La journaliste Marie-Ève Martel, du journal La Voix de l’Est, était à l’honneur, mercredi soir, alors que son livre Extinction de voix faisait l’objet d’une table ronde sur les médias régionaux.

Un plaidoyer pour les médias

Une table ronde sur le livre Extinction de voix, de la journaliste Marie-Ève Martel, portant sur la disparition des médias régionaux, s’est tenue mercredi soir à Chicoutimi. Le sujet avait une vraie saveur locale, alors que plusieurs médias et salles de nouvelles ont disparu au Saguenay-Lac-Saint-Jean, au cours des dix dernières années.

Environ une vingtaine de personnes ont assisté à l’événement, organisé par le Groupe de recherches et d’interventions régionales de l’UQAC, qui se tenait au café L’Érudit sur la rue Racine.

En plus de l’auteure, les autres invités étaient le chargé de cours au département des sciences humaines et sociales, Christian Bélanger, le professeur au département des arts et lettres, Dominique Trudel, et la présidente régionale de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et journaliste à Radio-Canada, Priscilla Plamondon-Lalancette.

C’est cette dernière qui a relevé la liste des médias dans la région qui ont disparu depuis son début dans la profession en 2008. « Il y a eu la disparition de la salle des nouvelles de TQS, ensuite des deux vidéojournalistes de V, la disparition de la salle des nouvelles de CKRS, du journal Le Réveil, Le Point du Lac-Saint-Jean, Le Courrier du Saguenay, il y a eu l’émission du samedi matin à la radio de Radio-Canada qui a été coupée quand il y a eu les fameuses coupes de budget de M. Harper, la deuxième demi-heure du Téléjournal qui a été coupée également, l’édition régionale du Journal de Québec. Quand j’ai commencé dans le métier, il y avait parfois aussi des pages Une différentes au Saguenay et au Lac-Saint-Jean pour Le Quotidien, évidemment ça n’existe plus. Le Progrès-Dimanche non plus n’existe plus dans sa forme originale, qui est maintenant Le Progrès (NDLR : qui est publié le samedi). Je dirais qu’on a une peur bleue que TVA disparaisse et que Le Quotidien meure de sa belle mort », a énuméré la journaliste.

Plus tôt, le professeur Trudel avait vanté plusieurs aspects du livre de Mme Martel, dont d’avoir chiffré notamment le transfert incroyable des budgets des annonceurs vers Internet au détriment du papier. Il s’est cependant interrogé si les médias régionaux valaient la peine d’être sauvés dans leur forme actuelle, à savoir s’ils avaient vraiment bien joué leur rôle auprès de la population. Il a indiqué que ceux-ci étaient souvent la propriété de grands propriétaires et que leur mission première n’était pas d’informer la population, mais plutôt d’influencer les opinions.

Pour sa part, Christian Bélanger a livré un vibrant plaidoyer en faveur des médias régionaux, dont Le Quotidien. Il a renversé le fardeau de la responsabilité sur la population qui devrait se mobiliser pour sauver les médias.