Un voleur s’excuse auprès des victimes

Après avoir passé six des huit dernières années derrière les barreaux et avant d’y séjourner encore pour deux ans, le Chicoutimien Kevin Gagnon, 27 ans, semble vouloir se reprendre. Il s’excuse auprès des victimes.

Le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, a entériné la suggestion commune de Me Sébastien Vallée, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et de Me Louis Belliard, en défense, de condamner l’individu à 39 mois de pénitencier pour une série de cinq introductions par effraction à Chicoutimi, à La Baie et à Saint-Ambroise, et pour grossière indécence (il a montré son pénis en public), possession simple de résine de cannabis, bris de conditions, recel et possession dans le but de faire le trafic de cocaïne.

Étant donné que Gagnon a passé l’équivalent de 15 mois en détention préventive, il lui reste deux ans moins un jour à purger.

Intoxiqué par la drogue depuis plusieurs années et après avoir passé du temps en familles d’accueil et dans un centre d’accueil, Gagnon s’est mis, à l’âge adulte, à faire des introductions par effraction afin de se procurer ses stupéfiants.

En 2013, le même juge Hudon lui a imposé une peine de cinq années de pénitencier pour des introductions par effraction et la possession d’armes à feu.

Six mois après sa libération du pénitencier, Gagnon a repris là où il l’avait laissé. En juillet, août et septembre 2018, il a été pris à commettre des introductions par effraction. Il a plaidé coupable et a été condamné.

Sans dire qu’il est sorti du bois, Gagnon semble avoir pris conscience de tout le mal qu’il a fait autour de lui.

Son avocat lui a lu les déclarations des victimes. On y note que des gens veulent déménager, qu’ils ne se sentent plus en sécurité, qu’ils ont peur qu’il revienne et ont perdu des souvenirs très personnels dans ces vols et introductions par effraction.

Ces victimes éprouvent de la colère et de la rage.

« Je ne pensais pas avoir fait autant de mal à ces gens. J’étais complètement intoxiqué lorsque j’ai fait ça. Je m’excuse vraiment. Est-ce que je peux écrire une lettre à ces personnes pour m’excuser ? J’ai vraiment beaucoup de regrets. Je viens de comprendre que ces gens ne méritaient pas ce qui est arrivé », a exprimé Gagnon.

Le juge Hudon a précisé que les voleurs ne pensent qu’à leurs besoins lorsqu’ils commettent un crime.

« Mais les gens sont censés se sentir en sécurité dans leur maison. Ce n’est pas pour rien qu’une introduction par effraction peut entraîner la détention à perpétuité. J’espère que vous allez penser à tout ça pour l’avenir », a indiqué le juge.

Me Belliard a indiqué que son client n’avait jamais vraiment pu sociabiliser avec les gens, qu’il ne pensait pas à amasser des biens comme les victimes, car lui, il vit au jour le jour.

« M. Gagnon a une famille qui consomme aussi de la drogue et il est devenu toxicomane par le fait même. J’espère qu’il pourra avoir un suivi à sa sortie de prison, car je crois que l’on peut le récupérer », de mentionner Me Belliard.

En plus de la peine, le magistrat impose une probation de trois ans avec un suivi de l’agent de probation et suggère fortement que le détenu suive une thérapie en prison ou à sa sortie.

Me Vallée ne s’oppose pas à une thérapie, car il estime que les crimes commis par Gagnon sont importants.

« Une introduction par effraction est animée d’une certaine violence, même si personne n’a été touché. Il s’est introduit dans l’intimité des gens. La maison, c’est le refuge, l’endroit où l’on se sent en sécurité. Les impacts sont majeurs et peuvent être destructeurs pour les victimes. Il a créé un doute, une crainte dans l’esprit des gens », a résumé Me Vallée.