Le promoteur Michel Tremblay, de l’entreprise chicoutimienne Construction SM, souhaite construire deux résidences privées pour retraités de 11 et 19 étages sur la zone ferroviaire de Chicoutimi.
Le promoteur Michel Tremblay, de l’entreprise chicoutimienne Construction SM, souhaite construire deux résidences privées pour retraités de 11 et 19 étages sur la zone ferroviaire de Chicoutimi.

Un projet de deux tours pour retraités sur la zone ferroviaire de Chicoutimi

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Un promoteur souhaite construire deux résidences privées pour retraités de 11 et 19 étages sur la zone ferroviaire de Chicoutimi. Saguenay « pourrait » avoir une ouverture envers ce projet de 25 M$ et de 360 logements, répond le président de l’arrondissement, Michel Tremblay, tout en précisant que les projets dans le secteur sont actuellement au point mort en raison de la crise sanitaire.

Les deux imposants édifices pour retraités autonomes et semi-autonomes prendraient place dans la portion est de l’ancienne zone ferroviaire de Chicoutimi, selon le projet élaboré par le promoteur Michel Tremblay, de Construction SM, une entreprise de Chicoutimi.

Le premier édifice de 11 étages, au coût estimé de 10 M$, compterait 132 logements, tandis que la tour de 19 étages, au coût de 15 M$, compterait 228 unités.

Les plans préliminaires élaborés par un architecte prévoient laisser un espace suffisant sur la zone ferroviaire pour la construction du centre multifonctionnel de 65 M$, si le projet piloté par Saguenay sur le terrain qui lui appartient se concrétise, assure le promoteur.

« C’était prévu, sur les plans originaux, du résidentiel vis-à-vis l’autogare actuel », rappelle Michel Tremblay, qui est dans le domaine de la construction depuis environ 25 ans.

Étant donné l’incertitude entourant le projet d’amphithéâtre en raison des impacts de la crise sanitaire sur les finances publiques, le promoteur estime que son projet de résidences privées pour retraités permettrait de débuter la transformation du secteur.

Il compte profiter du prochain conseil d’arrondissement de Chicoutimi, le 19 mai, pour sonder le terrain auprès des élus municipaux. M. Tremblay assure avoir les reins solides financièrement et étudie la possibilité de s’associer avec une société qui opère des résidences pour aînés.

« Mais je ne veux pas copier ce qui se fait à l’extérieur. Je veux avoir des bâtisses un peu différentes avec des galeries tout autour, pour que les gens puissent faire de l’exercice », explique-t-il.

La construction pourrait débuter au printemps 2021.

Les projets au point mort

Le président de l’arrondissement de Chicoutimi, Michel Tremblay, confirme que la municipalité a reçu les plans du promoteur, dans les derniers mois. Il rappelle cependant que la gestion de la crise sanitaire de la COVID-19 est actuellement la priorité des élus et que les grands projets d’infrastructures municipales devront être revus, tout comme le budget et le plan triennal d’investissements, qui sont actuellement en révision.

« Pour l’instant, on ne peut pas dire que ça ne se fera jamais, mais pendant la période qu’on vit, c’est mort. Il n’y a personne [à la Ville] qui travaille sur ce projet-là », a-t-il indiqué en entrevue avec Le Quotidien, au sujet des projets envisagés dans le secteur de la zone ferroviaire et de la zone portuaire de Chicoutimi.

Il souligne « qu’il pourrait » y avoir une ouverture des élus de Chicoutimi face au projet du promoteur privé, mais que différents promoteurs ont également manifesté leur intérêt auprès de la municipalité. « On est loin d’être rendus là et la vérité, c’est qu’on n’est pas vraiment au moment de brasser ça non plus », a-t-il précisé.

Le promoteur Michel Tremblay assure que son projet résidentiel pour retraités laisse un espace suffisant en vue de la construction d’un amphithéâtre sur la zone ferroviaire, si le projet se concrétise. Il pose ici devant l’immeuble des condos Saint-Michel à Chicoutimi, qu’il a construit il y a une vingtaine d’années.

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UN PROJET RÉSIDENTIEL OUI, MAIS DAVANTAGE POUR LES JEUNES PROFESSIONNELS

Les projets résidentiels demeurent une option qui n’est pas exclue sur la zone ferroviaire de Chicoutimi, mais Saguenay fixera des conditions si une partie du terrain est vendue à un promoteur. Et les besoins au centre-ville tendent davantage vers des condos pour jeunes professionnels que vers des résidences pour retraités.

« Nous, si on décide de faire une partie privée, on va vendre les terrains, on ne touchera pas à ça. Ce n’est pas la Ville qui va se mêler de ça », souligne le président de l’arrondissement de Chicoutimi, Michel Tremblay.

Si Saguenay décide d’aller de l’avant en vendant une portion du terrain de la zone ferroviaire, les plans d’urbanisme du secteur seront révisés afin de fixer des conditions entourant les futurs projets résidentiels.

« Si un jour on le fait, c’est sûr qu’on va mettre déjà des conditions urbanistiques pour que les gens puissent soumissionner, poursuit-il. Un exemple : on pourrait sortir qu’on va faire des condos pour des jeunes professionnels qui restent au centre-ville. »

Une étude réalisée par Promotion Saguenay avait d’ailleurs relevé un besoin d’habitations à prix abordables pour les jeunes professionnels au centre-ville de Chicoutimi, rapporte-t-il. Un prix qui pourrait se situer entre 125 000 et 150 000 $, par exemple.

Le président d’arrondissement questionne en outre le besoin de nouvelles résidences privées pour retraités au centre-ville, d’autant plus dans le cas de la construction de tours imposantes. « Si j’étais un promoteur, ce n’est pas là-dedans que je m’en irais », laisse-t-il tomber.

125 unités et trois immeubles à l’origine

Rappelons qu’à la suite de la consultation publique lancée par Saguenay au printemps 2019, le conseil d’arrondissement de Chicoutimi avait retenu à la fin août un jumelage de trois projets pour le secteur. La construction d’un centre multifonctionnel, jumelé à l’aménagement d’un nouvel autogare et de trois immeubles résidentiels de 125 unités était alors sur la table.

Au début de l’année 2020, une nouvelle mouture du projet a ensuite été dévoilée, intégrant le centre multifonctionnel, un nouvel autogare de 350 places et prévoyant le passage du corridor d’écomobilité de la Société de transport du Saguenay, où le terminus de Chicoutimi pourrait être éventuellement déménagé.

Les plans préliminaires dévoilés en janvier par Étienne Jacques, ancien patron de Rio Tinto en Amérique du Nord mandaté comme consultant par Saguenay dans ce dossier, évacuaient alors le projet résidentiel.

L’option demeure néanmoins dans les cartons, indique cependant le président d’arrondissement, en précisant que le mandat d’Étienne Jacques ciblait la portion du projet impliquant des fonds publics.