Charles Aubut, copropriétaire d’Excavation Aubut St-Pierre, Éric Kenty, maître mécanicien, Dominic Bouchard, copropriétaire de B-Lean, Lise St-Pierre, responsable de la comptabilité, et Vicky Paquet, secrétaire, posent dans le garage de l’entreprise après une formation réussie de B-Lean.

Un projet de 80 000 $ qui dépasse les attentes

Pour stimuler l’essor des PME, les chambres de commerce de Dolbeau-Mistassini et de Normandin ont récemment lancé un projet pour subventionner 50 % des frais pour des formations en amélioration continue. Et le projet de 80 000 dollars, financé par le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec (MEIQ), la MRC de Maria-Chapdelaine et Rio Tinto, affiche presque complet après seulement quelques semaines d’activité.

Lorsque Junior Juneau, un assureur chez Lussier Dale Parizeau grandement impliqué dans le milieu des affaires, a entendu dire que deux entrepreneurs spécialisés dans l’amélioration continue allaient lancer une entreprise à Dolbeau-Mistassini, il a eu un flash. 

« Je me suis dit qu’on devrait monter un projet pour que toutes les entreprises de la MRC puissent en profiter en utilisant les fonds générés par les minicentrales », témoigne l’homme qui a commencé à travailler sur le projet en janvier dernier.

D’emblée, il approche les villes et les chambres de commerce de Dolbeau-Mistassini et de Normandin, ainsi que la MRC de Maria-Chapdelaine pour leur présenter le projet. Tout le monde a été séduit sur-le-champ.

« L’avantage de ce programme-là, c’est qu’il est adapté pour les petites entreprises, soutient Pascal Cloutier, le maire de Dolbeau-Mistassini. Ça ouvre de belles opportunités pour permettre aux entreprises d’être les meilleures, de devenir plus performantes et plus efficaces, de sauver des coûts, pour investir et embaucher. »

Dominic Bouchard, copropriétaire de B-Lean, l’entreprise qui offre les services d’amélioration continue, est convaincu de l’importance d’un tel projet. « On retrouve 1200 entreprises dans la MRC et 80 % d’entre elles ont moins de 20 employés », soutient l’entrepreneur qui développe des solutions adaptées aux PME.

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Dolbeau-Mistassini, Dominic St-Pierre, est aussi convaincu de la démarche. 

« En région, on retrouve plein de petites entreprises, lancées par des gens qui étaient anciennement des travailleurs, qui sont rendues avec une dizaine d’employés et qui doivent maintenant gérer l’entreprise, sans jamais avoir reçu de formations sur le sujet », dit-il. 

C’est d’ailleurs un peu son propre parcours qu’il raconte, car l’homme qui a commencé en livrant son café est maintenant le gestionnaire-propriétaire des Cafés Dominic St-Pierre.

« Quand on devient entrepreneur, on se demande souvent par quel bout s’y prendre », dit-il. Et c’est dans les cas comme ça qu’une aide extérieure peut être bénéfique.

Le projet a donc rapidement séduit les intervenants régionaux, mais encore fallait-il trouver de l’argent pour stimuler et aider les petites entreprises à utiliser ce service. Le bagage professionnel a alors joué un rôle important pour convaincre les financiers, car Dominic Bouchard compte 12 ans de savoir-faire en accompagnement d’entreprises pour le gouvernement provincial et son partenaire, Michel Hamel, est un consultant international en amélioration continue, qui détient une ceinture noire des processus Lean.

C’est ainsi que les promoteurs ont réussi à convaincre la MRC de Maria-Chapdelaine d’investir 20 000 dollars dans le projet, tout en montant une demande de financement de 50 000 dollars au MEIQ. De plus, ces derniers ont aussi réussi à convaincre Rio Tinto, l’ancien employeur de Michel Hamel, d’embarquer dans l’aventure avec une aide financière de 10 000 dollars.

Ces sommes serviront à payer 50 % des frais des cours offerts en amélioration continue, qui comprend différentes stratégies selon les entreprises.

Un succès monstre

Lancé le 6 novembre dernier, les sommes octroyées dans le cadre de ce programme sont presque déjà épuisées, remarque Dominique Saint-Pierre, alors qu’une quarantaine d’entreprises ont déjà suivi ou réservé une formation.

Et les résultats se font sentir immédiatement, souligne Charles Aubut, directeur des opérations pour Excavation Aubut St-Pierre, qui a terminé une formation il y a un peu plus d’une semaine. « J’estime qu’on sera désormais 20 % plus efficace », dit-il en admettant que son estimation puisse être conservatrice. « Ça faisait longtemps qu’on voulait optimiser notre garage, parce qu’on trouvait qu’il y avait trop de pertes de temps, d’argent et d’outils », admet-il.

Pour faire un virage à 180 degrés, toutes les pièces qui n’étaient jamais utilisées ont été écartées, alors que les outils essentiels ont été rangés selon la règle des 5S, avec un étiquetage clair et précis pour chaque outil. Un coin a été aménagé pour la soudure, un autre pour le graissage et un agrandissement a été fait pour les pneus de camions. Des inventaires ont été montés pour éviter le manque de pièces importantes. Le but de l’opération : sauver de l’argent en étant plus efficace.

« Après seulement une semaine, on voit déjà les résultats, mentionne Charles Aubut. Juste en rangeant mieux les lunettes de sécurité, j’estime qu’on va sauver 1000 dollars par année. » Au bout d’une année, l’entrepreneur compte ainsi sauver plusieurs milliers de dollars grâce à cette opération… sans compter qu’il compte sur l’amélioration continue pour progresser encore davantage.

Alors que les budgets sont presque complètement écoulés, les promoteurs planchent déjà sur une nouvelle ronde de financement afin d’en faire profiter encore plus d’entreprises du milieu.

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B-LEAN SOUHAITE SÉDUIRE LA PLANÈTE 

Au-delà des formations d’amélioration continue offertes en entreprise, la firme dolmissoise B-Lean, lancée à la mi-octobre, souhaite séduire le monde en produisant des capsules vidéos destinées à toutes les PME de la planète.

« On a développé un modèle d’accompagnement sur le Web pour aider les entreprises pour s’initier à la culture LEAN sur l’amélioration continue et pour les aider à entamer une réflexion stratégique », remarque Dominic Bouchard, copropriétaire de l’entreprise. « Les petites entreprises n’ont pas toujours les moyens de se payer des consultants, alors ces vidéos constituent une belle porte d’entrée. »

Mais pas question de restreindre la portée de ces vidéos au Lac-Saint-Jean. Grâce à l’expertise internationale de son partenaire d’affaires, Michel Hamel, ces vidéos partiront même à la conquête de la planète ! 

« On est en train de faire traduire nos capsules vidéo en anglais, en portugais et en malgache, et par la suite en espagnol », lance fièrement Dominic Bouchard, qui travaille avec ACPE inc. pour la distribution internationale.