André Boudreault possède 72 vinyles d'Elvis dans sa collection.

Un secret bien gardé

Plusieurs connaissent André Boudreault le bénévole, impliqué dans le milieu sportif. Mais peu connaissent André Boudreault le collectionneur. Le Baieriverain cache un véritable trésor au sous-sol de sa résidence. Une collection de plus de 62 000 vinyles.
André Boudreault est un homme de passion. Le responsable de la ligue de hockey du matin à La Baie s'investit bénévolement dans diverses causes. Le sport et la généalogie occupent une place importante dans sa vie.
Mais la musique et la danse le passionnent aussi.
Tout a commencé en 1963, lorsqu'il s'est procuré un long-jeu d'Elvis, à l'âge de 18 ans. Depuis, il accumule les vinyles.
Aujourd'hui, le sous-sol de la résidence familiale regorge de 33 tours et de 45 tours. Des pièces qui datent de 1925 à aujourd'hui. Des étagères meublent tous les murs de la pièce principale. Les vieux disques s'y entassent, classés par ordre alphabétique et par provenance. Le sexagénaire s'en est procuré plusieurs. Mais il a aussi reçu certains dons. «Des gens se débarrassent de leurs disques. Mais ils ne savent pas qu'ils ont de belles pièces», estime-t-il.
Évidemment, Elvis et les Beatles occupent une place importante de sa collection.
«J'ai 72 longs-jeux d'Elvis. C'était notre idole dans le temps», explique celui dont le 78 tours "cassable" One Night With You du King figure parmi les plus belles pièces. «Un jeune me l'a vendu. Il en avait hérité de sa grand-mère», raconte-t-il.
La collection d'André Boudreault compte certaines pièces extrêmement rares.
«Souvent, la pochette vaut plus cher que le disque lui-même», affirme-t-il. «Les disques peuvent être copiés, mais les pochettes originales, non.»
Mais de tous les vinyles, ce sont ceux de Roy Orbison qui ont le plus joué au fil des ans chez les Boudreault. «Sa voix, ses chansons, c'était notre préféré", confie-t-il, appuyé par sa conjointe Louise Boudreault qui partage sa passion.
Heureusement d'ailleurs que la dame apprécie la musique, puisque pour entendre encore et toujours ses pièces, André Boudreault dispose de différents instruments qui occupent une partie de l'espace de la résidence. Un gramophone 1925, un jukebox Seeburg 1956, un appareil pour huit pistes, un meuble tourne-disque, deux tables tournantes, des consoles pour MP3 et une radio ondes courtes 1945 sont installés au sous-sol.
Mais André Boudreault accorde peu d'importance à la valeur monétaire de ses avoirs. «Je ne connais pas la valeur pécuniaire de tout ça. Ce sont des choses qui me touchent. C'est ma jeunesse, mon mariage, mes enfants. C'est toute notre vie. Tout ça a plutôt une valeur sentimentale.»
La musique sert de trame de fond au quotidien de la famille Boudreault depuis toujours. Traditionnel, pop, rétro, instrumental, les styles variés d'hier et d'aujourd'hui ont ponctué les événements des 50 dernières années.
«On était une famille de 12 enfants. On a toujours aimé la musique. On a toujours fait des partys pour danser. J'ai aménagé mon sous-sol comme une discothèque. Tout a été pensé pour écouter la musique et danser», confirme M. Boudreault.
Si les grandes fêtes se font moins nombreuses, le couple aime toujours se faire bercer au son des instruments. «On danse encore, tous les deux dans le sous-sol», affirme l'homme en jetant un regard complice à sa femme.
Les trois enfants du couple ont aussi grandi au son de la musique. «Encore aujourd'hui, quand ils arrivent à la maison, après nous avoir salués, ils descendent les escaliers pour écouter de la musique», raconte l'homme avec fierté.
D'ailleurs, André Boudreault compte bien léguer sa collection à ses enfants. "Ça ne sera jamais à vendre. Ça va aller à un de mes enfants», conclut-il.