Françoise Brochet, Consul honoraire de France au Saguenay, Dominic Simard, agent de développement international, Johanne Allard, directrice générale de la CSRS, Frédéric Sanchez, Consul général de France à Québec, et Sébastien Renaud, coordonnateur service de développement international, se sont rencontrés pour discuter du projet d’échange.

Un partenariat entre la France et la CSRS pour former des préposés aux bénéficiaires

Une partie de la solution à la pénurie de main-d’œuvre chez les préposés aux bénéficiaires pourrait bien se trouver de l’autre côté de l’océan. Un partenariat entre la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS) et deux établissements français se dessine depuis un an.

L’idée est née dans le cadre de la 67e session de la Commission permanente de coopération franco-québécoise, une commission qui regroupe le ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères en France.

L’agent de développement à l’international et aux Premières Nations à la CSRS, Dominic Simard, explique que ce processus mènera vers « une double diplomation franco-québécoise par mutualisation des pratiques pédagogiques et mobilité des élèves ». Selon lui, il s’agit d’une innovation en formation professionnelle soignante.

Plus concrètement, l’élève français qui a fait une formation d’aide-soignant dans son pays pourra venir faire un trimestre de 15 semaines ici, au pavillon L’Oasis, pour compléter le diplôme du Québec et ainsi avoir une double diplomation.

« Ce projet pourrait favoriser grandement l’ajout de ressources sur le marché du travail où il y a une grande pénurie de main-d’œuvre. C’est une piste intéressante à proposer », explique Sébastien Renaud, coordonnateur du service de développement international à la CSRS.

« Nous sommes en train de faire le parallèle entre les deux formations, de favoriser l’échange de la France vers le Québec et du Québec vers la France. Les professeurs français sont venus, les professeurs québécois sont allés, et des étudiants français sont venus. Nous sommes vraiment à l’étape du projet pilote vers un plus grand déploiement pour l’année prochaine », ajoute M. Renaud.

Les deux établissements partenaires qui travaillent avec la CSRS sont le Lycée des métiers Carcado Saisseval et le Groupe scolaire Saint-Vincent de Paul.

« Ils nous aident énormément dans la compréhension des choses pour la création de la passerelle », admet M. Simard.

La commission scolaire a profité du passage du Consul général de France à Québec, Frédéric Sanchez, pour discuter du projet, plus tôt cette semaine. Selon M. Renaud, le fait qu’il s’agisse d’un projet au niveau de la formation professionnelle lui a beaucoup plu.

« C’est un des premiers projets qui s’intéresse à cette clientèle-là. Souvent, il y a des échanges au niveau collégial et universitaire, mais pas dans la formation professionnelle. C’est vraiment une nouveauté et, en plus, au niveau de la santé, où il y a un enjeu de main-d’œuvre », ajoute M. Renaud, précisant que l’enjeu est moins grand en France étant donné le plus grand bassin de main-d’œuvre.

Selon les intervenants de la CS, beaucoup de jeunes Français sont ouverts à la mobilité et ont envie de s’inspirer et de découvrir le Québec.

En France, la formation est axée sur les connaissances, tandis qu’ici, on mise plutôt sur la pratique.

« C’est pour ça qu’en jumelant les deux, en mettant nos équipes d’enseignement en communauté d’apprentissage, où ils vont travailler ensemble, nous pourrons bonifier de part et d’autre nos programmes et nos formations », explique M. Renaud.


« En mettant nos équipes d’enseignement en communauté d’apprentissage [...], nous pourrons bonifier de part et d’autre nos programmes et nos formations. »
Sébastien Renaud

Déjà, des élèves français sont venus étudier dans le programme, mais il reste encore du travail à faire avant que des Québécois puissent aller là-bas. Le projet pilote bénéficie d’une subvention pour deux ans, afin que le déploiement soit complet en 2021.

Ce projet pourra notamment aider l’organisme à offrir la formation de préposés aux bénéficiaires, puisque le plus grand défi n’est pas d’atteindre le maximum d’élèves, mais plutôt de démarrer le groupe.