Mario Cantin et Mario Bilodeau étaient seuls lorsqu’ils ont commencé à traverser le lac Saint-Jean en ski pour les enfants atteints du cancer, il y a dix ans. Cette année, 86 personnes sont inscrites à l’épreuve.

Une 10e fois à l’assaut du lac

Chaussés de raquettes ou de skis hors-piste, les 43 participants au Double défi des deux Mario ont franchi la ligne de départ à 9 h 30, mardi matin, au Village sur glace de Roberval, accompagnés d’une vingtaine de bénévoles. Leur boussole les guide tout droit vers le parc national de la Pointe-Taillon, un parcours de trois jours et deux nuits sur les glaces du lac Saint-Jean.

La Saguenéenne France Gaudreault est de retour pour une deuxième année, mais cette fois-ci, elle arrive beaucoup mieux préparée. Son traîneau pèse deux fois moins que lorsqu’elle s’est aventurée pour la première fois sur les glaces l’an dernier. 

« J’ai un combat à faire contre le lac Saint-Jean, qui m’a rendu la vie très difficile l’an dernier. Cette année, j’ai une petite vengeance personnelle à faire, puis je le fais aussi pour deux jeunes filles de 14 ans avec qui je suis très proche et qui luttent contre le cancer. Je me dis que pour elles, le défi est quotidien alors que pour moi, c’est un petit trois jours sur le lac », estime celle qui traverse le lac Saint-Jean en solo. 

Sous un soleil chaud

Les braves sont partis sous un soleil chaud avec un mercure qui indiquait -18 degrés Celsius. Pour participer à ce grand événement, ils devaient amasser 1250 $ pour la fondation Sur la pointe des pieds. Cette dixième traversée permettra à l’organisation de franchir le cap du million de dollars. 

Pour Yves D’Amour et sa fille Alexandra, deux Montréalais qui réalisent le défi ensemble, la grande difficulté sera de braver le froid, mais le secret repose dans les couches de vêtements. 

« Au fur et à mesure que tu avances, tu te réchauffes. On en met beaucoup au début et on en enlève par la suite », explique Yves D’Amour qui en est à sa deuxième participation.

« On est habitués de marcher dans le bois. On aime beaucoup la nature. Le gros stress, c’est de suivre le groupe, de marcher en même temps que tout le monde », craint Alexandra D’Amour. 

Une histoire à succès

« On a commencé il y a dix ans, Mario et moi, seuls au milieu du lac. Cette année, on est entourés d’une centaine de personnes. C’est un dixième anniversaire qui propulse vers le futur », lance Mario Cantin, cofondateur de la fondation Sur la pointe des pieds.

Au fil du temps, l’événement a réussi à attirer une clientèle variée provenant de partout en province. 

« Ce qu’il y a de particulier cette année, c’est que des gens qui n’avaient même pas d’équipement hivernal, et qui sont d’origine grecque, italienne et libanaise, ont participé à nos cours de camping d’hiver et sont venus conquérir le lac Saint-Jean. Pour eux, c’est comme monter l’Everest. C’est vraiment le fun de voir le dépassement pour s’approprier l’hiver québécois », ajoute M. Cantin. 

Ce dernier fait le parallèle avec les jeunes atteints du cancer qui dépassent eux aussi leurs limites en relevant les défis proposés par la fondation Sur la pointe des pieds. 

Le Double défi des deux Mario comporte deux traversées. La première est déjà entamée et la seconde débute vendredi, au départ de la Pointe-Taillon. Le même nombre de participants, soit 43, feront le chemin inverse.

Les raquetteurs et skieurs dormiront deux nuits sur les glaces du lac Saint-Jean avant d’atteindre la Pointe-Taillon.