Jean-François Saint-Gelais mentionne que les médias de Grande-Bretagne ont pris d’assaut la couverture du Brexit, faisant ressortir les émotions très vives qui bercent le pays depuis que la séparation a été annoncée.
Jean-François Saint-Gelais mentionne que les médias de Grande-Bretagne ont pris d’assaut la couverture du Brexit, faisant ressortir les émotions très vives qui bercent le pays depuis que la séparation a été annoncée.

Un Saguenéen au coeur du Brexit

Chargé de cours de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Jean-François Saint-Gelais est au cœur d’une expérience qu’il ne revivra pas de si peu. En Grande-Bretagne depuis le 2 janvier pour suivre des cours d’anglais, il est aux premières loges du Brexit, la séparation de la Grande-Bretagne du reste de l’Union européenne (UE), qui s’est fait vendredi.

« Le fait d’être là le jour où la Grande-Bretagne est sortie de l’Union européenne, je suis un sacré veinard ! », lance M. Saint-Gelais d’entrée de jeu. S’il insiste pour dire que personne n’est en mesure de déterminer si le Brexit sera un succès ou un échec pour la Grande-Bretagne, Jean-François Saint-Gelais souligne qu’il s’agit néanmoins d’un moment très émotif pour les citoyens britanniques.

« C’est vraiment une déchirure. À date, ç’a été très émotif. C’est une orgie d’émotions. Pour certains, c’est une euphorie, alors que pour d’autres, c’est un cauchemar. Les gens à qui j’ai parlé, ceux qui sont pour le Brexit ont carrément la foi, ils croient au projet. Les opposants, eux, sont convaincus que ça sera une catastrophe. »

Il ajoute qu’il sera intéressant d’observer la suite, puisque l’Union européenne a souvent été le bouc émissaire de la Grande-Bretagne : « Peu importe le sujet, ça va être intéressant de voir comment ça va évoluer. »

M. Saint-Gelais demeure par ailleurs très sceptique quant à la volonté du premier ministre britannique, Boris Johnson, de vouloir régler les négociations entourant la transition en seulement 11 mois. « C’est une séparation qui a pris trois ans et demi. C’est un chaos politique, rappelle Jean-François Saint-Gelais. C’est comme si un divorce prenait trois ans et ensuite, on pense qu’en 11 mois, on va arriver à déterminer qui prend quoi et comment ça marche. Tout est à renégocier : commerce, sécurité, droits de pêche, etc. »

Il souligne au passage avoir assisté à une véritable « explosion médiatique » entourant la séparation officielle de la Grande-Bretagne.

Jean-François Saint-Gelais trouve particulièrement intéressant le sort qui sera réservé l’Écosse. « C’est intéressant parce qu’ils disent qu’ils ont dû quitter l’Union européenne contre leur gré. »

Racisme, peur et attentat

Alors que plusieurs intervenants médiatiques, politiques et sociaux ont qualifié le Brexit de vote raciste anti-immigration, Jean-François Saint-Gelais n’est pas aussi prompt à faire un tel rapprochement. « C’est épouvantablement triste de voir que certains voient l’immigration comme le nouveau fléau de l’humanité, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit [d’une accusation d’un groupe envers un autre]. C’est déplorable, mais c’est un rapprochement parfois douteux, comme si le respect d’autrui était propre aux gens qui acceptent de faire partie de fédérations. »

Il mentionne également ne pas voir de liens entre le récent attentat à Londres et le discours anti-immigration entourant le Brexit. « Il y a des gens qui font des appels à la peur. C’est un outil politique. On a façonné une espèce d’image du terroriste, qui est une certaine nationalité, un certain physique, mais je ne ferais pas de lien entre ce qui s’est passé à Londres [samedi] et le Brexit. »

Jean-François Saint-Gelais admet également que l’attentat n’a pas fait de vagues dans son cercle de connaissances. « Ç’a été discuté, mais ça n’a pas vraiment été le sujet du jour avec mes amis. »