Un jeune contraint d’aller à l’école alors que sa famille est en isolement

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
Cynthia Hovington reçoit un appel de la Santé publique la prévenant qu’elle et quatre des cinq membres de sa maisonnée ont été en contact avec une personne atteinte du coronavirus, à l’Halloween. Toute sa famille est donc testée et placée en isolement. Toute sa famille, sauf son plus vieux, qui continue de fréquenter son école secondaire depuis plusieurs jours, malgré des avertissements auprès de l’établissement et des autorités.

Le jeune de 13 ans est le seul à ne pas avoir participé à l’évènement du 31 octobre. Bien qu’il habite avec le reste de la famille, la Santé publique signifie à Cynthia Hovington qu’il ne doit être ni testé ni isolé. C’est que le « taux de dangerosité » ne serait pas assez élevé dans son cas.

La mère comprend la logique de la chose, mais juge qu’une situation aussi sérieuse que celle que vit présentement le Saguenay-Lac-Saint-Jean devrait s’accompagner de mesures plus strictes.

« Ce qui m’a offusquée un peu, c’est qu’on parle d’alerte maximale au Saguenay, que les citoyens doivent faire attention, mais dans ce cas-ci, ce ne sont pas les citoyens le problème. Nous, on fait attention, tellement qu’on aurait voulu garder notre jeune à la maison. S’il y en a un qui est positif parmi nous, mon plus vieux devra être confiné et testé, comme le reste de sa classe, les profs. Quand tu as une alerte maximale comme ça, pourquoi prendre autant de chances ? », s’interroge-t-elle.

Cette dernière, à la suite de la réponse de la Santé publique, se retrousse toutefois les manches et contacte la direction de l’école de son jeune. Déchirée entre la peur de voir celui-ci contaminer ses camarades de classe et celle de le voir prendre du retard dans son cheminement scolaire, elle leur propose des alternatives, notamment des cours en ligne.

Sauf qu’elle se bute à une réponse quasi identique. Pas de papier de la Santé publique, pas d’isolement. Même si l’élève vit sous le même toit que des gens en attente d’un résultat pour la COVID-19.

Cynthia Hovington n’a donc pas le choix, elle renvoie son jeune à l’école.

Celle qui tient une famille d’accueil a reçu d’autres nouvelles de la Santé publique, au cours des dernières heures. Elle et sa belle-mère, qui habite également avec eux, ont été testées négatives au virus. N’empêche, elles doivent poursuivre leur confinement jusqu’au 14 novembre, et l’autre moitié de la famille est toujours dans l’attente d’un résultat.

Pour des raisons évidentes, la mère souhaitait taire le nom de l’établissement fréquenté par son jeune, au sein duquel des cas auraient déjà été recensés. En revanche, elle voulait que sa situation soit entendue.

« Le message qui est lancé, c’est quoi ? Moi je fais ma job, je fais attention, mais ça va au-delà de ça. Ce n’est plus juste le port du masque. Oui le risque n’est pas fort, mais là on n’en est plus là, on ne peut même pas prendre de chance, même si le risque n’est pas fort. »

Elle souligne d’autre part la discordance entre les instructions reçues par la Santé publique et l’école. L’une lui indiquant d’attendre sept jours avant d’aller se faire tester, l’autre insistant pour dire qu’elle devait alors y aller immédiatement.

« On a appelé trois fois à la Santé publique, et il n’y a pas une fois où n’a eu le même discours. »