Catherine Berrigan lance une entreprise dont l’objectif est de stimuler le langage des enfants qui ont un problème de communication.
Catherine Berrigan lance une entreprise dont l’objectif est de stimuler le langage des enfants qui ont un problème de communication.

Un nouveau service pour les troubles du langage à Saguenay

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
Un nouveau service privé pour aider les enfants de 2 à 12 ans à développer leur langage ouvre ses portes à Saguenay.

La coordonnatrice et propriétaire de Stimulimots, Catherine Berrigan, explique que cette nouvelle entreprise répond à un besoin chez les parents dont l’enfant a des problèmes de communication.

« On vient pallier un certain manque. Les orthophonistes se font rares. Ils ont beaucoup de demandes, beaucoup de suivis à faire. On est une alternative à ce besoin-là », raconte-t-elle, avant d’ajouter qu’il n’est pas rare d’attendre deux à trois ans avant de voir un spécialiste.

Le centre Stimulimots ne remplace donc pas les services des orthophonistes. Il entre en complémentarité avec le travail de ces derniers.

L’équipe que Mme Berrigan est en train de mettre en place proposera deux types de service : des ateliers pour stimuler le langage des enfants, offerts individuellement ou en groupe, et l’application du plan d’intervention réalisé par l’orthophoniste d’un enfant.

Le premier service s’adresse à tous les enfants, tandis que le second est conçu pour les enfants avec des problèmes de communication connus et qui fréquentent un spécialiste.

« On va offrir des services très ciblés. Si l’enfant a des difficultés de langage et qu’il a un plan, on va lui offrir du soutien », indique Mme Berrigan.

L’accompagnement des enfants avec des difficultés langagières est fait par des intervenants qui possèdent une attestation d’études collégiales en Stimulation du langage.

Une problématique relativement fréquente

Les causes du retard de langage sont multiples, rappelle le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine (CHUS). Elles peuvent être dues à l’hérédité (historique familial de trouble de langage), à une cause médicale (prématurité, mauvaise audition, trisomie, etc.) ou à une conjoncture (traumatisme crânien, malnutrition).

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) évalue le nombre d’enfants vivant avec des difficultés de communication à un peu plus de 6200, mais ces statistiques sont relativement vieilles. Elles datent de 2013 et ne font état que des enfants qui ont un trouble reconnu.

Un autre document de l’ISQ publié en 2017, L’expérience des parents ayant un enfant atteint d’un problème de santé ou de développement, indique qu’un grand nombre de parents au Québec doivent composer avec un enfant qui a des troubles du langage.

« Le trouble du langage ou de la parole pour au moins un enfant de la famille touche environ 14 % des parents, alors que l’hyperactivité, le trouble de déficit de l’attention, le trouble du spectre de l’autisme ou le trouble envahissant du développement concernent un peu plus d’un parent sur 10 (12 %) », écrit Amélie Lavoie.

Ce même document démontre que les troubles du langage chez l’enfant ont un impact sur la situation familiale. Près de 20 % des parents dont un enfant a des problèmes à communiquer se déclarent en mauvaise santé. Environ un quart d’entre eux culpabilisent et ne ressentent pas de satisfaction parentale.

À l’image des nombreuses sources des problèmes de la parole, on compte aussi beaucoup de manières d’intervenir pour stimuler les enfants atteints de ces troubles. L’important est de reconnaître les signes et de commencer à agir tôt, souligne le CHUS.

Prêt à accueillir des enfants

Si Catherine Berrigan peaufine certains partenariats avec des organismes du Saguenay–Lac-Saint-Jean, dont le Studio Stylistik, de Jonquière, qui offrira des ateliers de stimulation du langage par la danse, le prix des rencontres individuelles est déjà connu. Il en coûtera entre 45 et 60 $ l’heure pour les services de Stimulimots.

L’accompagnement personnalisé sera offert à domicile, en ligne, ou dans les bureaux de l’entreprise. On les retrouve dans deux secteurs, soit sur la rue Alma, à Chicoutimi, et sur le boulevard Mellon, à Jonquière.

Les personnes intéressées à en savoir davantage peuvent appeler au 581 532-0732.