La fonte des neiges laisse entrevoir l’érosion des berges sur les terrains au bout de la pointe Langevin du secteur Vauvert à Dolbeau-Mistassini.

Un printemps difficile pour les berges

La fonte des neiges de ce printemps laisse entrevoir les ravages de l’hiver sur les berges des propriétés du bout de la pointe Langevin à Dolbeau-Mistassini, située à l’embouchure du lac Saint-Jean et des rivières Péribonka et Petite Péribonka.

Devant l’une des résidences qui semblent être les plus touchées, il y avait près de 15 mètres de plage l’automne dernier, selon le président de la Ligue des propriétaires de Vauvert, Daniel Murray. Grâce à des images prises par un drone samedi, on constate qu’il ne reste maintenant qu’environ trois mètres entre le début de l’eau et la fin du terrain. 

Pour M. Murray, cette forte érosion n’est pas une surprise puisque Rio Tinto n’a rien fait l’automne dernier pour réduire l’impact du courant de la rivière Péribonka sur la pointe Langevin. 

« C’est bien que Rio Tinto ait acheté le terrain du bout de la pointe qui est le plus grugé, mais nous, on s’inquiète pour les autres terrains. Si on attend à 2020 avant de procéder à des travaux, ce sera trop tard », craint Daniel Murray. 

Il estime que le niveau du lac Saint-Jean descend tranquillement durant l’hiver et qu’il se situerait actuellement à 2,48 pieds, ce qui laisserait les berges plus vulnérables selon lui. 

« Le débit de la rivière Péribonka se maintient toujours entre 600 et 800 mètres cubes par seconde. Quand le lac est normal, même si la rivière se déverse, le niveau de la pointe est protégé par l’eau, mais quand tu baisses le niveau du lac, la pression fonce directement dans la pointe », avance Daniel Murray.  

Une situation complexe

Si une chose est sûre, c’est que la pointe Langevin présente une dynamique complexe. Même Rio Tinto le dit.

Par écrit, la porte-parole de la multinationale, Xuân-Lan Vu, souligne que Rio Tinto a investi plus de 725 000 $ dans le but de mieux « comprendre le phénomène » et « d’identifier les options potentielles » afin de mettre un terme à l’érosion des berges dans ce secteur. 

Elle rappelle que des études sont toujours en cours et que le comité technique prépare son diagnostic final. Le rapport sera finalisé dans les prochaines semaines. 

Une étude à 200 000 $ financée par le milieu ?

Dans le procès-verbal d’une réunion du comité technique du 15 janvier dont Le Quotidien a obtenu copie, Rio Tinto indique qu’au cours des prochaines étapes suivant la publication du rapport, il pourrait y avoir « une étude d’impact pour le [ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports] réalisée par le milieu ». L’entreprise estime qu’elle pourrait coûter 200 000 $. 

« Il est trop tôt pour préciser les prochaines étapes pour le moment, mais nous travaillons en étroite collaboration avec les municipalités de Dolbeau-Mistassini, de Péribonka, la MRC de Maria-Chapdelaine et les autres parties prenantes concernées depuis le début », a indiqué Mme Vu. 

Malgré le manque de détails concernant une éventuelle étude d’impact, le préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine, Luc Simard, est d’avis que ce n’est pas aux municipalités d’assumer les coûts liés à l’érosion des berges. 

« Jamais le milieu ne va prendre en charge cette étude, on n’est pas responsable de ça. Ce sont des projets de plusieurs millions de dollars. C’est soit Rio Tinto, soit le gouvernement qui doit s’en occuper », croit M. Simard. 

Les détails du rapport du comité technique doivent être connus au cours des prochaines semaines. Le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, confirme qu’une rencontre d’élus municipaux est prévue lundi matin avec des représentants de Rio Tinto pour assurer un suivi de ce dossier.