Un service Internet jugé trop lent au Valinouët

La mairesse de Saint-David-de-Falardeau, Catherine Morissette, déplore que le village alpin du Valinouët et plusieurs autres secteurs de la municipalité ne puissent toujours pas bénéficier d’une connexion Internet digne du 21e siècle. La situation nuit aux projets de développement envisagés, estime-t-elle.

Depuis le mois de novembre, en particulier, plusieurs propriétaires des quelque 600 chalets du Valinouët, qui font affaire majoritairement avec Bell, peinent à profiter de la connexion pour laquelle ils paient chaque mois. Le simple téléchargement d’une page Web peut prendre plusieurs minutes, selon les moments de la journée. Impossible alors de travailler à distance ou de télécharger un film la fin de semaine.

« Nous sommes censés avoir au moins 5 Mbit/s, ce qui n’est déjà pas beaucoup, et parfois, on n’arrive même pas à atteindre le 1 Mbit/s. On paie quand même 58 $ par mois pour ça », a-t-elle expliqué, visiblement excédée par le dossier, lors d’une entrevue accordée au Quotidien, dimanche.

À titre comparatif, les secteurs desservis par la fibre optique peuvent obtenir un téléchargement allant jusqu’à 50 Mbit/s, peut-on lire sur le site Internet de Bell.

Les citoyens, exaspérés par la situation, lui ont demandé de prendre le dossier en main. Certains ont décidé d’augmenter leur forfait de données cellulaires pour pallier la situation.

Malgré plusieurs tentatives, la mairesse, qui possède une résidence secondaire au Valinouët, n’a pas été en mesure d’échanger avec un représentant du service à la clientèle de Bell. Le temps d’attente, qui s’est étiré chaque fois, l’a contrainte à raccrocher.

Il est ainsi impossible pour elle, à l’heure actuelle, de savoir si la situation est due à la vétusté des infrastructures ou à un problème technique. « Les citoyens sont à bout. On paie des prix de fou et on n’a rien, on n’a pas de service, a-t-elle déploré. [...] On veut être quatre saisons [au Valinouët] et on veut développer, mais qu’est-ce qu’on peut faire si les gens n’ont pas un accès décent à Internet ? C’est essentiel, aujourd’hui. »

La lenteur de la connexion Internet demeure aussi problématique pour d’autres secteurs du territoire de la municipalité, a expliqué la mairesse. Richard Dubuc, un citoyen du secteur du lac Claire, près du cœur du village, peine par exemple à naviguer sur Internet malgré les visites des techniciens.

« Si j’appelle Bell, on va m’envoyer un technicien, ça, je n’ai jamais eu de problème. Mais j’ai dû faire installer une deuxième ligne téléphonique, parce qu’Internet passe par le téléphone, et j’ai dû m’acheter un “booster” de signal. Le système est désuet », a-t-il expliqué.

Il croit que l’entreprise devrait investir dans un réseau de fibre optique pour desservir la municipalité.

Réaction de Bell

Bell, contactée dimanche par Le Quotidien, devait examiner davantage la situation à Saint-David-de-Falardeau, afin de pouvoir se prononcer. « Bell veille continuellement sur ses réseaux et effectue régulièrement de la maintenance et des mises à jour afin de s’assurer que les clients reçoivent le meilleur service Internet possible dans leur région », a indiqué la gestionnaire principale relations médias, Vanessa Damha, par courriel, en fin de soirée.