Doyen à la recherche et à la création à l'UQAC, Stéphane Allaire estime que l'évolution de la recherche est inévitable.

Un monde en pleine évolution

PAGE UQAC / La recherche n'est pas en mauvais état à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), si l'on en croit le doyen à la recherche et à la création, Stéphane Allaire. En fait, il estime qu'on assiste plutôt à une transformation des créneaux auxquels s'intéressent les professeurs.
«On entend parfois dire qu'on a perdu des acquis dans des créneaux de recherche. Mais il faut nuancer. Il faut d'abord comprendre qu'ils se développent de l'intérêt de la part des chercheurs pour certains domaines. Ça fait partie de la liberté académique, qui est une valeur extrêmement importante. De plus, les besoins de connaissance qui se font sentir dans la communauté, mais également chez les partenaires sociaux, peuvent également servir pour déterminer quels domaines seront développés», raconte M. Allaire.
Selon lui, les besoins qui existent en 2016 sont loin d'être les mêmes qu'il y a une quarantaine d'années. «Par exemple, les nouvelles technologies n'existaient pas il y a 40 ans. Il n'y avait donc pas lieu de s'interroger sur les effets de leur utilisation. Maintenant, la recherche a comme rôle de comprendre ce qui se passe avec ces technologies ou découvrir si elles ont des effets néfastes», poursuit le doyen.
Par ailleurs, comme la recherche continue de se développer selon les connaissances scientifiques acquises auparavant, elle va nécessairement se transformer pour continuer à évoluer.
«C'est certain qu'on a des créneaux historiques, qui sont encore d'actualité, mais il y en a d'autres qui sont en train de changer. Je crois que ça fait partie de l'écosystème de la recherche», ajoute Stéphane Allaire.
D'ailleurs, il cite plusieurs exemples des programmes et chaires de recherche en pleine transformation à l'UQAC. «La recherche sur les ressources minérales change, parce que ceux qui avaient commencé à travailler sur ce sujet partent et se font remplacer par de nouveaux chercheurs. On va également participer à un grand projet pancanadien, qui totalise près de 60 millions de dollars, alors la tangente change un peu. On a également engagé un nouveau professeur en bio-informatique pour travailler sur le projet BALSAC, qui avait été lancé par Gérard Bouchard. Alors il va amener une tout autre perspective», raconte le doyen.
Partenariats utiles
Les universités travaillent en partenariat avec des entreprises privées pour certains projets, mais selon le doyen en recherche et création, ce n'est pas quelque chose de mauvais en soi.
«Ce qu'il est important de préserver, c'est l'indépendance du chercheur. Mais il ne faut pas être trop pessimiste, car un chercheur n'a pas avantage à dire n'importe quoi pour faire plaisir à l'entreprise. Il a sa crédibilité à maintenir, et des affirmations qui ne sont pas supportées par une méthode rigoureuse, ça se devine. Par ailleurs, les partenaires industriels ne gagnent pas non plus avec de faux résultats, car ils ont des problématiques réelles, et des solutions qui ne fonctionnent pas ne sont pas dans leur intérêt», affirme M. Allaire.
De plus, les industries privées s'inscrivent dans le domaine de la recherche appliquée, qui est un aspect nécessaire aux universités.
«Ça prend de la recherche appliquée, comme ça prend de la recherche fondamentale. Il y a un équilibre à maintenir, affirme Stéphane Allaire. Si on ne fait que de la recherche fondamentale, il y a un risque de perdre de vue les problèmes qui se passent dans la communauté, et que les solutions ne s'appliquent pas. Mais si on ne fait que de la recherche appliquée, à la longue, il va manquer de connaissances pour venir inspirer les solutions.»
Une université en région: un vecteur de développement
Les universités en région jouent un rôle très important, selon le doyen de la recherche et de la création à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Stéphane Allaire. Il s'inquiète donc de la concentration du financement de la recherche vers les grands centres, mais affirme que l'université ne reste pas les bras croisés.
«Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'UQAC fait partie du réseau des universités du Québec, et dans le cadre de ce réseau, on a plusieurs tables, qui réunissent tantôt les doyens de la recherche, tantôt les vice-recteurs et même parfois les recteurs. On fait de la représentation auprès des organismes subventionnaires pour les sensibiliser à l'importance du rôle des universités régionales», affirme M. Allaire.
Il mentionne que l'université essaie de faire comprendre que l'un de ses mandats est de participer au développement de la région, et que ça passe en partie par la recherche. «Avoir une université dans une région, c'est prouvé que c'est un vecteur de développement», ajoute-t-il.
Par ailleurs, l'université essaie également d'offrir du soutien aux chercheurs, pour qu'ils puissent bien se positionner afin d'obtenir de bonnes subventions, avec un fonds de démarrage ou du mentorat, par exemple. Stéphane Allaire raconte également que collaborer avec des partenaires, tant sociaux que provenant d'autres universités, permet de développer la recherche en région.
Toutefois, le portrait n'est pas complètement sombre. «Bon an mal an, en termes de volume de financement, on se maintient. On reçoit entre 25 et 27 millions de fonds de recherche. On se situe dans le premier tiers des cent universités qui ont le plus de volume de financement au Canada», mentionne le doyen.