Le terrain de Jean-Marc Crevier est dans un état lamentable depuis qu’un automobiliste probablement sous l’effet de l’alcool a raté une courbe et terminé sa course contre un arbre situé près de sa maison

Un réveil brutal

Le conseiller municipal Jean-Marc Crevier et sa conjointe ont été brusquement réveillés au milieu de la nuit de jeudi à vendredi. Un automobiliste possiblement sous l’effet de l’alcool a détruit une partie du terrain du couple situé au 2836 rang Mathias, dans le secteur d’Arvida, avant de foncer dans leur voiture et de terminer sa course contre un arbre sur leur terrain.

Le couple dormait paisiblement quand deux gros bruits les ont réveillés subitement. La force du bruit a fait craindre le pire au conseiller municipal du district 6, à Saguenay, qui a même cru un moment qu’une voiture avait pu foncer dans sa maison. « Ç’a été tout un impact. Ça réveille terriblement mal. Tout s’est passé très vite. Je pensais que quelqu’un était mort. »

Jean-Marc Crevier est sorti de la maison et a crié afin de voir si la personne allait répondre.

« Le conducteur avait l’air ébranlé. Il m’a répondu qu’il était correct. Il cherchait ses papiers », raconte le conseiller.

Les ambulanciers sont arrivés quelques minutes plus tard et ont transporté l’individu d’une trentaine d’années vers le centre hospitalier, où il a été soigné pour des blessures mineures, malgré le fait que l’accident se soit produit à haute vélocité.

De son côté, Jean-Marc Crevier ne pouvait que constater l’ampleur des dégâts. Le terrain du conseiller est dans un état lamentable.

L’automobile a arraché entre 150 et 200 pieds de clôture. Il a percuté une des deux voitures stationnées dans l’entrée du couple, où se trouvait également une roulotte. « On devait partir en vacances vendredi matin », explique le conseiller. Il a terminé sa course une trentaine de pieds plus loin contre un arbre.

« La voiture a été brisée. Ça, ce n’est pas grave. Elle sera réparée ou remplacée. Mais toutes les fleurs ont été fauchées. Les hydrangées en fleurs plantées depuis 15 ans ont été arrachées. La clôture aussi », énumère-t-il.

Jean-Marc Crevier affirme que les policiers sont demeurés sur place pendant au moins deux heures. « Ils m’ont confirmé que la boisson est en cause. J’espère que ça va le dompter. On est chanceux qu’il n’y ait pas eu de mort. »

Le conseiller affirme que ce n’est pas le premier incident à survenir à cet endroit. Il dénonce d’ailleurs la vitesse dans le secteur. « Les gens ne respectent pas la vitesse. Dans le détour, la vitesse est de 55km/h. Personne ne la respecte. Il ne faut pas attendre que quelqu’un se fasse tuer. »

C'est le cinquième accident à survenir sur le terrain de Jean-Marc Crevier

Très tôt vendredi matin, il a téléphoné à son collègue Jonathan Tremblay, conseiller du secteur. Il lui a demandé de venir constater les dégâts, ce qu’il a fait rapidement.

« L’idée d’installer une clôture de métal comme sur les routes a été amenée il y a quelques années. Ma conjointe n’était pas en faveur, mais là, on en a reparlé et s’il le faut, c’est ce qu’on va demander. Ça aurait été moins dangereux pour le conducteur et pour nous. Il faut trouver une solution. »

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UN CAMELOT DU QUOTIDIEN L'A ÉCHAPPÉ BELLE

Il s’en est fallu de peu pour que l’accident survenu dans le rang Mathias à Arvida prenne une tournure dramatique. Quelques minutes plus tard, le camelot du Quotidien se trouvait exactement à l’endroit de l’impact. 

Rapidement après l’accident, une voiture s’est immobilisée tout près. Edouard Nativel, camelot du Quotidien, en est sorti et est accouru vers la victime afin de lui porter secours. Quelques secondes plus tard et ce bon Samaritain aurait pu devenir une victime. 

Le jeune homme de 27 ans, originaire de l’île de la Réunion, a repris il y a deux mois le circuit dont il était responsable il y a un an. Vendredi matin, un peu après 3h, il s’apprêtait à livrer Le Quotidien au conseiller Jean-Marc Crevier lorsqu’il s’est aperçu de quelque chose d’anormal. 


Edouard Nativel a été un des premiers témoins de l'accident

«J’ai été surpris de voir que la boîte aux lettres n’était pas à son emplacement habituel. Il y avait des choses déplacées sur le terrain, j’ai pensé qu’il y avait des travaux.»

Le jeune homme installé à Saguenay pour poursuivre ses études a aperçu le véhicule accidenté sur le terrain. 

«Ça venait juste d’arriver. Le propriétaire venait de sortir», raconte-t-il. 

«Il a vraiment bien réagi, plus vite que moi, souligne Jean-Marc Crevier. Il a stationné sa voiture, a mis ses clignotants et a porté assistance à la victime.»

Le jeune homme a vite vérifié l’état du conducteur. «Il était bien réveillé. Il cherchait son porte-feuille. Il est sorti lui-même du véhicule. La portière était ouverte. Il avait l’air sous le choc, mais les dommages étaient plus matériels.» 

Edouard Nativel est demeuré sur place quelques minutes jusqu’à l’arrivée des policiers. Il a ensuite poursuivi sa route, afin de livrer ses journaux. 

Il confirme toutefois qu’il n’a pu s’empêcher de penser à ce qui aurait pu arriver s’il avait livré le journal du conseiller quelques secondes plus tôt. 

«Mon véhicule aurait pu être placé à l’endroit même où il est passé. Je dois sortir de ma voiture pour livrer le journal et la boîte aux lettres a été projetée plusieurs pieds plus loin.»

Jean-Marc Crevier pense lui aussi à ce qui aurait pu se produire. 

«Le conducteur est passé exactement où le camelot aurait été. Il aurait pu se faire tuer», confirme le conseiller.