L’historien Carl Beaulieu a édité un livre intitulé Visionnaires de l’Évangélisation et du développement.

Un livre sur l’influence du clergé sur nos institutions

Au moment où le débat sur la séparation de l’Église et de l’État fait rage depuis 10 ans, l’historien et éditeur Carl Beaulieu lance un livre qui met en lumière l’influence du clergé dans le développement du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

L’ouvrage, intitulé Visionnaires de l’Évangélisation et du développement, revient pendant plus de 500 pages sur l’histoire des « visionnaires » qui ont construit toutes ces institutions devenues laïques, mais qui n’auraient pas pu voir le jour sans le travail des religieux. L’hôpital de Chicoutimi, les cégeps, l’université, les églises, tous ces établissements ont été fondés grâce au travail d’hommes et de femmes de foi. Le bouquin dresse le portrait de ces efforts.

« Les religieux, comme les laïcs, ont joué un rôle à leur façon dans la construction du Québec moderne, au niveau de l’éducation, de la colonisation, de la santé. Il n’existait pas de synthèse, à mon avis, qui existait sur ce sujet-là et qui présentait un portrait sur 400 ans. C’est vraiment une première exclusive », croit M. Beaulieu.

Le Québec moderne est le résultat de cette alliance entre les laïcs et les religieux. « Le livre montre qu’ils ont travaillé ensemble, pour bâtir ce qu’on est aujourd’hui », résume celui qui se spécialise dans l’histoire des développeurs de la région.

Laïcité

Sans affirmer que l’histoire se répète, le débat sur la laïcité a des échos dans les annales du Saguenay. « Avec ce que l’on connaît maintenant, avec le projet de loi 21, sur la laïcisation de l’État, on peut comprendre le contexte, par exemple, dans lequel les Eudistes sont arrivés [au début du 20e siècle]. Après la Révolution française, plusieurs congrégations ont quitté l’Europe », rappelle M. Beaulieu. Les Eudistes, qui ont donné leur nom au quartier Saint-Jean-Eudes, ont fondé plusieurs écoles.

Carl Beaulieu lancera officiellement son livre le 16 juin prochain.

Aujourd’hui, même s’ils prennent moins de place, les religieux collaborent encore avec la société civile. « C’est différent, évidemment. Ça prend une autre forme, comme ils sont moins nombreux, mais ceux qui sont encore en place collaborent avec les institutions qu’ils ont mises en place », indique Carl Beaulieu.

Cette contribution est toujours visible dans les œuvres de bienfaisance. La Maison d’accueil pour sans-abri, la Soupe populaire, les Fringues et l’Atelier Saint-Joseph sont toutes parrainés par la Fondation monseigneur Léonce Bouchard.

Mgr Rivest

L’ancien évêque du diocèse de Chicoutimi, André Rivest, signe la préface de l’ouvrage.

« Beaucoup de gens, de toutes les générations, mais surtout les plus jeunes, ont perdu le contact avec les richesses de leur histoire façonnée par les valeurs évangéliques », déplore Mgr Rivest, qui ne s’étonne pas que la nouvelle génération ait perdu, selon lui, le contact avec son identité. Il se réjouit que le livre mette en valeur la contribution de plusieurs siècles des religieux.

Un lancement, auquel toute la population peut assister, aura lieu à la cathédrale de Chicoutimi le 16 juin prochain. Des Méritas seront donnés à neuf différentes personnalités, dont certains à titre posthume.

L’ouvrage, publié aux Éditions du patrimoine, est en vente au prix de 75 $.