François Pilote-Dufour et Jérôme Bergeron sont les copropriétaires du pub ludique Le Versus.

Un pub ludique sur la Racine

À l’image de plusieurs villes du Québec, la rue Racine de Chicoutimi accueillera un pub ludique. L’établissement Le Versus, qui devrait ouvrir ses portes dès le début du mois de mars, occupera les anciens locaux du restaurant Le Distrikt.

Le lieu de rassemblement, qui offrira également un service de restauration, permettra de découvrir des jeux de société et des jeux vidéo sur console en formule multijoueur.

À la manière d’un accord vin et mets, les employés conseilleront les clients en fonction de leurs envies et du nombre de clients rassemblés autour de la table. Ainsi, une offre personnalisée de plusieurs jeux sera faite. Pour seulement quatre dollars, les clients auront accès à une grande variété de jeux de société de tous les genres, et ce, pour une durée indéterminée. Les mordus de jeux vidéo auront l’occasion de s’amuser avec des consoles d’aujourd’hui placées aux tables. Dans ce nouveau concept, les plus nostalgiques pourront également revivre de bons moments avec les consoles du passé, dont les Nintendo 64, SNES et NES.

Le Versus est la combinaison de deux projets individuels. À la base, le domaine des affaires aurait fait de François Pilote-Dufour et Jérôme Bergeron des rivaux. À la suite d’une rencontre et de la confirmation de leurs valeurs communes, ils ont pris le pari de combiner leurs idées. 

François Pilote-Dufour, qui est médecin au privé, désirait démarrer un projet de la sorte. « J’adore mon métier de médecin. L’horaire au privé me permet de combiner mes passions. Lorsque je suis au pub, je ne suis pas Dr Pilote-Dufour, je suis Frank », témoigne celui qui se considère comme une personne multitâche. Cette nouvelle aventure entrepreneuriale est, entre autres, l’occasion pour lui de s’amuser. 

Ce nouveau projet est l’occasion pour Jérôme Bergeron d’effectuer un retour en région après dix années passées à Québec. Celui qui œuvrait dans le domaine de la représentation n’a pas hésité à changer de carrière afin de réaliser son rêve. 

Le duo se défend de viser une clientèle considérée comme geek et compte s’adresser à un grand public. Selon eux, l’environnement plaira aux non-initiés. « On part d’un besoin et on offrira ce qui n’existe pas encore dans le milieu. On sera le salon de tout le monde », ajoute François Pilote-Dufour. 

Les deux propriétaires confirment un engouement autour des jeux de société et des jeux vidéo dans les bars et restaurants. Le divertissement prend de plus en plus de place dans la culture populaire. 

Les prochaines semaines permettront au duo d’entrepreneurs de finaliser le projet évalué à 250 000 $. 

De médecin de famille à propriétaire de bar

Alors que le domaine de la santé est profondément marqué par la réforme Barrette, les médecins qui quittent le système de santé public sont de moins en moins rares.

La région compte plusieurs cas de professionnels de la santé qui ont fait le saut vers la pratique privée.

C’est le cas de François Pilote-Dufour. Celui qui a gradué en 2011 du campus Saguenay de l’Université Sherbrooke a quitté le système public. « Je suis médecin de formation et j’adore mon métier, mais pas dans les conditions et la pression politique actuelle », précise celui qui a œuvré pendant plusieurs années à l’Unité de médecine de famille de Chicoutimi. Le docteur Pilote-Dufour assure avoir eu un grand support de la part du programme de médecine, de ses anciens collègues et de ses patients. Celui qui travaille maintenant à la Clinique médicale privée Opti-Soins précise qu’au moment de son départ, tous ses patients ont été attribués à des collègues. Il aurait été impensable pour lui de quitter son emploi en laissant des patients sans médecin.

La décision de poursuivre sa pratique au privé s’explique par plusieurs raisons. La conciliation travail-famille est l’une d’elles. Avec une conjointe qui a un horaire de travail atypique, l’enseignant au Programme de formation médicale à Saguenay cherchait un certain équilibre. Le besoin de s’épanouir ailleurs que dans un métier qu’il adore marque également le changement professionnel du Dr Pilote-Dufour. La pratique à raison de quatre jours par semaine permet de développer son profil entrepreneurial. 

« Si j’étais resté au public sans pousser mes passions, je serais devenu un médecin aigri dans quelques années », ajoute celui qui détient une formation complémentaire en périnatalité en plus d’un diplôme de deuxième cycle en pédagogie médicale. D’ailleurs, il retournera sur les bancs d’école le temps de compléter un certificat universitaire en entrepreneuriat et gestion de PME. Jamais le Dr Pilote-Dufour n’aurait abandonné la médecine au public s’il avait été en mesure de la conjuguer à ces passions et ces études. L’espace temporel disponible dans la pratique privée aura fait de l’œil à ce médecin entrepreneur.