municipale de Lac-Kénogami, Christine Boivin, les contrats ont été divulgués en novembre par Promotion Saguenay, dévoilant ainsi que l’ancien PDG de l’organisme parapublic disposait d’un contrat blindé assorti de généreux fonds de pension.

Il avait alors été révélé que le dernier contrat de travail avait été signé à quelques jours des audiences devant la CAI, où il avait été prétendu que le contrat était introuvable. Cosignataire du contrat, le préfet de la MRC du Fjord, Gérald Savard, alors vice-président de l’organisation, avait avoué avoir apposé sa signature aux côtés de celle du maire Jean Tremblay, sans même avoir lu le document présenté par Me Pierre Mazurette.

Refonte du C.A. à la veille de l’élection

À quelques jours de l’élection municipale du 5 novembre, le conseil d’administration de Promotion Saguenay s’était réuni afin de confier la direction générale de l’organisme à Priscilla Nemey, alors vice-présidente exécutive.

L’homme d’affaires Éric Larouche obtenait la présidence, alors que Ghislain Harvey était nommé conseiller exécutif spécial. Pour rompre son lien d’emploi, une prime de 425 000 $ a été négociée avec l’ancien PDG.

L’ex-maire de Sagueay, Jean Tremblay, a défendu son bilan devant les médias, en décembre.

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Promotion Saguenay sous enquête

Dans la foulée du dévoilement des contrats de travail de Ghislain Harvey, le bris de confiance survenu entre la nouvelle présidente-directrice générale de Promotion Saguenay, Priscilla Nemey, et la mairesse Josée Néron a amené la première magistrate à réclamer la mise sous tutelle de la corporation municipale.

Des vérificateurs du ministère des Affaires municipales ont visité les bureaux de Promotion Saguenay, de Diffusion Saguenay et de la Zone portuaire, en décembre.

Le comptable Arthur Gobeil, candidat indépendant défait à la mairie de Saguenay, a été nommé PDG par intérim de Promotion Saguenay par le ministère des Affaires municipales, alors que la mairesse Josée Néron a repris la présidence de l’organisation.

Après plusieurs semaines de silence, l’ex-maire Jean Tremblay a effectué une première sortie publique pour défendre son bilan au début du mois de décembre. Ghislain Harvey s’est pour sa part abstenu de commenter la situation publiquement.

Proches de l’ancienne administration

La nouvelle mairesse Josée Néron a par ailleurs profité de son arrivée à l’hôtel de ville pour rompre les liens avec les proches de l’ancienne administration.

Francyne T. Gobeil, administratrice du programme dons et subventions, ainsi que Louis Coulombe, directeur exécutif prévention et éthique, ont reçu des primes de départ pour rompre leurs contrats d’embauche, tandis que Danielle Godin, qui était directrice de l’arrondissement de Jonquière, a été mutée au département communautaire et événement où elle joue maintenant le rôle de conseillère.


Le libéral Richard Hébert l’a emporté lors de l’élection partielle dans Lac-Saint-Jean, une première en plus de 30 années, dans la circonscription.

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Richard Hébert succède à Denis Lebel dans Lac-Saint-Jean

Après plus de 30 ans d’absence dans le paysage jeannois, les libéraux ont repris la circonscription fédérale de Lac-Saint-Jean, le 23 octobre, avec l’élection de l’ex-maire de Dolbeau-Mistassini, Richard Hébert.

Il l’a emporté avec 38,6 % des voix, devant son plus proche adversaire, le conservateur Rémy Leclerc, qui a terminé la course avec 25 % des suffrages.

Les visites du populaire premier ministre Justin Trudeau dans la région, venu appuyer son candidat, ont attiré les foules.

L’élection partielle a été déclenchée à la suite de la décision, en juin, de l’ex-ministre conservateur Denis Lebel de quitter la vie politique, lui qui se retrouvait cantonné dans un rôle d’opposition sous le gouvernement Trudeau.

Denis Lebel agit maintenant à titre de président-directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec.

Mashteuiatsh

Soulignons par ailleurs que le territoire jeannois a connu une autre élection en 2017 : Clifford Moar a repris la tête de la communauté innue de Mashteuiatsh, le 29 mai.

Celui qui avait déjà accompli trois mandats comme chef de la communauté a défait le chef sortant, Gilbert Dominique.

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Démission de Denis Lemieux, député libéral de Chicoutimi-Le Fjord

En quelques mois, une seconde circonscription fédérale a été laissée vacante dans la région : le député libéral de Chicoutimi-Le Fjord, Denis Lemieux, a annoncé sa démission le 6 novembre, peu après l’élection de son collègue Richard Hébert dans Lac-Saint-Jean.

