Luc Larouche est membre de la troupe d'amuseurs publics Les Fous du roi. Il s'intéresse aussi à l'histoire militaire et est le fier propriétaire d'un véhicule de reconnaissance Daimler Ferert 1952, en montre au Salon de l'auto.

Un « tank » bien présenté

On le voit habituellement maquillé, en train de jongler ou juché sur des échasses. Mais en fin de semaine, Luc Larouche a troqué son costume d'amuseur public des Fous du roi pour la combinaison militaire. Le fier propriétaire d'un véhicule de reconnaissance Daimler Ferret 1952, l'unique modèle au Québec, n'a pas manqué d'attirer l'attention des visiteurs au Salon de l'auto, samedi.
Luc Larouche a astucieusement marié son intérêt pour l'histoire et les guerres à son amour du théâtre en montant son stand à l'hôtel Le Montagnais. Invité à présenter son singulier véhicule aux visiteurs, il ne voulait pas le stationner là hors contexte. L'artiste a donc installé un décor visant à recréer l'environnement dans lequel le «tank» évoluait à l'époque. Une panoplie d'articles agrémentent le tout, ce qui donne l'impression que le mastodonte de 3,7 tonnes est réellement dans son élément. L'effet est très réussi.
Luc Larouche a acheté ce joujou inusité d'un collectionneur du Lac-Saint-Jean et se plaît à rehausser graduellement son Daimler Ferret de matériel militaire. L'engin, doté d'un moteur Rolls Royce B60 de six cylindres, est entièrement fonctionnel et Luc Larouche aime garder sa machine bien huilée. C'est pourquoi on peut parfois le voir manoeuvrer la bête près de sa résidence d'Arvida.
«Ça fait 18 mois que j'en suis propriétaire et je suis en train de le restaurer. Il provient d'Irlande et a été utilisé par l'ONU. J'y fais très attention et ce que j'aime particulièrement, c'est raconter son histoire», a-t-il expliqué, au cours d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche.
Si Luc Larouche est très fier de lever le voile sur ce secret bien gardé, ce qui le branche véritablement, c'est avoir l'opportunité d'échanger avec le public, particulièrement les amateurs de matériel militaire. Depuis un certain temps, déjà, Luc Larouche cherche un moyen de synchroniser ses deux radios de campagne de façon à ce qu'ils puissent être fonctionnels. Hélas, en dépit de plusieurs tentatives, rien n'y faisait. Tout à fait par hasard, il a rencontré, samedi, un ancien militaire qui partage une passion semblable. C'était la clef de voûte et Luc Larouche pourra bientôt faire relier ses appareils.
Bren Carrier
Luc Larouche possède un autre bijou : un Bren Carrier qui a servi au transport des troupes canadiennes pendant la Deuxième Guerre mondiale.
«Le volant était manquant. J'en avais trouvé un en Australie, mais il coûtait 600$ alors j'ai passé mon tour. Finalement, j'en ai trouvé un à Montréal l'an dernier», résume-t-il. Puisque le Salon de l'auto régional a pour politique de ne jamais montrer les mêmes véhicules deux années consécutives, il se pourrait bien que Luc Larouche revienne avec son Carrier l'an prochain. Et s'il a beaucoup de chance, il pourra recouvrer un autre véhicule du même type qui se trouve quelque part dans une forêt québécoise depuis des décennies. La récupération du véhicule pourrait toutefois s'avérer une opération complexe, de l'aveu du principal intéressé.
Restauration en famille
Les organisateurs du Salon de l'auto de Saguenay, Martin Gauthier et Virginie Hallahan-Pilotte, se réjouissent de la participation à l'événement.
Le Salon de l'auto, c'est avant tout une histoire de passion et de famille. Les promoteurs Virginie Hallahan-Pilotte et Martin Gauthier ont transmis cette passion pour les véhicules à leur progéniture, particulièrement à leur fils, Edward.
À 11 ans, le bambin n'a pas encore son permis de conduire. Depuis l'an dernier, il est toutefois propriétaire d'une camionnette Chevrolet 1952, que ses parents lui ont achetée. Père et fils travaillent ensemble à la restauration du véhicule et se promettent qu'il sera fin prêt et rutilant pour le bal de finissant d'Edward, dans cinq ans.
Cette année, une centaine d'exposants ont érigé un stand au Montagnais pour la 18e édition du Salon de l'auto. De nombreux propriétaires de voitures anciennes ou de motocyclettes, des commerçants et des collectionneurs, prennent part à l'événement régional. Virginie Hallahan-Pilotte souligne que le salon de Saguenay est unique en son genre puisqu'il est le seul à se dérouler dans un hôtel, en dehors du cadre habituel du centre sportif ou de l'aréna. Au Montagnais, l'ambiance est feutrée. Les gens posent les pieds sur du tapis et les lumières sont tamisées.
« Il y a vraiment un engouement et c'est une passion qui n'a pas d'âge. On a la chance d'avoir plusieurs styles en montre et on a vraiment la crème de chaque style », pointe Martin Gauthier, un passionné d'automobiles qui agit comme directeur des ventes chez Chicoutimi Chrysler.
Au Montagnais, l'ambiance est feutrée. Les gens posent les pieds sur du tapis et les lumières sont tamisée
De nombreux propriétaires de voitures anciennes ou de motocyclettes, des commerçants et des collectionneurs, prennent part à l'événement régional.
Sa conjointe note que pour de nombreux exposants, le salon, qui se tient toujours à la même date, représente la première sortie officielle du printemps. Les gens sont fiers de présenter leurs bolides dans toute leur splendeur.
« Cette année, on a même des gens de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay qui viennent parler de formation professionnelle en mécanique automobile et en équipements motorisés. Nous avons environ 50 pour cent de visiteurs qui proviennent de la région et 50 pour cent qui viennent de l'extérieur. On a même eu des gens qui ont fait l'aller-retour Québec-Saguenay hier pour venir au salon », dit Virginie Hallahan-Pilotte.
Le Salon de l'auto est ouvert aux visiteurs jusqu'à 17 h dimanche.