Un fonds de compensation à l’oeuvre

Le dossier de l’érosion sur la pointe Langevin, à Dolbeau-Mistassini, est fort complexe, admet Pascal Cloutier, le maire de Dolbeau-Mistassini. Sans vouloir prendre position dans le dossier, l’homme souhaite trouver une solution avec tous les acteurs. « Mais au bout du compte, on doit savoir combien ça coûte et qui va payer », estime le premier magistrat, qui multiplie les rencontres avec les différents intervenants pour résoudre le problème, notamment dans l’optique de créer un fonds de compensation en collaboration avec Rio Tinto.

Étant donné que les travaux de protection pourraient coûter des millions de dollars, il n’existe pas de solution magique pour résoudre ce problème, ajoute-t-il, d’autant plus qu’il faudrait obtenir des permis pour respecter les lois environnementales pour faire de tels travaux, un processus qui peut prendre plusieurs années. « Au ministère, il n’existe pas de programme quand il n’y a que quelques maisons de touchées, mais on doit maintenir la pression politique pour que les résidants obtiennent des compensations », dit-il.

Déjà, des propriétaires ont dû faire le deuil de leur résidence, et d’autres se préparent à subir le même sort.

La députée provinciale du comté de Roberval, Nancy Guillemette, croit que les propriétaires d’une résidence principale pourront bénéficier d’une compensation s’ils sont évincés de leur maison par la Sécurité publique, mais elle estime qu’il est encore trop tôt pour quantifier quelles sommes seront disponibles.

Résidences secondaires

Pour les propriétaires de résidences secondaires, comme Steve Allard, qui a perdu son chalet en février dernier, la situation est toute autre, car il n’existe aucune compensation pour ce type de perte. « J’ai acheté le chalet de mes parents il y a quelques années et j’ai tout perdu », soutient l’homme, qui souhaitait garder un pied-à-terre au Lac-Saint-Jean.

Pour pallier cette situation, Pascal Cloutier assure qu’il poursuit le travail pour la création d’un fonds de compensation en partenariat avec Rio Tinto. La multinationale admet être ouverte à l’idée de participer à la création d’un tel fond, confirme Véronick Lalancette, une porte-parole de l’entreprise.

Cette dernière remarque toutefois que, selon « les conclusions de l’étude de la firme WSP, la situation d’érosion de la pointe Langevin est une problématique d’érosion fluviatile qui ne peut être prise en charge par le Programme de stabilisation des berges, puisque l’érosion n’est pas causée par le rehaussement du niveau du lac Saint-Jean. »

En ce qui a trait au terrain acquis sur la pointe Langevin, il y a deux ans, au prix du marché, Rio Tinto soutient qu’il a été acquis pour faciliter l’accès au site afin de faire des études.

Selon Luc Simard, le préfet de la MRC Maria-Chapdelaine et président du Conseil de gestion durable du lac Saint-Jean, il faudra aussi soutenir les propriétaires de terrain dans le secteur, lesquels pourraient souffrir de détresse psychologique.