Saint-Jean-Vianney

Un projet de géoparc pour Saint-Jean-Vianney

Après l'annonce en 2014 d'un projet de création d'un nouveau géoparc potentiellement reconnu par l'UNESCO qui engloberait le fjord du Saguenay, voilà qu'un autre projet du genre pourrait inclure le secteur de Saint-Jean-Vianney où deux glissements de terrain majeurs se sont produits.
Selon la conseillère du district de Shipshaw, Julie Dufour, du travail est effectué en collaboration avec divers organismes et un consultant. Le but est de rédiger un plan de développement qui devrait être présenté aux élus de Saguenay au cours des prochaines semaines.
Estimant qu'il est prématuré de parler du projet étant donné que les intervenants en sont encore à l'écriture du futur plan, Mme Dufour a mentionné qu'il devrait faire l'objet d'un dévoilement au cours des prochaines semaines visant à présenter les grandes lignes de cette nouvelle unité administrative.
La conseillère rappelle que ce projet est issu des consultations et appels de propositions qui avaient été faits il y a quelques mois dans la lignée du projet d'aménagement d'un site pour les amateurs de sports motorisés qui fréquentent le trou de boue. 
Selon elle, il s'agit d'un nouveau projet qui se veut indépendant du projet de géoparc que souhaiterait réaliser Promotion Saguenay pour le fjord du Saguenay et qui avait fait l'objet d'une annonce en février 2014. Mme Dufour a mentionné qu'advenant sa concrétisation, le géoparc de Saint-Jean-Vianney pourrait être en lien avec celui du fjord.
Géoparc Unesco
Soulignons qu'un géoparc, tel que défini par l'UNESCO, est un espace territorial présentant un héritage géologique d'importance internationale en raison de sa rareté ou de sa beauté admirable. Ce territoire doit être constitué d'un paysage propice à l'éducation, une valeur scientifique significative, et peut inclure des sites d'intérêt archéologique, faunique, environnemental, historique, folklorique et culturel, tous liés à la géologie sous-jacente. 
Le Canada ne compte que deux géoparcs reconnus par l'UNESCO, soit celui de Stonehammer au Nouveau-Brunswick et de Tumbler Ridge en Colombie-Britannique. Comparativement, la Chine compte une trentaine de géoparcs.
En entrevue, Pierre Verpaelst, l'un des 14 membres du Comité national canadien pour les Géoparcs, a confirmé qu'une douzaine de projets de géoparcs à l'état d'avancement divers figurent sur la liste du comité, dont celui du fjord du Saguenay. Ce fjord est le plus austral de toute l'Amérique du Nord et est un des plus longs. Le futur géoparc mettrait en valeur les différents phénomènes géologiques ayant mené à la création du fjord à partir de la formation du graben du Saguenay il y a 450 millions d'années. 
Histoire géologique
Toute cette histoire géologique et humaine pourrait être racontée dans le cadre d'un concept d'interprétation et d'attraction touristique basé sur des principes de développement durable. 
« Ce sont plusieurs dizaines de sites qui pourraient être mis en valeur le long du Saguenay à partir de Tadoussac en passant par Saint-Fulgence et Saint-Jean-Vianney », affirme M. Verpaelst. 
Ce dernier a mentionné qu'il est possible qu'un site soit désigné à la fois comme site du patrimoine mondial de l'UNESCO et comme géoparc mondial UNESCO.
Le Programme international des géosciences et les géoparcs a été adopté le 17 novembre 2015 par la Conférence générale de l'UNESCO. Ces géoparcs n'ont pas de statut juridique propre conférant aux autorités le droit de protéger ces sites. 
En ce qui a trait aux détails du projet, il n'a pas été possible de communiquer avec Patrick Bérubé, responsable du projet chez Promotion Saguenay, en raison de la période de vacances.
À Percé, une planche de salut
Lorsqu'en 2010, d'importantes inondations ont détruit une partie du village de Percé, en Gaspésie, 25 gens d'affaires de l'endroit ont décidé d'investir chacun 20 000 $ de leur poche afin d'exploiter 500 millions d'années de l'histoire géologique de la région pour la création du géoparc de Percé qui est actuellement une planche de salut économique en période de reconnaissance auprès de l'UNESCO.
Marie-Claude Costisella, porte-parole du géoparc de Percé, affirme que la Gaspésie compte cinq périodes géologiques distinctes qui sont au coeur d'une exposition interactive intitulée Tektonik et qui a attiré depuis son ouverture en juin 201 670 000 visiteurs. « Lorsque les inondations sont survenues, plusieurs villages de notre région craignaient de disparaître. Sous l'initiative de l'homme d'affaires André Méthot, des gens ont décidé de placer la géologie au coeur du développement touristique afin de prolonger le séjour des familles », explique Mme Costisella.
Des sentiers pédestres sur une distance de 18 km au sommet du mont Sainte-Anne le long duquel on a aménagé 23 géosites, un terrain de camping cédé par la Sépaq où l'on retrouve 12 tentes de glampings, l'aménagement d'une plate-forme suspendue avec plancher de verre à 200 mètres d'altitude, l'ouverture prévue le 22 juillet d'une nouvelle tyrolienne ainsi que la production du spectacle hommage aux amérindiens Légende de la création du monde Mic Mac constituent l'essentiel des investissements de 8 M $ nécessaires à la création du nouveau géoparc. Les promoteurs ont fait appel à la firme XYZ technologie culturelle pour monter l'exposition.
Dans une quinzaine de jours, trois géologues provenant de trois continents viendront constater sur place si le nouveau géoparc mérite la reconnaissance par l'UNESCO.
« On n'en revient pas de constater comment le nouveau géoparc attire les touristes et les familles qui, souvent en cas de pluie ou de mauvais temps, passaient tout droit pour se rendre à Gaspé. » Chaque année, 400 000 visiteurs passent à Percé, mais la difficulté de la petite communauté était de retenir les touristes.