Un premier test positif au Saguenay-Lac-Saint-Jean a été confirmé jeudi.

Un premier cas confirmé de COVID-19 au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Un Européen de passage au festival REGARD est devenu le premier cas confirmé porteur du coronavirus sur le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Son état de santé n’inspire pour le moment aucune crainte pour la Direction de la santé publique qui avait été informée la semaine dernière de la situation.

La confirmation du cas a été faite par le docteur Donald Aubin, directeur de la Santé publique au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean (CIUSSS), accompagné de son adjoint le docteur Jean-François Betala Belinga. Pour le moment, 411 personnes ont subi des tests de dépistage, 300 tests ont été déclarés négatifs et un test est officiellement positif. 

La Direction de la santé publique a mis en place le protocole d’enquête établi lorsqu’elle reçoit un test positif. L’équipe du docteur Aubin a ainsi contacté les personnes qui auraient pu être en contact avec l’homme depuis son arrivée au Saguenay le mercredi 11 mars, pour participer au Festival international sur le court métrage de Saguenay.

« Pour le moment, on ne pense pas qu’il ait été en contact avec beaucoup de personnes. Selon ce que nous savons, il a décidé de se placer lui-même en isolement », a expliqué le médecin.

Au cours des derniers jours, des informations circulaient à l’effet qu’un participant du festival qui présentait des symptômes associés au coronavirus avait assisté à des événements publics et rencontré plusieurs centaines de personnes. Le directeur de la santé publique a été plus prudent dans ses explications et a indiqué que l’enquête se poursuivait afin de bien identifier les différentes personnes qui ont pu être en contact avec l’individu.

Les professionnels de la santé publique ont déjà contacté des personnes au cours des dernières heures. Elles ont été questionnées concernant les événements en présence du visiteur européen. Donald Aubin signale que le début d’historique reconstitué fait état de rencontres, sans toutefois aller jusqu’à des événements qui auraient pu se traduire par une contamination majeure d’individus dans un même endroit pour créer une explosion des cas à partir d’un seul événement.

Le visiteur a eu les premiers symptômes en fin de soirée le mercredi 11 mars. Il a été en mesure de passer un test de dépistage le vendredi 13 mars. Le résultat a été transmis à la Direction de la santé publique du CIUSSS mercredi. Le délai de six jours entre le test de dépistage et la confirmation du résultat ne constitue pas un problème, selon le médecin, puisque le visiteur s’est placé volontairement en isolement et a cessé de participer à des activités officielles rapidement après avoir ressenti des symptômes.

« Les gens de REGARD ont eu le bon réflexe », a insisté Donald Aubin. Ils ont accompagné le visiteur et suivi les consignes gouvernementales. Le visiteur européen n’a pas été hospitalisé puisque son état est jugé satisfaisant. Il est toutefois en isolement afin d’éviter la transmission du virus.

L’enquête menée par les professionnels de la santé publique déterminera le niveau d’exposition des personnes et la nécessité ou non pour ces dernières de se placer en isolement pour une période de 14 jours. Le Dr Aubin explique que cette recommandation dépend du niveau de contact avec la personne infectée.

Une augmentation des demandes de tests

Selon le Dr Jean-François Betala Belinga, le nombre de demandes pour les tests de dépistage a connu un bond important pendant la fin de semaine. La demande a de nouveau fléchi depuis quelques jours, mais les spécialistes de la santé publique sont prudents quant à l’appréciation de la situation régionale. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean a été l’une des dernières régions du Québec à enregistrer son premier cas de coronavirus.

Il est important de préciser que pour le moment, il n’y a encore aucun cas de contamination dans la communauté dans la région. Le premier cas est un voyageur qui a possiblement été contaminé dans son pays d’origine avant d’arriver au Québec.

Il y a en ce moment une forme de résistance aux directives gouvernementales pour protéger les personnes âgées de plus de 70 ans. Plusieurs personnes de ce groupe poursuivent les rassemblements dans des centres commerciaux et passent outre les consignes.

Le Dr Donald Aubin n’a pas pris de détour pour rappeler les enjeux derrière la consigne de protéger les personnes âgées. Il évoque les constats faits ailleurs dans le monde où la pandémie est en avance sur le Québec, dont l’Italie qui face à une hécatombe. Ce sont principalement les personnes de 70 ans et plus qui meurent du coronavirus et il n’y a pas de raison de croire que la situation sera différente au Québec si le virus se propage rapidement dans la communauté.