Me Charles Cantin a discuté longuement avec la Couronne pour éviter la prison ferme à son client.

Un trafiquant au lourd passé s'en tire bien

Un homme qui a déjà passé 74 mois en prison pour l’importation de 500 kilogrammes de cocaïne évite l’emprisonnement. Le Béginois Roger Bourbeau, âgé de 79 ans, est condamné à deux ans moins un jour de prison à purger en collectivité après avoir plaidé coupable à du trafic de cannabis entre octobre 2014 et octobre 2015.

Par le passé, il avait déjà écopé de sentences de cinq, sept et douze années de pénitencier.

Même si le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec, a estimé que la suggestion commune de Me Sébastien Vallée (Couronne) et Me Charles Cantin (défense) semblait clémente, il l’a tout de même entérinée.

Roger Bourbeau a été arrêté le 29 octobre 2015 à la suite d’une enquête policière. Les agents de la Sûreté du Québec le suivaient depuis un certain temps et ont décidé, avec un mandat de perquisition, de passer à l’acte et de l’arrêter.

Ils ont trouvé plus de 420 grammes de cannabis, 15 comprimés d’amphétamine, une égreneuse et une pipe artisanale.

L’individu a immédiatement collaboré avec l’enquêteur au dossier. Il a avoué avoir fait le trafic sur une période de 12 mois, a donné les détails sur la façon dont il se procurait les stupéfiants, le prix qu’il payait et le montant qu’il demandait. 

Dans la suggestion commune, les deux procureurs ont tenu compte de l’âge de l’accusé (il aura 80 ans en octobre), de sa collaboration avec les policiers et de son état de santé (il est diabétique et est en attente d’une opération aux hanches). 

L’individu consommait d’ailleurs de l’amphétamine pour soulager ses douleurs aux hanches.

Durant sa détention en collectivité, il sera assigné à résidence 24 heures sur 24 pour les huit premiers mois, le sera ensuite de 21 h à 7 h pour une autre séquence de huit mois et une dernière de 22 h à 7 h. Il sera sous probation durant trois années.

« Il n’y a rien d’illégal dans la suggestion commune. Quant à la raisonnabilité de celle-ci, la durée de la peine s’inscrit dans la fourchette des sentences pour ce genre de crime », note le juge Simard.

« Je remarque que votre criminalité est de plus en plus tranquille et que le risque de récidive est amenuisé. Je vais donc entériner la suggestion commune », a précisé le magistrat.

Ce dernier a aussi convenu que sans les aveux de l’accusé, il n’aurait pas été facile de prouver les accusations de trafic de stupéfiants.

Roger Bourbeau avait plaidé coupable l’automne dernier et les parties avaient annoncé une suggestion commune en décembre.

Lourd passé

Roger Bourbeau est né en 1938. À l’âge de 16 ans, il a été condamné une première fois pour un vol. Il a reçu une sentence suspendue.

C’est à l’âge de 30 ans qu’il est passé dans les ligues majeures du crime. En 1968, il est condamné à cinq années de pénitencier pour un vol à main armée. 

Sorti peu de temps après, il récidive dans les vols à main armée et écope d’une peine de sept années pour un événement survenu en 1970.

Son fait d’armes le plus spectaculaire remonte à 2005 lorsqu’il a été condamné à 74 mois de détention pour une affaire d’importation de cocaïne. 

Alors âgé de 65 ans, il avait été arrêté en lien avec l’importation de 500 kilogrammes de cocaïne, d’une valeur de 18 millions de dollars. La drogue avait été trouvée sur un voilier au large de la Nouvelle-Écosse, en 2004, à la suite d’une longue enquête. Il avait été arrêté en compagnie de huit autres individus.

En 1984, il a été envoyé au pénitencier pour 12 années pour trafic de stupéfiants et a reçu une sentence de sept années en 2005 pour des crimes similaires.

« Aujourd’hui, M. Bourbeau vit en ermite chez lui. Il est en attente d’une opération. Il est devenu plus calme », a indiqué Me Cantin.