Le Saguenay-Lac-Saint-Jean représente le tiers de la possibilité forestière québécoise.

Un pas historique en aménagement forestier

Le gouvernement du Québec a franchi un pas historique alors qu’il a adopté dans le premier budget du mandat caquiste une mesure financière basée sur l’utilisation de l’aménagement forestier comme outil de lutte contre les changements climatiques.

Le gouvernement consacrera donc une somme de 75 M $ sur 5 ans pour le financement des travaux sylvicoles (sylviculture, reboisement). Cette somme s’ajoute à l’enveloppe annuelle de l’ordre de 225 M $ qui est consacrée à ces travaux, lesquels permettent de soutenir à long terme la possibilité forestière qui est à la base de cette activité économique.

L’autre première de cette mesure importante pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui représente le tiers de la possibilité forestière québécoise, est la source de financement du programme. L’enveloppe de 75 M $ a été accordée par le Fonds vert qui n’avait jamais investi dans le secteur forestier.

« L’ensemble des travaux sylvicoles augmentera la productivité des forêts québécoises et permettra ainsi de réduire à long terme les GES par la séquestration de carbone », précise le texte du budget.

Il s’agit d’un calcul préliminaire quant à l’argent disponible. Les fonctionnaires du ministère des Finances ont indiqué que le Québec sera en mesure d’obtenir des sommes additionnelles du gouvernement fédéral en lien avec l’augmentation des investissements en sylviculture. Il était toutefois impossible jeudi d’obtenir le détail de cette mesure.

Le gouvernement semble déterminé à maximiser l’utilisation de la forêt pour la lutte aux changements climatiques. Il injecte une somme additionnelle de 5 M $ sur trois ans. Le financement servira à développer les connaissances dans ce domaine.

« Pour l’optimisation de l’apport du secteur forestier dans la lutte contre les changements climatiques, un financement de 5 M $ est pourvu à même le Fonds vert pour développer des connaissances et un outil visant à maximiser le potentiel de ce secteur en matière de réduction des GES », stipule le texte.

Cette nouvelle n’est pas sans intérêt pour la Chaire en écoconseil de l’UQAC qui a développé une expertise dans ce secteur. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs confiera à FP Innovations et aux universités québécoises la responsabilité de développer cet outil.

De plus, le budget confirme la stabilité pour les entreprises œuvrant dans le secteur des travaux sylvicoles. Elles sont assurées que le volume de travail sera le même que l’an dernier avec une croissance se chiffrant à 15 M $. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs aura la responsabilité de planifier l’augmentation de ce volume de travail.

Le ministre de l’Environnement Benoît Charrette n’a pas été en mesure de révéler les cibles du gouvernement pour ce qui est de l’aménagement forestier. Il précise que les travaux à venir vont permettre de déterminer les gains potentiels pour la réduction des gaz à effet de serre.

« Le calcul se fait sur une longue période », a-t-il ajouté en affirmant que les chiffres seront précisés dans le prochain plan de réduction des gaz à effet de serre.

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CARIBOUS: DES COMPENSATIONS AUX ENTREPRISES

(Louis Tremblay) — Le gouvernement caquiste de François Legault largue l’engagement de l’ex-premier ministre Philippe Couillard selon lequel aucun emploi ne serait perdu dans le cadre de la mise en place d’une stratégie sur le caribou forestier et prévoit au budget des compensations pour les entreprises.

Le gouvernement réserve donc une enveloppe de l’ordre de 61,5 M$ pour les quatre prochaines années. L’argent servira au programme de suivi des populations des hardes et à l’aménagement forestier réalisé pour améliorer l’habitat de l’ongulé.

L’autre volet concerne les compensations versées aux entreprises. « Soutenir les entreprises qui pourraient être touchées par les mesures de la stratégie gouvernementale à venir », précise le texte.

Le contenu du budget ne fait que confirmer une conférence prononcée par un haut fonctionnaire du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs dans le cadre du Forum des communautés forestières de la Fédération québécoise des municipalités. Le haut fonctionnaire a alors indiqué qu’il « allait y avoir un prix à payer » pour la stratégie de l’aménagement de l’habitat du caribou forestier.

Le critique libéral en matière de finances, Carlos Leitão, a de son côté confirmé qu’il s’agit d’une première dans le budget du Québec. L’ex-gouvernement n’a jamais créé de réserve pour compenser les entreprises qui pourraient être touchées par la stratégie d’aménagement de l’habitat du caribou forestier. 

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TAXES SCOLAIRES : LES CONTRIBUABLES DE LA RÉGION AVANTAGÉS 

(Louis Tremblay) — Les contribuables du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont ceux qui obtiendront le plus de l’engagement caquiste de réduire la taxe scolaire puisqu’ils avaient les taux parmi les plus élevés au Québec.

Cet engagement fera passer la taxe scolaire de 30,5 cents du 100 $ d’évaluation à 10,5 cents. L’ampleur de l’économie sera en fonction de la valeur de la propriété.

Sur le territoire de Saguenay, une propriété de 200 000 $ bénéficie déjà de l’exemption de base de l’ordre de 25 000 $. 

La baisse sera donc de l’ordre de 20 cents du 100 $ d’évaluation. Il s’agit d’une économie pour le propriétaire de la résidence de l’ordre de 350 $, au cours des trois prochaines années. 

Le gouvernement a pris l’engagement de compenser les commissions scolaires pour le manque à gagner découlant de l’établissement du taux de taxation unique. Le taux de taxe unique sera ramené à 10,5 cents du 100 $ d’évaluation.