Le vice-recteur aux partenariats de l’UQAC, Alexandre Cloutier, et les professeurs Salmata Ouedraogo et Khadiyatoulah Fall ont fait le point sur la dernière mission en Afrique, où ils ont participé à des opérations de recrutement en plus d’une cérémonie de remise de diplômes en compagnie de la directrice du Bureau de l’international, Guylaine Boivin.
Le vice-recteur aux partenariats de l’UQAC, Alexandre Cloutier, et les professeurs Salmata Ouedraogo et Khadiyatoulah Fall ont fait le point sur la dernière mission en Afrique, où ils ont participé à des opérations de recrutement en plus d’une cérémonie de remise de diplômes en compagnie de la directrice du Bureau de l’international, Guylaine Boivin.

Un recrutement accru à l'UQAC

L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) entend accentuer ses efforts pour recruter des étudiants en Afrique francophone afin de soutenir sa croissance et solidifier sa vocation internationale, tant par la délocalisation de l’enseignement que par l’accueil des étudiants étrangers.

Le vice-recteur aux partenariats de l’UQAC, Alexandre Cloutier, a dirigé, au cours des dernières semaines, une délégation en Côte d’Ivoire et au Sénégal dans le cadre d’une activité de recrutement soutenue par le gouvernement canadien.L’UQAC a ainsi eu l’occasion de vendre sa différence au sein d’un groupe d’universités québécoises qui voient aussi dans le continent africain comme un marché intéressant pour augmenter leur clientèle.

« Avec la situation démographique de la région, nous voulons faire des efforts pour attirer la clientèle internationale », avance le vice-recteur, tout en rappelant que 6500 étudiants à temps complet fréquentent l’UQAC, dont 1500 proviennent de l’extérieur du Canada.

L’UQAC ne part pas de zéro sur le continent africain. L’université a déjà ses antennes avec un partenariat d’enseignement à l’Institut africain de management (IAM). L’institut, fondé par un diplômé en génie de l’UQAC il y a plusieurs années, offre des cours de second cycle et les professeurs du campus de Chicoutimi se rendent régulièrement en Afrique pour y donner des cours.

La délégation de l’UQAC a participé à une cérémonie de remise de diplômes de l’institut à 30 étudiants qui terminaient leur formation. L’événement, diffusé sur les réseaux sociaux africains, a soulevé beaucoup d’intérêt avec la présence à la cérémonie de 250 ex-diplômés de l’UQAC, dont plusieurs ont complété leur formation au campus de Chicoutimi dans le passé.

Tout le volet de partenariat avec l’IAM est sous la responsabilité de la professeure Salmata Ouedraogo. Cette enseignante originaire du Burkina Faso veille à la qualité de la formation offerte à l’institut. Elle soutient que les jeunes Africains et les parents se tournent maintenant vers l’Amérique du Nord en raison de la qualité de la formation académique. Les étudiants africains, qui historiquement optaient pour les universités françaises, n’hésitent plus aujourd’hui à se tourner vers le Canada, même si les frais de scolarité sont plus élevés.

La professeure Ouedraogo ajoute que l’Afrique a changé et compte aujourd’hui sur une nouvelle classe moyenne en émergence. Ce qui aura en bout de ligne un impact sur les besoins en formation universitaire ainsi que dans tout le secteur de la recherche.

En plus de la formation offerte à l’institut, l’UQAC lorgne tout le secteur de la formation continue en Afrique. La directrice du Bureau de l’international de l’université, Guylaine Boivin, assure qu’il y a un besoin pour ce volet éducatif puisque l’économie africaine, malgré l’instabilité dans certains pays, est en croissance.

Au cours de la mission, les représentants de l’UQAC ont participé à deux activités plus formelles de recrutement. Ils ont rencontré pas moins de 1000 Africains en Côte d’Ivoire et au Sénégal. De ce nombre, 760 ont démontré de l’intérêt pour l’Université du Québec à Chicoutimi.

Les représentants de l’UQAC sont évidemment satisfaits du résultat. Mais ils sont aussi conscients que la route peut parfois être longue entre l’intérêt et une inscription au campus de Chicoutimi.

Selon Guylaine Boivin, les étudiants africains doivent obtenir un visa afin de s’installer au Saguenay. L’université apporte son aide pour les démarches d’immigration, mais ce sont les fonctionnaires des gouvernements fédéral et provincial qui ont le dernier mot.

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UNE INSTITUTION DE PROXIMITÉ

L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) est présentée à la clientèle internationale comme une institution de proximité où il est facile, pour les étudiants, de s’intégrer à la communauté dans un environnement sécuritaire tout en bénéficiant d’un enseignement de qualité.

Selon le professeur sénégalais Khadiyatoulah Fall, il y a certaines ressemblances entre l’Afrique francophone et la région. Il assure que la proximité qui caractérise le milieu saguenéen est aussi un phénomène que l’on retrouve en Afrique et qui attire les jeunes. La présence de professeurs africains au Saguenay est aussi un élément qui rassure les étudiants étrangers quand ils mettent les pieds sur le campus.

« Quand les parents nous téléphonent, ils s’informent sur le milieu où leur enfant va se retrouver. Il y a eu des événements en Amérique avec des Noirs. Dans la région, nous sommes dans un milieu sécuritaire », insiste le professeur qui a aussi souligné que l’accent mis sur la notion de partenariat avec le gouvernement du Sénégal est une approche appréciée en Afrique.

Depuis des années, l’UQAC exporte principalement de la formation dans les sciences administratives. Khadiyatoulah Fall et sa collègue, Salmata Ouedraogo, affirment que l’Afrique a aujourd’hui besoin de formation dans d’autres domaines. Il y a en ce moment dans certains pays de l’Afrique francophone un vent de décentralisation, un domaine d’expertise pour l’UQAC.

Les Africains qui choisissent de venir étudier au Québec doivent faire des sacrifices importants. Un étudiant québécois doit débourser 2000 $ en frais de scolarité pour une session alors que l’Africain, pour les mêmes cours, verse plus ou moins 9000 $. Alexandre Cloutier précise que l’UQAC dispose de fonds gouvernementaux pour aider les étudiants étrangers.

Le choix de Chicoutimi a son importance pour le coût de la vie qui est moins élevé que dans les grandes villes. Les jeunes Africains peuvent aussi compter sur des associations étudiantes qui facilitent leur accueil avec une série de services pour l’hébergement et le transport. Selon Salmata Ouedraogo, il n’y a plus de problème d’accueil pour les étudiants étrangers.

Dans un avenir rapproché, Alexandre Cloutier entend plancher sur l’adéquation entre les besoins de la région en main-d’oeuvre et la présence de pas moins de 1500 étudiants étrangers sur le campus universitaire. De plus en plus de jeunes étudiants étrangers occupent des emplois à temps partiel et l’UQAC croit qu’il s’agit d’une belle opportunité pour les jeunes qui peuvent travailler 20 heures par semaine selon le visa étudiant et demeurer dans la région pendant deux ans à la fin de leurs études pour occuper un emploi permanent.