Jean Vigneault, au centre à l'avant-plan, fait partie de la délégation venue prêter main-forte au personnel hospitalier régional.
Jean Vigneault, au centre à l'avant-plan, fait partie de la délégation venue prêter main-forte au personnel hospitalier régional.

Un retour aux sources pour prêter main-forte

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
Jean Vigneault est du nombre des 11 employés dépêchés en renfort de Montréal pour prêter main-forte à l’hôpital de Chicoutimi, où la deuxième vague de la COVID-19 frappe fort. Originaire de Kénogami, le préposé aux bénéficiaires n’a pas hésité à rentrer chez lui, le temps d’une mission des plus importantes.

Il ne les connaît que depuis quelques jours, mais déjà, il sait que ses nouvelles collègues de travail disposent de « nerfs d’acier ». La plupart d’entre elles ayant reçu un diagnostic positif de COVID-19 dans les derniers mois, mais étant revenues au combat depuis.

C’est « le sourire aux lèvres » et les bras ouverts que le personnel de l’hôpital de Chicoutimi a accueilli la nouvelle dizaine d’employés, provenant surtout de l’Institut de Cardiologie de Montréal (ICM). Six préposés aux bénéficiaires et cinq infirmières, pour être exact.

Et ces derniers ne chôment pas. Jean Vigneault est pour l’instant affecté à l’unité coronarienne, mais sa collègue, oeuvrant déjà en zone chaude, n’aura mis que quelques heures avant de devoir emballer un premier patient, décédé des suites du virus.

Ce retour aux sources était tout naturel pour celui qui exerce son métier de préposé aux bénéficiaires depuis près de 38 ans. Sans hésitation, il s’est porté volontaire auprès de l’ICM, et se dit prêt à prolonger son séjour au Saguenay-Lac-Saint-Jean si la situation l’exige.

Jean Vigneault, au centre à l'avant-plan, fait partie de la délégation venue prêter main-forte au personnel hospitalier régional.

« Moi je me sens comme quelqu’un qui est parti à la guerre. On a quelque chose à combattre, qui est très important et qui est très sérieux. Il va falloir que ça finisse un jour. Ça va finir, mais ça va prendre du temps et il faut vraiment être prudent. »

La délégation montréalaise est arrivée le 24 novembre en sol saguenéen. Dès son entrée en poste le lendemain, elle a fait la rencontre d’un personnel « bien préparé ». Jean Vigneault explique toutefois, un sourire dans la voix, que ses nouveaux collègues ne semblent pas prêts à les voir partir de sitôt.

Ce qui explique peut-être pourquoi leur séjour, devant initialement s’étendre sur deux semaines, se prolongera finalement pour une troisième.

« Nous, on va rester tant et aussi longtemps qu’ils veulent nous garder. Pour moi, travailler ici ou travailler à Montréal, ça m’importe peu. C’est sûr qu’il fait un petit peu plus froid ici qu’à Montréal (rires), il y a plus de neige, mais ce n’est pas bien grave. »