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Une vingtaine de personnes étaient réunies devant le bureau de la ministre Laforest, mardi.
Une vingtaine de personnes étaient réunies devant le bureau de la ministre Laforest, mardi.

Une aide d’urgence réclamée pour les personnes assistées sociales

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
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L’isolement et les frais supplémentaires entraînés par la COVID-19 sont venus empirer une situation déjà difficile pour les personnes assistées sociales, clame le comité programmes sociaux de Solidarité Populaire 02. Une action était tenue devant les bureaux de la ministre régionale, Andrée Laforest, mardi, pour demander des actions concrètes du gouvernement.

Si sept provinces et trois territoires canadiens ont mis en place des mesures pour venir en aide aux personnes en situation de pauvreté depuis le printemps dernier, le Québec n’a posé aucune action en ce sens, s’offusque le regroupement. Sinon de ramener de l’avant des « mesures prévues depuis plusieurs années » et d’accorder « un peu » de financement additionnel pour le communautaire.

Sylvain Bergeron, coordonnateur de L.A.S.T.U.S.E. (Lieu d’Actions et de Services Travaillant dans l’Unité avec les Sans Emplois) du Saguenay, était de la vingtaine de personnes réunies à Chicoutimi, mardi.

« Où est l’aide d’urgence pour les personnes assistées sociales ? », demande-t-il d’emblée.

Lui et ses homologues soulignent les frais supplémentaires engrangés par la crise sanitaire, tels que ceux associés aux masques et au désinfectant, ainsi qu’à l’augmentation du prix des aliments.

« En parallèle, les soupes populaires ont fermé, et plusieurs ont perdu les petits emplois qui leur permettaient de boucler leurs fins de mois », affirme Ginette Dionne du groupe Les Gens oubliés d’Hébertville.

Le prix à payer pour les personnes assistées sociales n’est pas que monétaire, selon Sylvain Bergeron, alors que les conséquences psychologiques qui viennent avec l’isolement sont toutes aussi importantes. Il précise d’ailleurs avoir vu passer plusieurs dossiers concernant des propriétaires qui abusaient de leur pouvoir et interdisaient à leurs locataires de sortir de leur logement.

« Leur seule sortie parfois, c’était d’aller prendre un café, et là ils ne peuvent plus le faire. Ils sont isolés complètement. Ça va avoir des effets assez néfastes sur le système de santé aussi. »

Le comité programmes sociaux de Solidarité Populaire 02 dit également souhaiter la tenue d’un moratoire rétroactif sur le remboursement des dettes contractées par les prestataires d’aide financière de dernier recours « qui auraient reçu la PCU sans y avoir droit ». Tout comme de profonds changements.

« Après la crise, il faudra voir plus loin. Pour ne laisser personne dans la misère, nous avons besoin d’un réinvestissement massif dans les services sociaux. Nous devons assurer la gratuité des médicaments, des soins psychologiques, dentaires et des yeux. Il nous faut une aide sociale universelle et inconditionnelle permettant entre autres de se loger convenablement, d’avoir une alimentation équilibrée, de se déplacer et de préserver sa santé. Ça devrait être ça notre filet social, au Québec », conclue Manon Girard d’Accès conditions vie/café communautaire l’Accès.