La société Rio Tinto Alcan a décidé de faire de l'inauguration de son centre technologique AP60 de Jonquière un événement d'envergure alors que l'ensemble de l'industrie traverse une crise historique en raison des surplus de métal gris accumulés partout dans le monde et surtout de la faiblesse des prix.

Un événement d'envergure

La société Rio Tinto Alcan a décidé de faire de l'inauguration de son centre technologique AP60 de Jonquière un événement d'envergure alors que l'ensemble de l'industrie traverse une crise historique en raison des surplus de métal gris accumulés partout dans le monde et surtout de la faiblesse des prix.
La chef de la direction de Rio Tinto Alcan Jacynthe Côté, le président et chef de la direction métal primaire, Arnaud Soirat et le chef des opérations Rio Tinto Alcan Métal primaire Amérique du Nord, Étienne Jacques, vont recevoir dans les nouvelles installations de Jonquière la première ministre du Québec, Pauline Marois, ainsi que quatre ministres de son cabinet en plus de leur homologue fédéral Denis Lebel.
Le député fédéral de Jonquière-Alma, Claude Patry, et celui de Dubuc, Jean-Marie Claveau, seront aussi de la partie. Le maire Jean Tremblay figure également sur la liste des invités d'honneur.
Le ministre des Transports et des Affaires municipales et député de Jonquière Sylvain Gaudreault, son collègue au Trésor Stéphane Bédard, le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes Alexandre Cloutier et la ministre de l'Industrie Hélène Zakaïb assisteront à l'inauguration.
Rio Tinto Alcan procédera à l'inauguration de la phase un du projet AP60. Il s'agissait d'une usine pilote de 36 cuves d'une capacité de production de 60 000 tonnes métriques. La multinationale voulait s'assurer que la dernière née des technologies d'électrolyse développée dans les laboratoires de Saint-Jean-de-Mauriennes en France fonctionne avant de se lancer dans une usine de classe mondiale qui aura, après la construction des deux autres phases, une capacité d'un peu plus de 400 000 tonnes métriques.
Le gouvernement du Québec est un partenaire de premier plan dans le cadre de la première phase de ce projet de modernisation. Québec a fait un prêt de 165 M$ sans intérêt remboursable sur une période de 30 ans. Québec doit allonger une somme additionnelle (prêt remboursable), de 235 M$ pendant la réalisation des deux autres phases qui porteront la capacité de production à plus de 400 000 tonnes métriques.
Le gouvernement a de plus renégocié des ententes sur l'accessibilité à un bloc d'électricité au tarif grande puissance de 342 mégawatts négociés lors de la construction de l'usine d'Alma, en plus d'un bloc additionnel de 225 mégawatts pour les projets de modernisations de l'avenir.
Le gouvernement du Québec avait de plus convenu avec la multinationale de prolonger jusqu'en 2058 les baux d'utilisation de la rivière Péribonka. Québec avait aussi consenti à des allégements fiscaux pour un total de 112 M$.
Lors de la première annonce, la multinationale s'engageait à réaliser la phase un du complexe AP60 et la construction d'un nouveau groupe turbine-alternateur à sa centrale de Shipshaw.
Sur le plan monétaire, Rio Tinto Alcan devait réaliser des investissements globaux de l'ordre de 2 G$ avant 2015. Au rythme où vont les choses, tout indique que l'entreprise respectera cet échéancier. Elle a déjà réalisé des investissements de 1,3 G$ dans la première phase du centre technologique et de 250 M$ à Shipshaw.
La multinationale a donc réalisé deux engagements découlant des ententes. Elle prévoit compléter les deux autres phases AP60 et Alma II lorsque les conditions de marché le permettront.
En ce qui concerne les performances de la technologie AP60, les différentes sources consultées par Le Quotidien, dont certaines travaillent à l'opération des cuves, confirment que tout fonctionne très bien pour le moment. Ces cuves de nouvelle génération doivent permettre une plus grande productivité par rapport à l'énergie consommée.
Lors de la grande annonce des projets d'investissements le 14 décembre 2006, la multinationale avait projeté des investissements de 600 M$ uniquement pour la première phase du centre technologique AP60. La réalisation du projet aura finalement coûté 1,3 G$ pour faire doubler les retombées économiques au Québec alors que la participation gouvernementale n'a pas été majorée. Le gouvernement fédéral a quant à lui un programme de recherche et développement qui est accessible à toutes les entreprises.