La garde paroissale ouvrait la procession au flambeau à la croix de Sainte-Anne, suivie des Chevaliers de Colomb, des porteurs de cierges, de la statue de Sainte-Anne et de la foule.

Une affaire de famille

Chaque année depuis maintenant plus de 60 ans, ce sont des milliers de croyants qui se rassemblent à l’église Sainte-Anne de Chicoutimi-Nord pour célébrer la patronne des Canadiens français. Cette année n’a pas fait exception avec une participation d’environ 25 000 personnes pendant les célébrations qui se sont étalées sur un total de dix jours, incluant la Fête de Sainte-Anne.

Entamées depuis le 17 juillet, bénédictions, onctions et autres professions de foi se sont succédé pour se terminer jeudi soir par une messe en plein air présidée par Mgr René Guay, suivie de la procession au flambeau à la Croix de Sainte-Anne. Une soirée familiale où enfants, parents et grands-parents étaient rassemblés dans une expérience de prière où le silence et l’intériorité étaient à l’honneur.

Interrogés sur leurs motifs à participer à un tel évènement, la quasi-totalité des participants ont répondu y voir une tradition familiale qui leur rappelle de bons souvenirs. En l’espace de 60 ans, les familles de la région et d’ailleurs ont défilé dans l’église de Sainte-Anne et la tradition se perpétue encore aujourd’hui, comme c’est le cas pour la paroissienne Michèle Gagnon.

«Depuis que j’ai l’âge de 12 ans, je vends des flambeaux à la Neuvaine de Sainte-Anne et aujourd’hui j’en ai 47. À l’époque, toute la famille participait, aujourd’hui nous sommes un peu moins, mais je me fais un devoir de m’impliquer à titre de bénévole chaque année», raconte avec excitation celle qui était en compagnie de sa fille et de sa marraine.

Mgr René Guay, originaire de Saint-Thomas-Didyme, est le premier homme de foi de la région à être nommé évêque du Diocèse de Chicoutimi.

Des exemples comme celui de Mme Gagnon, il y en avait à la tonne. Et c’est d’ailleurs l’implication des bénévoles qui font de ce ressourcement spirituel un tel succès, année après année, selon l’agent de pastorale et membre du comité organisateur depuis 16 ans, Paulin Michaud.

«Bien que la religion soit de moins en moins populaire, on veut continuer de la faire vivre et la faire vivre au travers nos enfants, mais sans les nombreux bénévoles, ce serait impossible. On fait d’ailleurs partie des privilégiés, au Saguenay, qui sont capables de faire une neuvaine qui dure véritablement neuf jours», souligne M. Michaud.

Quelques centaines de personnes étaient présentes à la messe en plein air présidée par Mgr René Guay qui mettait fin aux célébrations de la Neuvaine de Sainte-Anne.

Avec une participation moyenne d’environ 300 paroissiens à chacune des messes présentées au cours de la semaine, le comité organisateur entend bien perpétuer la tradition pour de nombreuses années encore.

Un homme du peuple
Mgr René Guay en était à sa première participation à titre de président pour la neuvaine. D’entrée de jeu, il s’est adressé à la foule en précisant qu’il s’agissait d’une première pour lui et que «si ce n’était pas comme ce devrait être, pardon d’avance».

Les fidèles rassemblés à l’église Sainte-Anne de Chicoutimi étaient invités à prendre part à une procession au flambeau jusqu’à la Croix de Sainte-Anne.

Les fidèles rassemblés semblaient somme toute satisfaits de sa performance, le sourire aux lèvres alors que le neuvième évêque du Diocèse de Chicoutimi y allait d’un discours tantôt rassembleur, tantôt humoristique.

Sa comparaison de la foi à un chèque en blanc qu’on remet au Seigneur a d’ailleurs arraché quelques rires timides à la foule rassemblée devant lui.

Du côté du comité organisateur, Michel Desgagné, aussi ministre de la communion, s’est dit particulièrement heureux de Mgr Guay, qu’il dit à l’image du nouveau pape; «un homme du monde qui n’a pas besoin de grands discours qui ne veulent rien dire».

Même le soleil était de la partie, alors qu’une soirée pluvieuse était annoncée plus tôt au courant de la semaine. «Un vrai miracle de sainte Anne», de rigoler M. Desgagné.