Pascal Ouellet et ses employés ont eu un avant-goût des vacances, avec leur habillement, jeudi, mais la chaleur n’était pas encore au rendez-vous.

Un party de bureau à Cuba... sur le bras du boss

Au lieu d’organiser un party de bureau traditionnel, Pascal Ouellet, le propriétaire de Ferdeck, une entreprise de Saint-Prime, a décidé d’inviter ses 10 employés à passer une semaine à Cuba. Pour lui, c’est une façon de renforcer le sentiment d’appartenance et de partager les succès de l’entreprise.

« Je ne vois pas ça comme une dépense, mais plutôt comme un investissement, lance Pascal Ouellet, un entrepreneur de 38 ans qui a repris l’entreprise familiale il y a deux ans. Ferdeck est en croissance et en bonne santé financière. Il y a une juste part qui revient à mes gars », lance le détenteur d’un diplôme en administration, qui a besoin de ses employés pour faire rouler l’entreprise.

Après avoir invité toute son équipe à un match des Canadiens de Montréal l’an dernier, l’entrepreneur a décidé de faire le party de Noël sous le chaud soleil de Cuba, du 30 décembre au 6 janvier prochain. « Ça faisait un an que j’avais cette idée là en tête, dit-il. Et quand je leur ai proposé, ils n’ont pas dit non ! »

Maxime Hudon, mécanicien chez Ferdeck depuis 10 ans, apprécie grandement cette initiative lancée par son patron. « Avant de penser à ses poches et de s’acheter un nouveau pick-up, on a un boss qui pense à ses employés », lance l’homme qui apprécie la reconnaissance de son employeur.

« Partir en voyage dans le Sud avec mes employés, c’est le fun, mais c’est encore plus trippant de partir avec ma gang de chums », souligne Pascal Ouellet, qui a bâti une équipe de travail à son image, dynamique, respectueuse et reconnaissante. Lors des embauches, « je recherche plus l’attitude que les aptitudes », ajoute l’homme qui croit au plaisir de travailler.

Ce mode de fonctionnement n’est pas nouveau pour Ferdeck, qui mise sur le respect et la reconnaissance de ses employés depuis toujours. « Ce sont les valeurs que m’a inculquées mon père, mais je les mets en application d’une manière différente », note ce dernier.

En plus des bénéfices marginaux et des assurances collectives offertes, Ferdeck tient également un programme d’incitation à l’activité physique, remboursant 50 % des frais jusqu’à concurrence de 250 $ par an, lorsqu’un employé s’inscrit au gym ou à n’importe quel sport. Sans compter que l’employeur fournit aussi des collations santé, sous la forme de paniers de fruits tous les jours dans la salle de pause.

Ce mode de gestion des ressources humaines est un avantage indéniable pour la PME spécialisée dans la soudure et la réparation de semi-remorque, alors que le taux de roulement des employés, qui sont tous dans la trentaine ou la quarantaine, est pratiquement nul. « Ça fait longtemps que je n’ai pas perdu un employé », remarque Pascal Ouellet.

Et c’est même un outil de recrutement sans pareil lorsque vient le temps d’embaucher, comme ce fut le cas après un investissement d’un demi-million de dollars, augmentant la superficie de l’atelier de 50 %, en décembre 2016. Les deux dernières personnes qu’il a alors embauchées avaient justement entendu parler de l’excellente ambiance de travail. « Rentrer de bonne humeur le matin, ça fait toute la différence », ajoute Pascal Ouellet.

« Quand je dis que c’est mon boss qui me paie un voyage dans le Sud, plusieurs personnes me demandent s’il engage ces temps-ci », remarque pour sa part Maxime Hudon.

Avec le manque de main-d’œuvre, les entreprises doivent s’adapter, estime l’employeur. « Je ne passe pas des candidats en entrevue, c’est eux qui me passent en entrevue », lance l’homme qui croit que l’avenir des entreprises réside dans la gestion des ressources humaines. « Tu as beau avoir beaucoup d’ouvrage, si tu n’as pas de monde pour sortir l’ouvrage, tu n’es pas plus avancé. Il faut savoir se différencier en tant qu’employeur pour être attrayant. »

Alors que la demande est toujours en croissance, Pascal Ouellet prépare d’autres projets d’expansion, confiant qu’il sera en mesure de trouver des employés intéressés à se joindre à sa « gang de chums ». « Il y a un dicton qui dit : “soigne tes employés et ils soigneront ton entreprise”. C’est vrai et ça marche », conclut l’entrepreneur.