Stéphane Gagnon, propriétaire de l’organisme K.E.N.O. Rock Café, se questionne sur la décision de Saguenay de mettre sur pied un projet de 5 M $ qui comprend le déménagement de la Maison de quartier et la création d’une épicerie et d’un café communautaire.
Stéphane Gagnon, propriétaire de l’organisme K.E.N.O. Rock Café, se questionne sur la décision de Saguenay de mettre sur pied un projet de 5 M $ qui comprend le déménagement de la Maison de quartier et la création d’une épicerie et d’un café communautaire.

Un intervenant questionne le nouveau projet communautaire de Kénogami

Myriam Arsenault
Myriam Arsenault
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le propriétaire de l’organisme Ressource d’orientation communautaire de Kénogami (K.E.N.O. Rock Café), Stéphane Gagnon, se questionne sur le nouveau projet annoncé par Saguenay. Selon lui, l’investissement de 5 M $ pour déménager la Maison de quartier et la création d’un café et d’une épicerie communautaire à Kénogami aurait pu être placé dans des organismes déjà en place dans le secteur.

Il aurait également aimé que ces derniers soient consultés par la Ville, puisqu’ils sont, selon lui, les mieux placés pour connaître les réels besoins du secteur.

Rappelons que Saguenay a annoncé, il y a une semaine, ce nouveau projet communautaire, qui prendra place dans l’ancien Centre de liquidation Gagnon Frères. Le projet de 5 M $ aura une épicerie et un café communautaire, qui répondraient aux besoins du secteur, selon la Ville. Saguenay a affirmé avoir sondé les organismes du secteur, pour connaître la situation. Selon M. Gagnon, l’épicerie répond à un besoin, mais le fait que la Ville dit avoir pris le pouls avec les organismes communautaires de l’endroit est totalement faux. « En effet, Saguenay, en plus d’acquérir l’immeuble de l’ancien Gagnon Frères pour la somme de 1,1 M $, accorde aussi 70 000 $ pour l’épicerie communautaire et un montant de 50 000 $ pour les autres opérations, dont un café. Ce sont des montants que je me permets de questionner, car il est définitif dans mon esprit qu’il est possible de faire une vraie différence dans la communauté sans engager des sommes pareilles. J’aurais aimé en faire la démonstration, mais malheureusement, les organismes communautaires déjà présents dans le secteur n’ont pas été consultés », a-t-il souligné.

Il s’est rendu plusieurs fois au conseil municipal pour parler des besoins des organismes du secteur et aurait aimé que ce 5 M $ soient partagés avec des organismes de Kénogami, surtout pour le 50 000 $ réservé au nouveau café communautaire.

« Ce 50 000 $-là auraient pu être mis facilement ailleurs et répondre aux besoins des organismes déjà en place. Par exemple, pour nous, ce qui nous coûte le plus cher, c’est l’électricité. On paie pas loin de 5000 $ par année. Prends 50 000 $, place-le pour 10 ans et ça va payer l’électricité chaque année », a-t-il continué. Selon lui, la décision de la Ville de commencer de nouveaux projets, au lieu d’investir sur ceux déjà en place, coûtera plus cher aux contribuables au fil des années.

D’ailleurs, M. Gagnon considère qu’il est très difficile de faire des demandes de subventions à la Ville. Il a longtemps demandé de l’aide financière à Saguenay, mais ses demandes ont rarement abouti.

« Tant qu’à me battre trois mois pour avoir un petit 2000 $, aussi bien faire deux activités de financement, comme deux soupers spaghetti qui vont boucler notre budget. Je ne veux pas perdre mon temps avec l’argent des contribuables et j’ai l’impression qu’il faut quasiment se mettre à genou pour recevoir une subvention », a-t-il continué.

Il pense que plusieurs organismes qui ont des difficultés financières finissent souvent par abandonner leur demande faute de temps et d’énergie.