Cégep de Jonquière
Cégep de Jonquière

Un retour en classe complexe pour les cégeps et l’université

Les établissements d’enseignement supérieur du Saguenay-Lac-Saint-Jean bravent la tempête depuis mars. Auront-ils moins d’étudiants à la rentrée ? Moins d’argent ? Tous les scénarios sont sur la table.

Plusieurs étudiants ne comptent pas revenir à la session d’automne. « Il y en a beaucoup, affirme explique Jérémy Legallais, vice-coordonnateur de l’Association étudiante du Cégep de Jonquière. Personnellement, c’est ce que j’aurais fait, mais comme je suis étranger, je ne peux pas. »

Les quatre cégeps du Saguenay-Lac-Saint-Jean et l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) sont donc dans l’incertitude. Depuis mars, c’est le branle-bas de combat. Mise sur pied de comités, demandes pour la recherche, admission de nouveaux étudiants : ils ont du pain sur la planche.

Si les étudiants reviennent en moins grand nombre, les revenus diminueront. « Il faudra voir l’ampleur [de la baisse de revenus], explique Marie-Karlynn Laflamme, directrice du service des communications à l’UQAC. Pour l’instant, c’est difficile à chiffrer. »

L'Université du Québec à Chicoutimi

Selon un sondage publié par l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université au début du mois de mai, le tiers des étudiants canadiens envisagent de ne pas se réinscrire au cégep ou à l’université à l’automne. Le manque de revenus et la difficulté à apprendre en ligne étaient les principales causes de ce désengagement.

Pour l’instant, les établissements d’enseignement du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’ont pas constaté de baisse. À l’UQAC, le nombre de personnes inscrites est le même que par le passé, se chiffrant à 3587 étudiants.

Mais la situation pourrait changer en septembre. « Tant qu’ils ne sont pas venus chercher leur horaire et payer leurs frais, on reste dans l’incertitude », affirme Éric Émond, directeur des communications au Cégep de Chicoutimi. En attendant, les établissements font leur possible pour rassurer les étudiants et préparer la rentrée.

Le Collège d'Alma

Des étudiants inquiets

Cet hiver, les associations étudiantes de la région ont été submergées par une vague d’appels. Ils ont constaté que les étudiants ne raffolent pas des cours en ligne. « Il y en avait beaucoup qui disaient que ça n’avait pas de sens, explique Jérémy Legallais. Certaines personnes n’ont pas des conditions de travail optimales chez eux. »

Afin de rassurer les inquiets, les directions communiquent fréquemment avec leurs étudiants. Le Cégep de Chicoutimi a appelé personnellement chaque étudiant pour prendre des nouvelles et répondre aux questions. À Jonquière, le collège est entré en contact avec tous les nouveaux admis.

Ceux qui arrivent du secondaire sont plus nerveux qu’à l’habitude, remarque Sylvie Prescott, directrice générale du Cégep de Saint-Félicien. « Ils ont peur de ne pas avoir leurs préalables, explique-t-elle. On va prévoir de la mise à niveau et travailler pour leur donner des acquis. »

Malgré les obstacles, les associations étudiantes restent optimistes. « Je pense que tous les étudiants devraient laisser une chance à la session, quitte à se retirer avant la date limite d’abandon, explique Émile Simard, président de l’Association étudiante du Cégep de Chicoutimi. Il est encore tôt pour prendre une décision. »

Et le portrait n’est pas totalement sombre. L’UQAC a enregistré une augmentation dans le nombre d’inscriptions d’étudiants québécois.

À Saint-Félicien, Sylvie Prescott a remarqué une légère augmentation dans le domaine des soins infirmiers.

Cégep de Chicoutimi

Étudiants internationaux

Les étudiants internationaux seront moins nombreux à débarquer au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour la session d’automne. Plusieurs d’entre eux débuteront leurs cours en ligne avant de pouvoir prendre l’avion pour le Québec.

Le Cégep de Saint-Félicien prévoit recevoir la moitié moins de nouveaux étudiants internationaux. Ils perdront donc 125 des 250 étudiants qui devaient arriver cet automne. « Les admissions allaient bien, on dépassait le nombre prévu, mais avec la COVID et la difficulté d’avoir les papiers, le nombre diminue », explique Sylvie Prescott.

À Saint-Félicien, un étudiant sur quatre provient de l’étranger. Cette baisse d’inscriptions pose un problème pour le financement de l’établissement. Le cégep espère obtenir de l’aide du gouvernement pour éponger ce déficit.

Certains programmes seront plus durement touchés que d’autres : 15 % des étudiants en Technique en milieu naturel du Cégep de Saint-Félicien proviennent de l’étranger.

La semaine dernière, l’île de la Réunion a mis ses programmes d’échange sur pause. Quelques dizaines d’étudiants par établissement provenaient de cette île du Pacifique.

L’UQAC accueille chaque année 1800 étudiants sur son campus en Chine. Depuis le début de la pandémie, tous les cours sont donnés en ligne. « La Chine nous a demandé qu’il n’y ait pas de délais dans la diplomation », explique Marie-Karlynn Laflamme.

Ce sera à l’automne que les établissements du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourront voir dans quelle mesure leurs craintes se seront concrétisées.