Le député a évoqué des raisons familiales pour justifier sa décision. L’ex-entraîneur Richard Martel, commissaire de la Ligue nord-américaine de hockey, est le seul candidat à s’être lancé officiellement dans la course, sous la bannière du Parti conservateur du Canada.

La date de l’élection partielle doit être fixée dans les six mois suivant l’annonce de la démission.

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Enquête et tensions à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay

Les tensions et le climat de travail difficile à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay ont amené le ministère de l’Éducation à entreprendre une rare procédure en ouvrant une enquête sur la gouvernance de la commission scolaire, à la mi-octobre.

Les enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption ont également visité les bureaux de la commission scolaire, en rencontrant des membres de la direction, en décembre.

La directrice générale de l’organisation, Chantale Cyr, critiquée pour son style de gestion, est en congé de maladie depuis le début du mois de novembre.

La gestionnaire devait alors se rendre à Paris afin de présenter l’école trilingue baieriveraine Au Millénaire, inaugurée en août, à l’occasion d’un colloque intitulé « Osons l’école de demain », un voyage finalement annulé après avoir été critiqué par plusieurs intervenants.

Les relations entre la directrice générale et la présidente de la commission scolaire, Liz S. Gagné, sont au plus bas. Mme Cyr a déposé en décembre une plainte pour harcèlement psychologique à l’encontre de la présidente, qui a effectué un retour après avoir été élue à ce poste qu’elle avait occupé pendant 25 ans auparavant.

Un autre exemple du climat tendu au sein de l’organisation a défrayé les manchettes, en décembre, après qu’un cadre ait frappé un syndiqué au visage après un party de Noël d’employés.

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La couverture cellulaire de la route 155

Une violente collision frontale qui a coûté la vie à une mère de famille et à sa fille de 10 ans, sur la route 155 en janvier, près de La Tuque, a relancé le dossier de la couverture cellulaire et de la sécurité routière de ce tronçon qui relie la Mauricie au Lac-Saint-Jean.

Après plusieurs mois de revendications et une pétition de plus de 2800 noms, les gouvernements fédéral et provincial ont annoncé en septembre des investissements qui permettront d’assurer la couverture cellulaire sur la moitié de la route 155.

Des améliorations ont de nouveau été recommandées au km 107 de la route provinciale, en décembre, par le coroner Jean-Pierre Blais qui a déploré « le laxisme du gouvernement » dans le dossier.

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Les sympathisants de l’extrême droite de plus en plus visibles

Comme ailleurs au Québec, les groupes proches de l’extrême droite ou qui s’en réclament se sont faits de plus en plus visibles dans la région au courant de la dernière année.

L’ex-député fédéral de Jonquière, Claude Patry, s’est affiché en février comme nouveau chef du clan régional de la Meute, une organisation qui se dit opposée à l’islam radical. Claude Patry s’est ensuite retiré de l’organisation en novembre.

Un autre groupe, Storm Alliance, qui s’est fait plus discret, a effectué une percée dans la région, en février.

En mars, les groupes sympathisants de la droite se sont faits plus visibles en prenant part à une manifestation dans les rues de Chicoutimi, en faveur de « la liberté, la paix et la justice », alors qu’une contre-manifestation de la gauche les attendait.

Affiches « Saguenay ville blanche » à Saint-Honoré

Quelques mois plus tard, en juillet, la relance du projet de cimetière musulman à Saint-Honoré, par l’Association islamique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, a fait le tour du Québec

Des affiches racistes « Saguenay ville blanche », reprenant le message de pancartes semblables qui avait été vues dans la région, en 2014, ont été posées à l’entrée du cimetière et sur le parvis de l’église de la municipalité. L’action n’a pu être associée à un groupe ou un individu.

Cette situation s’est produite quelques jours après que les citoyens de Saint-Apollinaire, près de Lévis, aient rejeté par référendum un projet de cimetière musulman dans leur municipalité.

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De nouveaux visages à la tête de nos institutions

• Diocèse de Chicoutimi : Le diocèse de Chicoutimi accueillera en février le premier évêque originaire de la région de son histoire. Mgr René Guay, de Saint-Thomas-Didyme, a été nommé par le pape François en novembre pour succéder à Mgr André Rivest, lui qui occupait ce poste depuis 2004.

• UQAC : Parallèlement, une théologienne de formation, Nicole Bouchard, a été nommée première rectrice de l’Université du Québec à Chicoutimi, en juin. Sa nomination fait suite à une année mouvementée pour l’institution d’enseignement supérieur. Un deuxième appel de candidatures avait dû être lancé, après que le recteur sortant, Martin Gauthier, ait annoncé qu’il renonçait à solliciter un nouveau mandat, sous la pression de la communauté universitaire.

Après avoir absorbé des compressions de 12 M $ en cinq ans, l’université a pu atteindre l’équilibre budgétaire pour son exercice 2016-2017.