La conseillère Véronique Fortin a aussi participé à la construction du four à pain.

Un verger et un four à pain au parc

À Alma, le quartier Saint-Pierre s’anime sous l’impulsion de citoyens impliqués. Après la plantation d’un verger collectif dans le parc au début de l’été, un four à pain ancestral a été construit par des bénévoles en fin de semaine dernière et sera officiellement inauguré en octobre, le rendant accessible à tous.

Le projet a été rendu possible grâce à une aide financière de 15 000 $ offerte par Desjardins. La citoyenne Murielle Morin a effectué la demande pour le programme communautaire, et les représentants de l’institution semblaient impressionnés par la mobilisation citoyenne, lors de la fête de quartier organisée en juin. Alma donne aussi son soutien.

« On fait ça pour retisser des liens, explique la conseillère municipale Véronique Fortin en entrevue téléphonique. On s’est rendu compte qu’on ne connaît plus les gens autour de nous, que les diverses générations n’ont plus autant d’occasions d’être ensemble. C’est pour ça qu’on a organisé les fêtes de quartier au parc au début. »

Toutefois, certaines personnes ne se sentaient pas touchées par ce type d’évènement, parce qu’elles n’avaient pas d’enfants ou qu’elles étaient devenues des adultes. Avec le programme de Desjardins, des citoyens plus mobilisés ont « rêvé » à ce que pourrait devenir le parc pour qu’il soit attrayant pour les gens de tous âges.

À la fin de la journée, les citoyens se sentaient grisés par ce qu’ils venaient d’accomplir.
On peut voir l’intérieur du four à pain. La structure en bois sera brûlée lors des premières opérations de chauffage.

En juin, plus de 250 plantes comestibles ont trouvé un coin pour pousser dans le parc. Fleurs, arbustes et arbres fruitiers de toutes sortes ont été plantés par les habitants du quartier et des alentours. Framboises, prunes, poires, camerises et autres pourront mûrir chaque année. Des employés municipaux ont drainé le terrain pour que le sol puisse bien absorber l’eau.

À la fin août, c’était au tour du four à pain d’être aménagé. Le résidant Steeves Simard a agi comme « chef de chantier ». « C’était la troisième fois qu’il construisait un four à pain de façon traditionnelle, avec son père et son grand-père. Il nous a partagé son savoir ancestral, artisanal », poursuit Véronique Fortin.

Possédant l’expertise pour la construction du four à pain, Steves Simard agissait comme chef de chantier.

Une vingtaine de bénévoles ont mis la main à la pâte... ou plutôt, dans l’argile ! « Des enfants piétinaient la glaise. C’était très rassembleur ! »

Durant la fin de semaine de l’Action de grâce, une première journée de boulange sera organisée dans la communauté. D’ici là, un petit toit doit être installé pour protéger le four, qui devra aussi être chauffé quelques fois pour brûler les résidus de matériaux. « Le but, c’est que le four serve lors des fêtes de quartier, mais qu’il soit aussi accessible à tous les citoyens quand ils en ont besoin. Par exemple, on peut inviter sa famille et faire cuire des tartes ou des pizzas », indique la conseillère municipale.

Une procédure d’utilisation sera élaborée afin de rendre le tout sécuritaire. Le four sera alimenté au bois. La masse de ciment, une fois chauffée, transmet la chaleur pendant un bon moment.

Il n’y a que du positif dans le projet, selon Véronique Fortin, si on fait abstraction d’un épisode de vandalisme pendant le séchage de l’argile. Les citoyens se sont tout de suite organisés pour réparer le bris.

« Nous avons un groupe Facebook, et les gens disent par exemple, je vais aller arroser les plantes ce matin, puis un autre prend le relais le lendemain. Tout le monde peut entretenir le parc, tout le monde peut aller cueillir les fruits dans le verger », décrit la conseillère.

Cette dernière voit ce projet comme un « legs » à la communauté, et il n’est pas restreint au quartier Saint-Pierre. Tous les Almatois peuvent s’impliquer et en profiter.

« Le plaisir, c’est l’ingrédient clé. C’est aussi très valorisant de sentir qu’on produit quelque chose et qu’on développe des compétences. »

Un peu partout dans le parc, des plantes comestibles poussent maintenant et peuvent être cueillies et entretenues par les citoyens.