Bassiste et chanteur du groupe Bauxite, Michel Cantin a interprété quelques pièces provenant du nouveau EP intitulé Voisin gonflable, vendredi soir, à l'ouverture du festival Le Délüge.

Un lancement réussi pour Le Délüge

Il est grisant d'assister à la naissance d'un festival, surtout lorsque la première édition connaît un succès comparable à celui du Délüge. Créé pour dynamiser le centre-ville de Jonquière tout en offrant une jolie vitrine au rock, ce genre musical dont on annonce régulièrement la disparition et qui ne cesse de réapparaître à la manière d'un serpent de mer, il a affiché de belles couleurs dès le début de la soirée, vendredi.
Pendant que Mr. Loves Great Beard ouvrait les hostilités à la Salle Nikitoutagan, le Côté-Cour résonnait fort sous l'impulsion de Bauxite, formé des Jonquiérois Michel Cantin (basse, voix), Stéphane Lavoie (guitare) et Nicola Murray (batterie). Peu portés sur les artifices, les gars ont proposé du rock solide, tirant un peu sur le punk, devant quelques dizaines d'amateurs rassemblés devant la scène et même dehors, puisque les portes étaient ouvertes.
Plusieurs pièces étaient tirées du EP Voisin gonflable, sorti il y a deux semaines. Ce fût l'occasion d'entendre la chanson titre, interprétée avec une pincée d'ironie, ainsi que le suggéraient les rires démoniaques émis par le chanteur. Une autre composition, Trafic humain, a mis en évidence la dextérité des musiciens, en particulier le batteur, dont le jeu est aussi précis qu'énergique.
Ce qui est intéressant, aussi, c'est la parenté avec de vieilles barbes de la scène punk en France, notamment dans le phrasé de Michel Cantin. Sa voix rugueuse fait penser aux Garçons Bouchers, alors qu'à certains moments, la musique possède le côté accrocheur qui faisait le charme de La Souris Déglinguée.
«Merci tout le monde et longue vie au Délüge», a lancé le chanteur à la conclusion des 30 minutes allouées au groupe, à qui le public a réservé un accueil chaleureux. Comme pour lui donner raison, le président du festival, Sébastien Lavoie, a annoncé à l'auteur de ces lignes que les 400 passeports disponibles allaient être écoulés avant la fin de la journée.
«Notre objectif est atteint et nous réaliserons un léger surplus. C'est certain qu'il y aura une deuxième édition», a-t-il confirmé. Précisons cependant que ceux qui voudront se rendre au Côté-Cour ou à la Salle Nikitoutagan, puis à l'Hopera ou à L'Envol, pourront se procurer des billets à la porte. L'un des faits saillants sera le lancement de l'album La nuit, juste après le Déluge du groupe WD-40. C'est prévu pour 22h, à la Salle Nikitoutagan.
Pour revenir au Côté-Cour, le deuxième à se lancer fut Noé Talbot, un grand bonhomme armé de son humour et d'une guitare sèche. Méchant contraste par rapport à Bauxite, mais on a souri en l'entendant chanter «Je ne suis jamais l'homme de la situation», puis quand il a plogué son camarade Frank Custeau, attendu à minuit à L'Envol.
C'était drôle, aussi, lorsqu'un chien qui se trouvait dans la cour a jappé sur le «cue» pendant que Noé Talbot chantait Les miracles. Ça tempérait les accents mélancoliques que laissent filtrer ce texte et plusieurs autres, offerts pour la première fois dans la région. Pour obtenir un deuxième service, il suffira de se présenter à la terrasse du Coq Rôti à 13h. Le Montréalais donnera un spectacle gratuit avec - qui d'autre? - Frank Custeau.