Selon les données de l'Institut de la statistique du Québec, la population de 65 ans et plus dans la région passera de 48 000 en 2011 à 88 000 en 2036.

Un manque de projets collectifs, selon le président de la Chambre de commerce

La région doit rapidement mettre le cap sur de nouveaux projets collectifs afin que les moins de trente ans ne quittent pas le Saguenay-Lac-Saint-Jean, croit le président de la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord, Carl Côté.
«J'entends des gens d'affaires dire à leurs enfants de ne pas rester dans la région parce qu'il n'y a pas d'avenir pour eux ici. Il faut réagir, collectivement, rapidement. En région, l'exode s'accentue. On disait qu'un bus par semaine quittait il y a quelques années. On a contré ça, soutient M. Côté. La solution, c'est la création de richesses. Dans les années '90, il n'y avait pas d'emplois et c'est pour cela que les jeunes quittaient. La qualité de vie ici, les jeunes la recherchent. Ils veulent rester. Mais ils ont besoin d'un emploi. Il y a eu l'autoroute, la route du parc, des barrages, Alcan à Alma... il y a eu des grands projets. D'un coup sec, il n'y a plus de projets gouvernementaux ou privés.»
Le Quotidien a témoigné de diverses études au fils des dernières parutions témoignant d'une démographie peu encourageante pour la région. Selon les données de l'Institut de la statistique du Québec, la population de 65 ans et plus dans la région passera de 48 000 en 2011 à 88 000 en 2036. Inversement, les 20-64 ans, soit la population en âge de travailler, passeront de 172 000 en 2011 à 137 000 en 2036. Au cours de ce même intervalle, l'âge moyen passera de 42,6 ans à 48,6 ans, selon les prévisions.
«Ce ne sont pas les immigrants qui peuvent contre-balancer. Les immigrants vont plus vers les grands centres, estime Carl Côté. Il faut avoir des projets collectifs. Prenez BlackRock. On ne devrait pas avoir une division Saguenay contre Lac. On n'a plus de projets collectifs! Légitimement, les maires veulent les projets chez eux parce que la source de création de richesses pour les villes, c'est les taxes. Mais dans des dossiers comme celui-là, l'union fait la force. Ça nous prend une concertation régionale. Moi, ce dont je rêve, c'est que l'on puisse s'asseoir ensemble, les compagnies, les syndicats, les politiciens, et qu'on se demande quel sera notre projet d'avenir. Il faut prendre un tournant, et il faut le prendre rapidement.»
«Aucunement réversible»
La présidente de la CCI Lac-Saint-Jean-Est, Marie Gagnon, estime que le vieillissement de la population n'est «aucunement réversible». «La population n'en est pas assez consciente. Ça ne s'en vient pas, c'est arrivé. Il faut composer avec. Le numérique et la robotisation n'enlèveront pas des jobs dans la région, ils vont permettre de combler des postes. Les opportunités vont rester là. Je ne crois pas que des villes vont devenir fantômes. On n'a jamais eu ça facile au Lac et ça ne changera pas.»
Serge Simard mise sur l'immigration
Le député de Dubuc, Serge Simard, croit que la région devra s'ouvrir davantage à l'immigration.
«Il faut se préparer pour être en mesure d'accompagner les immigrants ici. Les compagnies vont avoir des défis de main-d'oeuvre. Le Québec en entier va avoir des problèmes de main-d'oeuvre. Les avantages fiscaux et le fait de garder les gens en emploi plus longtemps sont parmi les pistes de solutions. Il faut aussi bien intégrer les immigrants», croit celui qui a été président du Sommet économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2015.
«Tantôt, il va y avoir des centaines d'emplois disponibles chez Rio Tinto. Aux Serres Toundra, le grand défi est de trouver des employés. D'ici quelques années, ça deviendra encore plus criant. On doit s'assurer que les jeunes restent en région pour pouvoir combler ces emplois.»
Régime d'accession à la propriété
La chef de l'Équipe du renouveau démocratique, Josée Néron, mettra en place un régime d'accession à la propriété pour les jeunes familles si elle est élue, promet-elle.
Dans un communiqué, elle mentionne que plusieurs villes du Québec offrent déjà des conditions intéressantes aux jeunes familles pour s'établir. «Cela peut se traduire par un crédit de droits de mutation ou un crédit de taxes étalé sur quelques années. La mesure pourrait viser les quartiers déjà existants pour aider les gens à vendre», explique Mme Néron. Cette mesure fait partie du programme électoral de l'ERD qui sera dévoilé au printemps 2017.