La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay veut regrouper la plupart de ses programmes en formation professionnelle à Laure-Conan. Le projet, évalué à entre 25 et 30 millions $, ferait du centre l'un des plus gros au Québec.

Un méga CFP dans les plans

La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay veut regrouper en un seul et même lieu la plupart de ses programmes en formation professionnelle. Une demande d'aide financière sera acheminée au ministère de l'Éducation du Québec aujourd'hui pour la concrétisation de ce projet évalué entre 25 et 30 millions$. S'il se concrétise, le nouveau CFP centralisé, situé à l'école Laure-Conan, sera le plus important de la région et l'un des plus gros au Québec.
Le président de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, Antonin Simard, la directrice générale, Chantale Cyr, et le directeur des ressources matérielles, Martin Deschênes, ont levé le voile sur le «méga projet» en formation professionnelle lors d'une entrevue accordée au <em>Quotidien</em>.
Une résolution a été déposée à ce sujet lors de l'assemblée mensuelle du conseil des commissaires, tenue mardi soir. La direction souhaitait présenter le projet et obtenir l'aval des élus avant de poster sa lettre au ministère. Si Québec accepte de financer l'initiative, ce qui semble être une formalité, de l'avis de la direction, tous les programmes dispensés à La Baie (fonderie), à Dominique-Racine (équipements motorisés) et à Laure-Conan (métallurgie) se retrouveront sous un même toit. Les investissements visent l'agrandissement de Laure-Conan, un établissement situé sur la rue Georges-Vanier, à Chicoutimi. Environ 6000 mètres carrés seront ajoutés au bâtiment existant. Un réaménagement touchant 4000 mètres carrés aura lieu à Dominique-Racine, où les espaces laissés vacants par le départ des élèves en formation professionnelle serviront à l'aménagement de trois nouveaux gymnases et de deux plateaux supplémentaires. Un auditorium sera aussi construit. Une fois les travaux terminés, Dominique-Racine deviendra la plus grande école secondaire de la région.
Le président de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, Antonin Simard, croit que la création du nouveau centre améliorera l'efficacité, et aura un impact favorable sur le taux de diplomation.
«Si un jeune décide de changer de programme, il pourra voir ce qu'il y a d'autre de disponible au centre et en parler avec les élèves. On pense que ça aura un effet positif sur le décrochage», dit-il.
La directrice générale, Chantale Cyr, voit elle aussi beaucoup de positif dans ce projet. Elle estime que le regroupement des élèves accroîtra le sentiment d'appartenance à l'établissement, en plus de faciliter la gestion et le suivi des dossiers étudiants. Avec le registrariat centralisé, Laure-Conan deviendra, en quelque sorte, un guichet unique en formation professionnelle. Cela dit, le centre Oasis n'est pas touché par le projet de réaménagement. Les locaux, récemment rénovés, sont adéquats et conviennent aux besoins actuels.
Les investissements à Dominique-Racine profiteront aussi aux jeunes qui n'étudient pas dans les programmes performants ou d'élite.
«On se demande souvent ce qu'on peut faire pour nos élèves du régulier. Il faut être plus imaginatifs pour valoriser et dynamiser le régulier», note la directrice.
Méga Projet
Le «méga projet» en formation professionnelle, ainsi qualifié par la direction de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, engendrera des économies annuelles récurrentes. Les jeunes en sport-études de Dominique-Racine qui devaient se déplacer vers Laure-Conan pour utiliser certains équipements n'auront plus à le faire. Les sommes récupérées en transport scolaire devraient osciller autour de 50 000$ par année.
À l'école secondaire des Grandes Marées, où environ le quart des espaces seront libérés, la CS travaillera de concert avec la Ville pour la location d'espaces à des organismes et à des membres de la communauté.
Si la centralisation de la formation professionnelle à Chicoutimi est dans l'air depuis quelque temps, les enseignants n'ont pas encore été informés du projet dans les détails. Chantale Cyr précise que le tout a été élaboré dans le respect de la convention collective des profs. De surcroît, la DG est d'avis que le fait de réunir les enseignants favorisera l'esprit de collégialité et, par ricochet, bonifiera l'encadrement et l'accompagnement offert aux élèves. Si tout va comme prévu, le coup d'envoi des travaux sera donné en juin 2017, pour une ouverture des nouveaux locaux à temps pour l'année scolaire 2018-2019.