La deuxième phase du projet OPUS-AP se mettra en branle dans cinq CHSLD du Saguenay-Lac-Saint-Jean, en mars prochain.

Un projet-pilote concluant en CHSLD

Un projet-pilote mené au CHSLD de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix concernant la consommation d’antipsychotiques a été concluant, si bien que la deuxième phase va se poursuivre au printemps, dans quatre autres établissements en soins de longue durée.

Le programme provincial Optimisation des pratiques, des usages, des soins et des services – Antipsychotiques (OPUS-AP) a été offert à 11 des 45 résidents du CHSLD de Métabetchouan, entre janvier et octobre 2018. Le taux global de réussite est de 62 %, dont près de 54 % ont cessé la prise d’antipsychotiques sans en ressentir des effets négatifs sur leur santé ou leur comportement.

Une quinzaine de résidents atteints de symptômes comportementaux et psychologiques de la démence (SCPD) étaient admissibles au projet et 11 ont accepté d’y prendre part.

Pour répondre aux critères, le résident devait avoir un déficit cognitif, avoir un profil pharmacologique précis, ne pas avoir de problème de santé mentale et la famille proche devait être en accord avec l’idée.

Par le soutien d’infirmières formées, les résidents ciblés étaient pris en charge à l’aide de méthodes alternatives, c’est-à-dire en optant pour une approche et une façon de faire plutôt que par la prise d’antipsychotiques.

«Ce sont des bons médicaments, mais ils doivent être utilisés à bon escient, a mis en contexte la chargée de projet dans ce dossier au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Annie Larouche. On s’est rendu compte qu’il pouvait y avoir des méthodes alternatives pouvant aussi bien faire le travail que la prise de médicaments.»

Mme Larouche était ravie des résultats obtenus, dont certains ont été bénéfiques sur la santé des résidents.

«Il y a eu des améliorations notables chez deux des 11 patients, dont un patient qui a recommencé à jouer de la musique, alors qu’il avait arrêté pendant la prise de médicaments», a-t-elle souligné.

La «déprescription» a pu aller de l’avant avec la collaboration du pharmacien, du médecin et de l’infirmière, «sans oublier l’intervention du préposé aux bénéficiaires qui est une pierre angulaire dans le processus, en plus de l’infirmière auxiliaire», a précisé Annie Larouche, tout en soulignant l’apport crucial de la famille du résident.

«Pour avoir des conditions gagnantes, il faut que les familles soient partie prenante du projet, a mentionné la chargée de projet. Ils connaissent leur monde depuis toujours et c’est important qu’ils collaborent. Ils font partie intégrante du succès de la tentative.»

Phase 2

En raison du succès de la première phase, la phase 2 du projet OPUS-AP s’étendra dans quatre autres CHSLD de la région à partir du 18 mars, en plus de celui de Métabetchouan qui poursuit l’expérience.

Ailleurs au Québec, la phase 1 s’est déroulée dans 24 CHSLD, touchant 220 résidents. Le taux de succès de la «déprescription» d’antipsychotiques a été de 86 %.