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Un CF-18 de Bagotville patrouillant le territoire roumain sur le bord de la mer Noire, faisant face à l’Ukraine.
Un CF-18 de Bagotville patrouillant le territoire roumain sur le bord de la mer Noire, faisant face à l’Ukraine.

Un Noël confiné pour les militaires de Bagotville en Roumanie [VIDÉO]

Ariane Gobeil
Ariane Gobeil
Le Quotidien
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Les militaires de Bagotville déployés en Roumanie pour prendre part à la mission REASSURANCE de l’OTAN sont séparés de leurs proches depuis le mois d’août dernier. S’ils s’attendaient à passer le temps des Fêtes loin de leur famille, ils ne savaient pas qu’ils seraient en plus confinés à leur base militaire en raison de la COVID-19.

L’opération dirigée par l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) vise à assurer la surveillance de l’espace aérien roumain avec les forces membres de l’OTAN. Un contingent militaire de la base de Bagotville avait quitté le Saguenay en août 2020. Les militaires avaient été soumis à une période de quarantaine ainsi qu’à un test de dépistage de la COVID-19 avant leur départ. Actuellement, environ 150 militaires sont déployés à la base de Mihail-Kogalniceanu située dans la ville balnéaire de Constanta.

Dans une entrevue en ligne vendredi matin, le lieutenant-colonel et commandant de l’Escadron 433, David McLeod, a souligné la collaboration avec leurs alliés en Europe de l’Est et plus particulièrement avec la Roumanie et la Bulgarie. Le lieutenant-colonel évoque le travail essentiel des troupes qui ont préparé le terrain et assuré l’établissement du camp avant l’arrivée des CF-18. À la fin de la mission en janvier 2021, plusieurs militaires auront passé près de six mois hors du pays.

D’ordinaire, les militaires ont l’occasion de visiter les lieux où ils sont déployés, mais cette fois-ci, le contexte particulier de la pandémie ne leur permet pas de le faire. La Roumanie a connu une forte augmentation des cas de COVID-19 à la fin octobre, comme ce fut le cas au Québec et particulièrement dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Tout comme ici, les militaires doivent appliquer les mesures sanitaires. Le lieutenant-colonel McLeod précise que le plus difficile est de ne pas pouvoir se rassembler. Normalement, lors des déploiements, les activités de groupe jouent un rôle important pour la cohésion d’équipe et aident à surmonter l’éloignement. « Ça rajoute un défi! Côté santé mentale, côté gestion des émotions. On travaille fort ensemble pour achever la fin de la mission et accomplir tous nos buts. »

Garder le moral

Pour aider à garder le moral, quelques activités de groupe ont tout de même été organisées dans le respect de la distanciation physique et un souper de Noël distancié est prévu pour les troupes. Les militaires ont également accès à certaines installations comme un gym, un petit café et une grande cafétéria où ils peuvent manger à deux mètres de distance.

Le commandant de l’Escadron 433, le lieutenant-colonel Dave «Tickler» McLeod, alors qu’il recevait, en septembre, le certificat confirmant l’aptitude du Canada à remplir sa mission de surveillance au-dessus du territoire roumain des mains du lieutenant-général Fernando de la Cruz Caravaca, commandant du NATO’s Combined Air Operations Centre (CAOC) à Torrejón, en Espagne.

Le commandant McLeod est impatient de faire un appel vidéo le soir de Noël avec son épouse et ses deux enfants, qui habitent dans le quartier militaire à Bagotville. « Je vais être capable de regarder mes enfants déballer des cadeaux, ça va être le fun! »

Difficile pour le caporal Tremblay

De son côté, le caporal et technicien avionique Maxim Tremblay, originaire de Chicoutimi-Nord, est en Roumanie depuis le 28 août. Il s’agit de son premier déploiement de plus de quatre mois et il trouve la mission plus difficile qu’il n’aurait pu l’imaginer. « C’est sûr que vivre en communauté avec les mêmes personnes en permanence c’est un défi de tous les jours! Il faut parfois se retrouver dans sa bulle pour pouvoir relaxer et revenir avec une meilleure forme. » Enthousiaste à l’idée de la tenue d’un souper de Noël avec les troupes, il mentionne tout de même que sa famille va lui manquer. « Ce dont je vais m’ennuyer le plus pendant la période des Fêtes, c’est vraiment de voir ma famille. Mais c’est sûr qu’on va se reprendre quand la situation se sera améliorée! ».

Le caporal et technicien avionique Maxim Tremblay.

Maxim Tremblay mentionne qu’il s’ennuiera également des petits plats d’ici. « Bien sûr la tourtière, définitivement. J’ai entendu parler de la tourtine aussi. Alors j’ai bien hâte d’y goûter. Moi qui suis un amateur de poutine, c’est définitif que je vais y goûter en arrivant ! »

En attendant le retour des troupes au pays, le caporal Tremblay envoie un message d’encouragement aux gens d’ici qui passeront eux aussi un Noël confiné. « Lâchez pas! C’est difficile, mais on va passer au travers! On croise les doigts. Et comme on le répète souvent, en suivant les mesures nécessaires, je pense qu’on va y arriver. »

Des spécialistes de l’entretien changent un réacteur de CF-18 sur la base Mihail Kogalniceanu à Constanta.