Le promoteur Jean-Michel Tremblay croit que l’arrondissement de Chicoutimi optera pour un référendum concernant l’implantation d’un complexe locatif doté d’une station-service à Laterrière. D’ici là, il a l’intention de continuer d’expliquer le bien-fondé de son projet à la population locale pour la convaincre d’y adhérer.

Un référendum demandé à Laterrière

Quarante-neuf citoyens se sont déplacés, lundi, pour signer le registre ouvert par Saguenay dans le dossier d’implantation d’un complexe locatif de 24 000 pieds carrés à Laterrière et ainsi réclamer la tenue d’un référendum. La nouvelle construction serait dotée, entre autres, d’une station-service, d’une clinique, d’un dépanneur, d’un lave-auto, d’une salle de réception et d’espaces à bureaux.

Le nombre minimal de signatures requis était fixé à 39. Comme l’a précisé la greffière de la Ville, Caroline Dion, rencontrée peu après la fermeture du registre, il reviendra donc aux élus du conseil d’arrondissement de Chicoutimi de décider, en janvier, s’ils souhaitent la tenue d’un référendum sur la question ou s’ils retirent simplement le règlement, ce qui sonnerait le glas du projet. Tout indique que l’option du référendum sera choisie. C’est du moins ce que pressent le promoteur, Jean-Michel Tremblay, qui souhaite investir 7 millions $ dans cette portion du boulevard Talbot. Il croit que l’érection du complexe procurerait de l’emploi à une cinquantaine de personnes.

Rencontré à l’ancien hôtel de ville de Laterrière, où il attendait les résultats, Jean-Michel Tremblay a rappelé qu’environ 270 personnes pouvaient s’exprimer. Il estime donc qu’autour de 220 contribuables ne se sont pas déplacés et que ces citoyens pourraient très bien se montrer favorables au projet.

Au moment de son annonce, le projet de Jean-Michel Tremblay et de son associé a été décrié par l’homme d’affaires Éric Larouche, propriétaire de l’entreprise RL Énergies, anciennement Pétroles RL. La compagnie détient une station-service dans le secteur.

Nutrinor, qui exploite également un poste d’essence à Laterrière, s’est elle aussi inscrite en faux contre l’arrivée d’un troisième joueur. Les dirigeants des deux compagnies croient que l’implantation d’un nouveau commerce aurait un impact négatif sur leurs chiffres d’affaires et estiment que cette façon de faire va à l’encontre des principes du développement local et durable.

Jean-Michel Tremblay est en désaccord complet avec ces prétentions, lui qui détient une étude de marché qui démontrerait de façon très claire que son projet est nécessaire et désiré par la communauté laterroise, laquelle est formée d’environ 7000 personnes.

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«UN CONFLIT D'INTÉRÊTS FLAGRANT»

Le promoteur Jean-Michel Tremblay croit qu’il est grand temps que quelqu’un fasse la lumière sur le « conflit d’intérêts flagrant » dans lequel se trouve Éric Larouche, le propriétaire de RL Énergies, lui qui siège au conseil d’administration de la société de développement économique Promotion Saguenay, financée par la Ville.

« On a quelqu’un qui siège à Promotion Saguenay et qui demande l’annulation d’un projet qui serait créateur d’emplois parce qu’il a une entreprise dans le secteur. On lui a laissé sa chance. Il va falloir qu’il choisisse sa chaise. En ce moment, il marche sur une ligne très mince », opine-t-il.

Jean-Michel Tremblay et son associé pensent que les « voisins corporatifs » ont milité négativement contre leur projet en brandissant le spectre de la perte d’emplois provoquée par l’avènement de la concurrence.

« Ils disent qu’ils ont peur qu’il y ait des pertes d’emplois, mais ce sont eux qui vont la créer cette perte d’emplois en empêchant notre projet, qui viendrait en créer 50, de se réaliser. Pour Laterrière c’est majeur. On connaît très bien les besoins, on est dans la communauté et on vit les manques. Et en 2018, il n’y a pas un financier ou une institution qui va investir une cent dans un projet si ce projet doit tuer un compétiteur pour vivre », a martelé Jean-Michel Tremblay. Du même souffle, il précise que lui et son partenaire ont eux-mêmes fait leur porte-à-porte pour mousser leur dossier aux citoyens de Laterrière, tandis que les autres auraient envoyé des messagers.

« Les gens doivent être conscients de ce qu’ils font en protégeant une personne qui n’a rien fait de plus pour les services complémentaires à Laterrière depuis 50 ans », affirme celui qui a sursauté lorsqu’il a appris, par l’entremise des médias, quatre jours avant l’ouverture du registre par Saguenay, que RL Énergies souhaitait moderniser sa station-service du boulevard Talbot en y ajoutant des bornes de recharge électrique, de la restauration rapide et un lave-auto.

Jean-Michel Tremblay a l’intention de continuer de rencontrer la population de son secteur pour expliquer les tenants et aboutissants de son projet et les convaincre de son bien-fondé.