Deux jeunes animatrices de la Maison ont mené l’équipe qui, à la fin du processus, a obtenu le support d’une entreprise de graphisme d’Alma, Le coffret du Royaume, qui a matérialisé le fruit de leur réflexion.

Un jeu pour dire non au tabac

Des adolescents de la Maison des jeunes d’Alma tentent de faire sortir la boucane de leur environnement. Et pour y parvenir, ils ont mis au point un outil ludique d’une qualité impressionnante.

Pas de boucane dans ma cabane est un jeu de société où les participants, des jeunes de 12 à 17 ans, peuvent en apprendre davantage sur les dangers du vapotage et du tabagisme en général, mais où ils doivent également se creuser les méninges pour s’exprimer sur le sujet et découvrir, par eux-mêmes, les dangers de cette mauvaise habitude de vie.

Le dévoilement a eu lieu jeudi matin, Journée mondiale sans tabac, à La Maison des jeunes d’Alma. Pour l’instant, il n’en existe que deux exemplaires. Ils serviront à tester la formule et mettre à l’épreuve les questions. Ils ont été réalisés grâce à l’apport d’une demi-douzaine de jeunes qui fréquentent la Maison et une subvention de 1450 $ du CIUSSS qui a vu là une occasion en or de rejoindre une clientèle qui a une relation de plus en plus inquiétante avec la cigarette électronique.

Deux jeunes animatrices de la Maison ont mené l’équipe qui, à la fin du processus, a obtenu le support d’une entreprise de graphisme d’Alma, Le coffret du Royaume, qui a matérialisé le fruit de leur réflexion.

« Notre rôle est de répondre aux besoins ponctuels des jeunes, a expliqué à la presse Mélanie Desbiens, directrice de la Maison des jeunes d’Alma. Or, nous avons constaté que de plus en plus de jeunes vapotent et en minimisent les risques. Nous avons contacté Bianka Gauthier, infirmière clinicienne au Centre d’abandon du tabac du CIUSSS à Alma. Elle avait déjà une ébauche de jeu qu’elle est venue nous présenter en février. » Ayant eu vent du projet, l’agente de planification, programmation et recherche du CIUSSS, Véronique Côté, a offert une contribution financière pour le mener à terme.

Les jeunes Livia Racine, Marianne Lapointe, Samuel Boily, Olivier Maltais et Michaël Renaud, qui ont participé à la conception du jeu, entourent Rébécca Bouchard et Jade Truchon, animatrices de la Maison des jeunes, et la directrice générale Mélanie Desbiens.

Cinq types d’épreuves
On peut y jouer à deux, mais il n’y a pas de limite de joueurs. La planche de jeu a été imprimée sur une toile qui peut être placée sur un tableau de métal et les pièces sont aimantées. Toute une classe pourrait donc participer.

Les cartes qui donnent accès aux points permettant au gagnant de sortir de la cabane emboucanée sont de cinq types. Il y a des questions vrai ou faux du genre : « La cigarette électronique sans nicotine ne représente aucun risque pour la santé ». (Faux. Il y a plein de produits toxiques comme l’éthylbenzène). « Ça permet de détecter les pièges que nous tend l’industrie du tabac », explique l’animatrice Rébecca Bouchard, étudiante au baccalauréat en travail social.

Il y a des devinettes comme trouver combien de jeunes du secondaire ont déjà essayé la vapoteuse. La réponse, qui est une statistique de 2014, surprend : 34 %.

Il y a des épreuves où il faut improviser pour, par exemple, refuser la cigarette que quelqu’un t’offre d’essayer, et d’autres où il faut mimer une situation, par exemple une maladie provenant du tabagisme, comme l’asthme ou le cancer.

Des cartes donnent de l’information comme définir ce qu’est la fumée secondaire ou tertiaire et des cartes-pièges nous font reculer pour illustrer ceux que tend l’industrie du tabac.

La Maison des jeunes d’Alma est fière de sa réalisation, mais ne sait pas le sort qui lui sera réservé. Une fois qu’il aura subi l’épreuve du temps, ceux qui y ont contribué espèrent qu’il deviendra un outil mis à la disposition de tous les jeunes du Québec, que ce soit dans une école ou un organisme communautaire, pour les convaincre de renoncer au tabac ou aux vapoteuses.