Nancy Simard et Caroline Naud, deux enseignante à l'école Pie XII qui ont piloté le projet de jardin nourricier et de classe extérieure.

Un jardin scolaire et une classe extérieure pour deux écoles de Saint-Prime

Après avoir implanté un jardin nourricier, les écoles primaires Jeanne-Mance et Pie XII de Saint-Prime ont aménagé une classe extérieure pour faire la promotion de l’apprentissage en plein air. Un projet, réalisé en partenariat avec la municipalité, qui aura coûté 11 000 $ financés grâce aux contributions de la Fondation TD des amis de l’environnement et de Nutrinor.

En face de l’école Pie XII à Saint-Prime, les jeunes de maternelle s’activent, pelles à la main pour creuser des trous dans le sol, avant de planter plusieurs plantes comestibles comme de la menthe, de la monarde, de la mélisse et du thym. Une fois la plantation terminée, ils seront aidés des enseignants pour aménager une classe extérieure, autour d’un bac de plantes éducatives, fabriquée avec des gros rondins d’arbres tranchés pour faire des bancs.

« Au lieu d’enseigner à l’intérieur, pourquoi ne pas aller dehors, surtout quand il fait aussi beau », lance Nancy Simard, une enseignante de maternelle à l’école Pie XII qui a chapeauté le projet avec sa collègue, Caroline Naud.

Selon cette dernière, il faut repenser nos écoles, car l’humain a besoin du contact avec la nature. « En enseignant dehors, c’est beaucoup plus stimulant, motivant et ludique pour les jeunes, dit-elle. Quand la notion du plaisir est là, c’est beaucoup plus facile pour eux de faire des efforts, parce qu’ils sont motivés. »

L’enseignement à l’extérieur permet de toucher à tous les sens, ajoute cette dernière. « Ils touchent, sentent, goûtent et voient le travail qu’ils réalisent », dit-elle, ce qui fait en sorte que les apprentissages sont durables, que ce soit les sciences, les mathématiques, le français ou l’anglais.

« En faisant les travaux pour le jardin, les jeunes ont appris plusieurs nouveaux mots, comme les termes niveler et étendre », remarque Caroline Naud, en plus des noms de plantes.

Il suffit que les professeurs soient un peu imaginatifs. « On peut amener les jeunes écrire dehors avec des grosses craies sur le sol pour pratiquer l’écriture », donne en exemple Nancy Simard.

Toutes ces raisons ont poussé les enseignantes à piloter le projet de classe extérieure, qui a été terminé jeudi. Ce projet vient s’ajouter au jardin nourricier, qui avait été implanté l’an dernier avec l’aide d’Eurêko ! , un organisme voué à l’action environnementale.

La cour d’école avait alors été garnie de haies nourricières, où l’on retrouve des camerises, des framboises, des groseilles, des bleuets et des fraises, explique Charlotte Codron, chargée de projet Eurêko ! .

Au départ, le projet était né d’un désir de Saint-Prime de devenir une municipalité nourricière, explique Caroline Naud. « La population avait alors voté pour implanter un jardin communautaire et une serre, près des écoles, au centre du village », dit-elle, avant d’ajouter que plusieurs enseignantes rêvaient d’implanter une cour nourricière.

Eurêko ! a alors aidé l’école et la municipalité à faire les démarches de subvention et à établir le plan d’aménagement. Étant donné que le coût d’achat d’une serre était trop élevé, ce projet a été remis à plus tard, si les fonds sont éventuellement disponibles.

Selon Brigitte Gagné, la présidente de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets, ces projets permettent d’enseigner autrement. « C’est important que ce soit inclus dans le projet éducatif de l’école, pour que ce soit viable », a-t-elle ajouté.

« C’est agréable de voir toutes les énergies déployées envers les jeunes pour avoir un milieu de vie stimulant, a renchéri le maire de la municipalité, Lucien Boivin. Plus ils vont travailler pour rendre leur environnement beau, plus ils vont le respecter. »