Un projet de belvédère de 1,2 M$ approuvé à Saint-Prime

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Les paroissiens de Saint-Prime ont approuvé la vente du presbytère et le projet de belvédère présenté par la Fabrique de Saint-Prime, vendredi dernier. Pour répondre aux craintes de certains citoyens, le projet sera amélioré avant le début de la campagne destinée à financer le projet de 1,2 million de dollars.

D’ici quelques années, un belvédère situé à plus de 30 mètres au-dessus du sol et pouvant accueillir une cinquantaine de personnes devrait être érigé autour du clocher de l’église de Saint-Prime, se réjouit Daniel Carrier, le président du conseil de la Fabrique, qui a présenté le projet à une centaine de paroissiens, vendredi dernier.

Le projet de belvédère a vu le jour lorsque la Fabrique devait investir pour rénover le clocher, car le toit coulait. Tant qu’à y être, aussi bien en faire un projet rassembleur pour développer le milieu.

Toutefois, le projet de belvédère n’a pas été aussi bien reçu que prévu, recevant l’approbation de 59 % (52 personnes sur 87) des répondants.

L’église de Saint-Prime nécessitait des travaux de rénovation, notamment à la toiture.

« L’opposition est plus grande que je ne l’aurais pensé, soutient Daniel Carrier. Certains résidants qui habitent près de l’église s’inquiètent pour leur intimité et on veut réfléchir pour améliorer le projet. »

Ce dernier a donc tenu à préciser que les esquisses qui ont été présentées sont préliminaires et que plusieurs aménagements seront faits pour amenuiser les craintes. Par exemple, des rampes coupant la vue pour éviter de voir dans la cour des voisins ou encore la plantation d’arbres à certains endroits pourraient être envisagées. « On comprend les craintes et on se met en mode solutions pour que le projet fasse consensus », remarque Daniel Carrier.

Le presbytère devrait être acheté par la ville pour y aménager la bibliothèque municipale.

Pour financer le projet, la Fabrique devra trouver 1,2 million de dollars, soit le coût estimé du projet, dont une portion proviendra de la vente du presbytère. Le projet de la vente du presbytère a été approuvé par 92 % des paroissiens présents à la présentation.

Évalué à près de 250 000 dollars, la ville de Saint-Prime a déjà démontré de l’intérêt pour acheter l’immeuble afin d’y implanter la bibliothèque municipale, a mentionné le maire Lucien Boivin. La municipalité souhaite aussi mettre en valeur l’avoinerie du curé, laquelle servait à l’époque à recueillir la dime payée sous forme d’avoine.

L’avoinerie servait à l’époque à recevoir la dime sous forme d’avoine.

« C’est une des deux seules avoineries restantes au Québec », mentionne Lucien Boivin. De plus, on retrouve également des arbres fruitiers sur le terrain qui pourraient servir à bonifier le projet de municipalité nourricière de Saint-Prime.

Avec cette somme, la Fabrique disposera d’une mise de fonds suffisante pour démarrer la recherche de financement, notamment auprès du ministère du Tourisme. En plus de faire des demandes auprès des différents paliers de gouvernement, la Fabrique lancera aussi une campagne de financement.

Les plans préliminaires du belvédère.

« On réfléchit à différentes idées, comme d’inscrire le nom des contributeurs sur les marches ou encore avoir des parrains d’honneur pour les cloches », note Daniel Carrier.

Grâce à cet investissement majeur, la Fabrique espère pouvoir gérer la croissance à nouveau, au lieu de regarder ses avoirs fondre constamment, comme ce fût le cas au cours des dernières décennies.

« On veut que le plus gros bâtiment de la paroisse soit mis en valeur, tout en créant des retombées pour tout le secteur », note Daniel Carrier, qui croit que le belvédère sera un complément intéressant au musée du Fromage, lequel attire 8000 personnes par an. La clientèle du Zoo pourrait aussi être attirée par une telle expérience, estime-t-il.

En regardant les prix d’entrée exigés pour visiter de telles infrastructures en Europe, Daniel Carrier estime que celui-ci devrait être de moins de 10 dollars. Avec le temps, le projet pourrait être bonifié d’un audioguide, de la découverte des catacombes de l’église, de fresques ou encore d’autels pour mettre en valeur les patrons d’églises qui ferment dans d’autres secteurs de la région.

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MISE EN VALEUR D'UN BÂTIMENT QUI SORT DU CADRE HABITUEL

C’est le technicien en architecture et candidat à la maîtrise en architecture, Jonathan Guillemette, un natif de Saint-Prime, qui a réalisé ce projet dans le cadre de son stage avec Gosselin et Fortin, Architecture. « C’est vraiment stimulant de faire un projet d’envergure dans un bâtiment qui sort du cadre habituel », a souligné le jeune homme de 24 ans qui complète sa 2e année de maîtrise en architecture à l’Université Laval. 

Pour atteindre le belvédère qui sera perché autour des cloches à plus de 30 mètres du sol, des escaliers seront installés dans l’entrée de l’église, sur les côtés. Au premier étage, l’orgue devrait être avancé vers le jubé. Les escaliers poursuivront leur chemin, passant entre les solives de la structure, avant de se rendre vers un plateau vitré, puis vers le belvédère. « On pourra voir le mécanisme de l’orgue du dessus et on aura une vue du plafond de toute l’église », souligne Daniel Carrier, le président du conseil de la Fabrique.