Julia, le robot de téléprésence, a permis à 11 étudiants de partout au Québec de visiter les bureaux de Chicoutimi de la firme Raymond Chabot Grant Thornton.
Julia, le robot de téléprésence, a permis à 11 étudiants de partout au Québec de visiter les bureaux de Chicoutimi de la firme Raymond Chabot Grant Thornton.

Un robot pour séduire les jeunes chez Raymond Chabot Grant Thornton

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Julia, un robot de téléprésence, était de passage aux bureaux de Chicoutimi de Raymond Chabot Grant Thornton, mercredi, afin de permettre à des étudiants universitaires de visiter leurs locaux situés dans l’immeuble Cegerco. Le but de l’exercice: faire du recrutement, chose difficile en temps de COVID-19.

La firme spécialisée dans les domaines de la certification, de la fiscalité, des services-conseils et du redressement d’entreprises a fait preuve d’innovation, au cours des dernières semaines, avec l’acquisition de cinq robots de téléprésence, des appareils contrôlables à distance qui fonctionnent avec une tablette pour faire comme si vous étiez présent, afin de faire visiter leurs bureaux un peu partout en province, une première au Québec.

Pour le vice-président régional de la firme, Éric Dufour, la présence de Julia est une occasion unique de faire un pas vers l’avenir, mais aussi pour faire la rencontre d’étudiants qui, dans un avenir rapproché, pourraient venir pallier au manque d’effectifs.

« C’est une belle initiative technologique. Ça donne une image positive de notre organisation. L’objectif est de donner l’accès au plus de monde possible. La pénurie de main-d’œuvre, c’est un problème plus grand qu’on pense et contrairement à ce qu’on pourrait croire, la pandémie n’a pas aidé. La nôtre est demeurée la même et notre région doit vivre ce même défi-là. »

Avec les mesures sanitaires en place, il était plus difficile pour les jeunes de venir visiter en personne les locaux. Avec Julia, la firme peut conserver une certaine proximité avec les candidats, chose qui n’est pas possible au téléphone. « Il y a des étudiants de partout qui peuvent visiter nos bureaux, sans avoir à se déplacer et en respectant les mesures sanitaires. On veut que tout le monde soit égal et atteindre le plus de candidats possible, parce que recruter, ce n’est pas facile. »

Le journaliste du <em>Quotidien</em> a essayé le robot de téléprésence pour faire le tour des bureaux et discuter avec les employés, dans ce cas-ci avec Véronique Picard.

Des jeunes ravis

Les avancées technologiques font bien souvent le bonheur des plus jeunes générations. Ils sont 11 étudiants à avoir participé à tour de rôle à la visite, mercredi. Anne-Renée Michaud, étudiante de troisième année à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), a particulièrement apprécié l’expérience.

« J’ai trouvé ça innovant. C’était unique. J’ai vu ça dans une série sur Netflix, mais je ne pensais même pas que ça existait pour vrai. Peut-être pour le monde “hot” aux États-Unis, mais pas ici à Chicoutimi. C’est une bonne alternative à ne pas pouvoir être sur place. J’avais vraiment l’impression d’être là, assise près des gens. L’année prochaine, ça va être quoi, on va pouvoir toucher aux gens? C’est fou, on dirait que ce n’est pas réel », a raconté la jeune étudiante qui a terminé sa visite en discutant avec le journaliste du Quotidien, via le robot.

Même son de cloche chez les employés, alors que le projet a été bien reçu. « Les jeunes peuvent voir qu’on a de très beaux bureaux. Ça leur permet aussi de parler avec les ressources ici et d’en apprendre davantage sur le milieu de travail, de découvrir des choses qu’on ne sait peut-être pas et que la seule façon de le savoir, c’est de parler avec les gens d’ici », a commenté Karina Tremblay.

« C’est très spécial et ça offre une dynamique différente. C’est peut-être un peu plus dur d’établir le lien et de les faire parler, mais ça leur donne l’occasion de se faire valoir et de voir l’environnement de travail », a pour sa part noté Véronique Picard.

De son côté, M. Dufour croit que l’idée était excellente, étant donné que la cible du projet était les jeunes. « Les jeunes sont prêts pour ça. Si tu parles à quelqu’un de plus âgé, peut-être qu’il va te dire que ça manque le petit côté du contact humain, mais les jeunes sont habitués à ça, tout se fait comme ça maintenant. Je dirais même qu’ils sont séduits par ça. »

Le vice-président régional, Éric Dufour, croit que cette innovation permettra à sa firme de faire bonne impression chez les jeunes, ce qui aidera au recrutement.

Jeudi, la firme participera à un salon virtuel où plusieurs entreprises pourront discuter avec les futurs travailleurs. Pour ce qui est de Julia, le petit robot pourra servir à de nombreux autres usages, au cours des prochaines années.

« Cette technologie va aussi pouvoir servir pour nos clients. Je suis convaincu qu’il y a des clients qui vont avoir besoin de notre présence, d’une proximité qu’on n’a pas au téléphone. Nos robots vont donc pouvoir atteindre une certaine clientèle pour offrir des services. On n’est pas rendu-là, mais ça s’en vient », prévoit M. Dufour.